Bassin du Rhône au Nord de Viviers
'ig. tK). — Angleterre (côtes occidcnUile>).
Il P E A H
Fig. f»8. — Franre Oiridentale.
Fig. 70. — Angleterre (Intérieur de T).
Il P E A 11
Fig. 71. — France Orientale.
Il P K A
Fiîr. 74. — Genève.
Fig. 73. — Alcinagne.
our arroser l'Allemagne, la
II p E A II
Fig. 71. — Péccr>bourg»
Russie el le Nord -Est de
TAsic, où les pluies sont u leur maximum dans celle saison.
Au début de l'hiver, alors que rhémisphèrc Auslral s'échaiilTe et se dilate tandis que notre hémisphère commence à se refroidir, le courant équalorial' acquiert un surcroît d'activité sur TAtlantique Nord et nous apporte une surabondance de vajHîur et de pluie dans la première partie de son parcours : de là le maximum d'eaux pluviales tombant en automne à la surface de l'Angleterre et de la France occidentale. Tout cela reste d'accord avec la répartition générale des pluies telle qu'elle ressort des figures 60 à 74; mais si nous multipliions et localisions nos exemples, et surtout si au lieu de prendre des moyennes de plusieurs années nous entrions dans le détail de chacune de ces années, nous verrions les irrégularités et les écarts apparaître avec toute leur importance.
IjCS grandes chaînes de montagnes transversalement placées sur le trajet du courant général, obligent ce courant à se relever pour franchir leurs sommets, et nous rapprochent des conditions observées dans les régions équaloriales : tel est en |>articulier l'effet produit par les Alpes Scandinaves qui séparent la Suède et la Norwége. Le versant occidental de cette chaîne reçoit beaucoup plus d'eau que son versant orienlal ; à Bergen, il en tombe annuellement 2"', 2^, c'est-à-dire plus qu'en aucune autre ville de l'Europe, plus même que sur bien des points des régions équaloriales; en Suède, il ne tombe en moyenne que 0"',54 d*eau. Le régime des pluies sur la Norwége est d'ailleurs analogue à celui de TAnglcterre et du Xord-Ouest de la Franoî, taudis (pie sur la Suède il se rap[)roche de l'Allemagne et de la Russie du Nord. Des différences analogues, mais beaucouj) moins tranchées, se retrouvent sur toutes les chaînes de montagnes disséminées sur l'Europe et l'Asie.
Dans la zone équaloriale, l'air chargé de vaixîur monte naturellement v(»!*s les régions élevées et froides de l'alniosphère; dans nos climats tempérés, c'est Tair froid des couches sujh.'-
rieurcsdc raimosphère qui est entraîné violemment vers la surface terrestre par l'action des mouvements tournants. Il ne suffit pas, pour qu'il pleuve en France, que nous soyons sous l'influence des vents du S. 0.; ces vents peuvent régner pendant une série de jours sans amener d'autre résultat qu'un ciel nuageux mais sans pluie. La température des lieux successivement parcourus par le courant aérien décroit trop lentement pour amener des condensations plus abondantes. Mais quand l'air de toutes les couches est mélangé brusquement, les pluies sont presque inévitables. Partout où passe une bourrasque en Europe, la pluie ou la neige l'accompagne, et depuis trois ans que nous suivons jour par jour l'état du ciel, nous ne voyons pas de chute de pluie ou de neige qui ne se rattache à quelqu'un de ces mouvements tournants. Il nous parait évident que ce qui a lieu depuis trois années a eu lieu de tout temps et serait mis en évidence par des cartes synoptiques rétrospectives comme par les cartes actuelles. Chaque bourrasque laisse de son passage à la surface de l'Europe une trace d'autant plus mouillée qu'elle est moins éloignée de; son point d'émergence dans l'Océan, qu'elle est située à une latitude moins élevée, que la température était antérieurement plus haute et que le mouvement tournant est plus intense. En dehors des eflets produits par les saillies du sol et par la proximité des mers, les lieux où il pleut le plus souvent sont donc ceux dans le voisinage desquels les bourrasques passent avec le plus de fréquence. C'est dans le lit même du grand courant aérien, ou sur ses bords, qu'elles se propagent, en sorte que leurs trajectoires sont mobiles comme ce courant dont elles accusent le parcours ; la prévision des variations du ciel est donc intimement liée pour nous à la prévision des bourrasques ou tempêtes.
