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DES PARATONNERRES

rouille de le détériorer. Le conducteur, soutenu et lixé par des crampons métalliques le long de la loiture, s'infléchit pour embrasser la corniche, puis descend verticalement, soutenu à une petite distance des mui*s, jusqu'au sol où il se termine en satisfaisant à des conditions d'une grande importance. Dans ce trajet de la tige au sol, le conducteur doit être relié métalliquement à toutes les grosses pièces de fer entrant dans la construction des charpentes, des conduites d'eau et de gaz, ou de toute autre partie de l'édifice.

Une communication suffisante du conducteur avec le sol est essentielle. La terre sèche conduit mal l'électricité. Chaque fois qu'on le peut, on devra donc creuser un puits jusqu'à ce que l'on soit parvenu à une nappe d'eau, et l'extrémité du conducteur devra plonger de 1 à 2 mètres dans cette eau. Un vaste étang, une rivière ne tarissant pas, conviennent aussi parfaitement. Les réservoirs artificiels, comme les citernes, entourés de matériaux peu conducteurs de l'électricité, fournissent, an contraire, une mauvaise communication et exposeraient à de ti-ès-graves accidents. Lorsqu'on ne peut atteindre une nappe d'eau naturelle, il faut pénétrer dans le sol jusqu'à une couche de terrain constamment humide, y creuser des tranchées dans lesquelles on ramifie l'extrémité du conducteur en l'entourant avec de la braise de boulanger. Ce charbon est un bon conducteur et protège le métal contre l'action destructive de la rouille.

Fjorsqu'un nuage électrisé passe au-dessus d'un paratonnerre bien établi, la tige et le conducteur s'électrisent par influence; l'électricité, de même nature que celle du nuage, est repoussée vers le sol où elle se perd. L'électricité de nom contraire suit une marche inverse et se jwrle vers le nuage; arrivée à la pointe, elle y trouve une sortie facile, et s'écoule en abondance, mais d'une manière continue et sans secousse. Le paratonnen'e, dans ces conditions, forme donc une espèce de robinet

loujours ouvert à l'appel des nuées orageuses qui se neutralisent peu à peu par l'afflux d'une électricité contraire à la leur. Les expériences de Beccaria ont mis en évidence récoulemenl considérable d'électricité qui s'opère pendant les temps d'orage au travers du conducteur des paratonnerres. En 1753, ce physicien avait établi un paratonnerre sur le toit de San Giovanni di Dio, à Turin. Li tige était portée sur un support isolant; en face de sa base, et à une faible dùtaticej était placée Textrénfiité supérieure d'un conducteur dont la communication avec le sol était bien établie. Dès qu'un nuage orageux passait dans le voisinage do l'appareil, la solution de continuité était traversée par une série d'étincelles. Pendant les forts orages, les étin-

celles étaient vives, se succédaient sans interruption, et s'accompagnaient d'un bruit continu. Les paratonnerres fonctionnent silencieusement ; la nuit , seulement , leur extrémité apparaît enveloppée d'aigrettes ou de lueurs phosphorescentes. Lorsque la pointe est émoussée, Técoulement du fluide est nioinis facile; il peut se faire alors par secousses brusquer analogues à de petites décharges. Si le conducteur est, du reste, en bon état, l'électricité le suit jusqu'au sol, et les accidents sont peu à craindre. Il est préférable, cependant, que la pointe soit bien aiguë, et c'est afin qu'elle conserve cet état qu'on la fait en platine, métal inaltérable et presque infusible.

Les paratonnerres, par la nature même de leur fonction, diminuent la tension électrique des nuages et contribuent à allaiblir la violence des orages. Toaldo assure avoir vu deux fois à iNymphenbourg, en Allemagne, des nuées orageuses d'où partaient incessamment les plus vifs éclairs s'avancer vers le château et n'être plus, après avoir dépassé les tiges, que desimpies nuées silencieuses. M, Cosson, curé de Rochefort, cite un fait pareil observé par lui le 4 décembre i 785. Un nuage, qui jetait beaucoup d^éclairs et dans lequel grondait le tonnerre, devint tranquille et ne donna plus que quelques fai*

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