‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 109 sur 150 · THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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élevée, produit une végétation d'une merveilleuse richesse, mais en même temps une désorganisation rapide des produits végétaux ou animaux qui ont complété leur évolution vitale. Les miasmes de nature inconnue qui s'en dégagent engendrent des maladies redoutables môme pour les indigènes. Li saison des pluies inlertropicales est désastreuse pour les Européens.

Ces pluies, du reste, sont d'une, abondance sans exemple dans nos climats. I^a hauteur moyenne d'eau recueillie annuellement dans les environs de Paris est de 5 ou 6 dixièmes de mètre ; à Saint-Benoit, dans l'ile de la Réunion (Bourbon), M. Maillard^ en a recueilli 16",5 en quatre ans, de 1846 à 1850, ce qui donne une moyenne annuelle de 4",!. Le mois de janvier, à lui seul, en a donné 0'",74, c'est-à-dire autant qu'il en tombe à Paris pendant toute la durée de l'année la plus mouillée. A Saint-Joseph, dans la même ile de la Réunion, la moyenne annuelle descend à S"",! . Dans l'Inde, la quantité d'eau annuelle varie de 2 à 5 mètres ; elle est à peu près la même dans l'Amérique méridionale et la Sénégambie, variant du reste beaucoup suivant les localités. Si l'on considère qu'il ne pleut que pendant quelques mois et chaque jour durant quelques heures, le contraste avec les pluies de nos climats semblera plus frappant. Les gouttes d'eau sont énormes, très-serrées et arrivent à terre avec une grande force. Une seule averse peut donner 40 millimètres d'eau, ce qui dans nos pays produirait de véritables désastres. Dans l'intérieur des terres, cependant, l'abondance des pluies diminue d'une manière notable. A Seringapatam dans l'Inde, et à Bogota en Amérique, elle est à j)eine supérieure à celle des pluies de la France.

• Annuaire de la Société météorologique de France, 1855, t. I", p. 155.

g II. — Déserts tropleavz.

Les contre-alizés supérieurs se refroidissent graduellement \\ mesure qu'ils progressent de Téquateur à la surface des deux hémisphères ; ils se rapprochent en même temps de la surface du globe, jusqu'au moment où ils forment les nappes tropicales descendantes pour se partager entre les alizés et les courantfi équatoriaux. Les nuages et les pluies reparaissent à partir de celte ligne de partage. Dans ce mouvement de descente, l'air marche encore du froid au chaud et sa vapeur gaixle son état gazeux ; mais la portion qui se dirige obliquement vers les pôles marche du chaud au froid ; elle arrive rapidement à son point de saturation, le dépasse et donne lieu à des condensations moins abondantes que dans les régions équatoriales, mais cependant encore supérieures à nos pluies du Nord de la France.

La ligne d'abaissement des alizés supérieurs suit à peu près dans ses oscillations annuelles la zone des calmes et des pluies de l'équateur, tout en restant à une distance de 25 à .lO degrés (le cette dernière. L'arc parcouru par ces zones n'étant que de 10 à 15 degrés au maximum à la surface de l'Atlantique et du Pacifique, il en nisulte qu'il existe sur ces Océans des bandes plus ou moins larges et régulières où ne pénètrent ni les pluies équatoriales ni les pluies tropiciiles, et où il pleut rarement et seulement par accident. Ces bandes se prolongent ix la surAice des continents et les pluies y deviennent encore plus rares : elles y constituent les déserts. Ces régions sont laissées en blanc dans la planche XVI, où nous avons cherché à proportionner sur les continents le degré de la teinte à l'abondance des eaux pluviales.