Dans un même lieu et dans une même saison, la quantité d'eau pluviale recueillie varie dans de très-grandes limites d'une
année à l'.autre et d'un jour à l'autre d'une même année. C'est
que le courant équatorial de TÂtlantique éprouve des oscillations fréquentes dans l'amplitude du jet multiple qu'il foimc à la surface de l'Europe et de l'Asie. Ses branches de retour vei-s l'équateur recouvrent tantôt une région, tantôt une autre dans l'Europe et TAsie. Sur l'Europe occidentale en particulier, les courants polaires peuvent, à un moment donné, occuper la place où précédemment se développait le courant équatorial ; la sécheresse alors succède à un temps humide ou pluvieux. Luc sorte de balancement s'o|>ère d'ailleurs entre les deux courants équatoriaux de l'Atlantique et du Pacifique Nords. Ces deux courants s'activent à peu près à la même époque, l'automne et Thiver, et les tourmentes s'y développent presque parallèlement ; mais ils n'atteignent généralement pas à la même hauteur vers le pôle. Le Kuro Sivo, le Stream du Pacifique, s'arrête au Nord vers le 45'"* ou le 50'"* parallèle, tandis que le Gtilf'jtream de l'Atlantique pénètre jusque dans l'Océan glacial par la large ouverture laissée entre le Groenland et la Norwége. Les courants équatoriaux, soutenus à la surface de ces courants marins |>ar la chaleur qui s'en dégage, s'arrêtent à peu près aux mêmes limites, et Tair nécessaire pour combler le vide formé par le refroidissement, pendant l'hiver, de l'atmosphère du Pôle Nord lui est apporté plus encore par l'Atlantique que par le Pacifique; mais il arrive pendant certaines périodes, deux ou trois par siècK', que l'invei'se a lieu sous l'influence de causes encore inconnues, mais que les cartes synoptiques finiront par mettre en lumièiv loi'squ'elles auront été prolongées à la surface de l'Atlantique vx de l'Amérique septentrionale. Soit que le courant aérien se ralentisse accidentellement sur l'Atlantique, soil que des condensations surabondantes sur TEst de l'Amérique le dévient voi's le Nord et Tempêchent d'arriver sur nous, l'hiver devient ex* ceptionnellement doux et pluvieux en Amérique, tandis qu'il est d'une rigueur extrême eu Europe.
liCs déplacements accidentels ou réguliers du lit du Guif*
stream amènent aussi des variations correspondantes dans le régime des pluies en Europe, et des observations maritimes, semblent montrer que pendant Tannée 1821, remarquable par son humidité, les eaux chaudes ont été k^^ucoup plus abondantes qu'à l'ordinaire sur les côtes occidentales de l'Europe. Ces déplacements eux-mêmes tiennent à une double cause : d'une part l'activité de la circulation océanique liée à l'action plus ou moins favorable des vents, de l'autre la plus ou moins grande abondance des glaces polaires. Chcique tempête produite à la surface du Gulf-Stream peut dévier accidentellement le cours de ses eaux et devenir indirectement une cause de changement dans la ligne de parcours des tempêtes ultérieures. L'arrivée d'une grande quantité de glaces flottantes dans les parages de Terre-Neuve, sur la rive gauche du Gulfstream, refroidit cette rive et i)eul restreindre le volume de la branche du courant marin qui se dirige vers les mers polaires. Ces glaces refroidissent en même temps ralmosphère qui les entoure et qui confine l'air chaud et humide situé à la surface du Gulf-stream. La proximité de ces deux masses d'air est elle-même une source de tempêtes.
C'est aux bourrasques et aux tempêtiîs, et particulièrement à la forme qu'elles affectent et aux oscillations de leurs lignes de parcours, qu'il faut attribuer surtout les variations du ciel dans nos climats.
Nous avons réuni dans la figure 75 les courbes des quantités d'eau recueillies mensuellement à Paris dans le cours de deux années, l'une (18 16) réputée très-humide, rautrc(1865) réputée irès-sèche ; nous y avons joint la courbe des pluies moyennes dans la même ville. La moyenne annuelle est de 50 cenlimèlres environ sur la terrasse de l'Observatoire; cette hauteur d'eiiu est descendue à 45 centimètres en 1865 et s'est élevée à 57 en 1816 *.
> En 1864, elle n*n été que de 36^0.
Ces dilTércncus ne sont pas à dédaiguer sans doute, mais dies seraient insuflisantes a expliquer l'opposition présenléc par les années 1816 et 1865. La réparlition des pluies dans les divers mois influe bien plus que leur quantité totale sur le caractère d'une année. Février, avril et octobre ont été secs en 1816, mais les mois les plus importants pour l'agricultiirt',
décim.
rr
juin, juillet, aoilt et septembre, y ont reçu beaucoup d\flu. Kn 1865, au coniraire, février, mars, avril, mai, juin, juilKi et août ^otlt restés au-dessous de la moyenne ; janvier, septembre et surtout otiobrc se sont seuls élevés notablement audessus.