La ligne des déserts du tropique Nord commence à l'Ouest de

DÉSERTS TROPICAUX. 5ir>

l'ancien continent, à une petite distance des côtes de TOcéan ; les côtes reçoivent un peu d'eau apportée par les brises de mer. Cette ligne traverse l'Afrique dans toute sa largeur et n'y ast interrompue que par de rares oasis et par la vallée du Nil, qui a'est elle-même qu'une oasis ; elle couvre une grande partie de l'Arabie, le Sud de la Perse, la Boukharieet la Mongolie jusqu'aux monts Kingham. La position du Sahara et des déserts [l'Arabie est régulière ; à mesure qu'on ptinètre dans l'Asie, la région sans eau se relève vers le Nord. Cette déviation tient l'une part à l'existence de l'océan Indien et aux moussons qui le traversent, et de l'autre à l'énorme étendue des terres qui séparent l'Atlantique de l'Asie centrale. Les vapeurs apjjortées par la mousson du S. 0. sont condensées sur l'Inde, sur les Himalaya et sur les plateaux du Thibet ; l'air apporté de l'Allantique par les courants équaloriaux prolongés sur l'Asie a passé par de hautes latitudes où le froid l'a dépouillé de sa vapeur. L'eau ne peut donc arriver ni par le Sud, ni par le Nord 3U l'Ouest, sur le désert de Gobi; et les vents d'Est n'y sont 3ux-mémes que des transformations des courants polaires.

Le Sud de l'Afrique se termine en pointe à une petite dislance lu tropique du Capricorne ; nous y trouvons cependant le dé- 5cil *de Kallyharry.

Le nouveau continent, dans ses i*égions tropicales, est trop miroitement resserré entre les deux grands Océans pour que les léserts y aient une bien grande étendue. On en retrouve toutefois des traces, au Nord dans la vieille Californie, et au Sud lans le désert du Nord de la Plata. L'absence de pluies sur les :ôtes du Pérou et leur abondance sur les côtes du Chili, ont une lutre cause. Les côtes du Pérou sont sous l'influence des vents [lu S. E., vents de terre desséchés par les Andes j)éruvienues ; le Chili est au contraire sous l'influence des vents de N. 0. ou [le 0., qui sont des vents marins et humides. Ces derniers sont h leur tour desséchés par les Andes du Chili, et ils ne fournis-

sent que peu de pluie aux pampas de la Plata et au désert de la Patagonie. Il n'est pas jusqu'à l'Australie où, maigre l'eau qui l'entoure de toutes parts, on ne retrouve les déserts tropicaux. La circulation générale de l'atmosphère exerce donc une influence considérable sur les climats du globe. lia configuration (les continents et des mers, les grandes saillies du sol et les modifications qui en Résultent dans le détail du régime des vents apportent la variété au milieu de ces grandes lignes de la climatologie, mais sans pouvoir en eiTacer les caractères essentiels.

% in. — Pluies en dehors des trof^l^piee.

Dans notre hémisphère, au Sud du tropique du Cancer ou de la zone des déserts qui lui correspond, les pluies sont estivales; elles suniennent dans la saison où le soleil est le plus rapproché du zénith. Au Nord, mais à une faible dislance de cette zone, elles tombent au contraire dans la saison d'hiver, an moins dans les parties occidentales des continents. Cette opposition est rendue manifeste par les exemples suivants (fig. 60, 61 , 62, 63, 64), où nous avons groupé les eaux pluviales non plus par mois, mais par saisons *. Une opposition semblable st» présente des deux côtés du tropique de l'hémisphère Austral.

A mesure que l'on s'avance vers les pôles, le régime des pluies devient moins régulier, la sécheresse de Tété disparait peu à p(»u, les pluies sont plus diffuses dans le coui's de l'année, et l'on voit môme un renversement se produire dans leur mode de répartition annuelle, comme le montrent les ligures 65 à 74.

* L'uuiiée météorologique coiiuiicnce avec décembre ; Thiver se compose donc de décembre, janvier et février, et ainsi de suite pour les autres saisons.

Dans la région des Apennins cl 'sur les côtes de Provence (fig. 65 et 66), le minimum d'été est encore très-mai^qué, mais

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