‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 142 sur 150 · PRONOSTICS TIRÉS DU THERMOMÈTRE · texte numérisé non relu

PRONOSTICS TIRÉS DU THERMOMÈTRE

Malgré le grand nombi'e de causes générales ou locales qui l)euvent rendre son langage équivoque, le thermomètre peut cependant donner des indications très-utiles, surtout lorsqu'elles viennent fortifier celles du baromètre.

Quand en hiver le thermomètre descend en peu de temps de 4 ou 5 degrés au-dessous du degré indiqué le jour précédent à la même heure, on peut présumer que le vent tourne de la portion Sud-Ouest de la rose des vents pour aller se fixer dans la portion N. E. M. de Gasparin est plus affirmatif sur les indications du minimum de température que sur celles fournies pr le thermomètre à l'une des heures de la journée.

Castellani pensait* qu'une élévation sensible dans la température minimum, en tenant compte de la saison, est presque certainement un indice de pluie prochaine. M. de Gasparin, en se fondant sur sa propre expérience, indique |)lusieurs j)ronoîr iics plus complets que le précédent.

« Le vent partant de la région chaude et humide, la baisn* des niinima est un signe presque assuré de pluie le jour même ou le jour suivant ; l'air est alors saturé, mais clair : il y a ehiile de rosée ou brouillard le malin.

* liibliolhèquc universelle de Genève, Sciences, I. XII.

<c Si le minimum monte avec les vents froids et secs, ils sont près de leur fin et il peut y avoir pluie immédiate par l'entrée des vents du S., sans abaissement du minimum. La fixité des minima annonce la continuation du même temps.

c< Les minima haussant graduellement annoncent que Tair devient de moins en moins transparent, qu'il se sature de vapeur et marche vers la pluie *. »

PRONOSTICS TIUKS DE L IIYGROMKTRE

L'hygromètre est un instrument populaire, sous la forme d'un capucin qui se couvre de son capuchon à l'approche de la pluie. Ce n'est point là un instrument de précision, tant s'en faut ; ses indications ne sont cependant pas sans utilité. Quand le baromètre baisse, que la température minima s'élève et que l'hygromètre s'approche de son maximum d'humidité, les probabilités d'une pluie prochaine sont trè^grandes ; tandis que la baisse du baromètre lorsque l'hygromètre marche vers la sécheresse et que le thermomètre se maintient à son degré habitu(^l peut très-bien être accompagnée d'une prolongation du beau temps.

En dehors des données scientifiques qu'il faut demander aux seuls hygromètres de précision, ces derniers, doués d'une plus grande sensibilité, offrent plus de ressources à l'observateur. Souvent, le matin, l'air est très-près de son point de saturation et s'en éloigne rapidement dans le milieu du jour, I^orsque l'excursion diurne devient moindre, que l'étal hygrométrique des heures les plus chaudes s'élève graduellement sans que ce résultat puisse être attribué au seul effet d'un maximum ihermométrique moindre, la probabilité de continuation du beau temps diminue

* Cours d'agrictdture, t. Il, p. 390.

Les conditions locales exercent une grande influence sur la marche de Thygromètre ; il importe d'en tenir compte.

PRONOSTICS TIUÉS DE l'ÉTAT DU CIEL ET DES VENTS

I/état du ciel et des vents est le champ d'observation le phis ordinaire des habitants des campagnes. Chaque pays et presque chaque village a ses dictons, ses moyens d'appréciation locale transmis d'âge en âge. Il est d'autres formules qui ont un caractère de généralité plus marqué. Un soleil brillant présage une belle journée ; un soleil couchant, clair et sans nuage dans un ciel orangé, est un signe de beau temps ; si le ciel est rouge, c'est un signe de vent. Un soleil pâle, une chaleur étouffante annoncent la pluie ; un ciel rouge, avant le lever du soleil et se décolorant immédiatement après, est encore un présage de pluie. Il en est de môme des dimensions exagérées que le soleil et la lune semblent prendre quelquefois à l'horizon, de l'auréole lumineuse qui s'étend autour delà lune, de la terminaison indécise de ses cornes, des ondulations présentées par les étoiles et qui font dire que ces astres baignent.

L'air prend souvent un aspect vaporeux dans les |KTiodesde beau temps les mieux établies ; mais cette apparenœ ne s'étend généralement pas à une grande hauteur. Si le ciel est vaporeux lui-même, c'est un signe que les pluies sont moins éloignées : une transparence exceptionnelle de l'air est encore un signe plus prochain de leur arrivée.

Après une période de beaux temps, marqués par des vents des régions N. ou K. faibles ou modérés, l'apparition des cirrus accuse l'arrivée des courants du S. 0. dans les hautes régions (le Fatuiosphère. Suivant les régions, ces nuages précèdent plus ou moins longlc^mps les chutes de pluie. A mesure qu'elles ap- [)r()chent, la pommelure du ciel augmente, les eunuilus m*

PROVISION DU TEMPS DANS LES CA]ilPAGN£S. 471

forment et deviennent plus volumineux et plus abondants. Les brouillards (/ui tombent ou qui se dissipent entièrement sans former de nuages accompagnent le beau temps ; mais s'ils se renouvellent plusieurs jours de suite, s'ils font place h des nuages ou qu'ils montent^ la pluie 6st très-probable.

g X. — PréYisioa da temps daas les eaiygaes.

Le temps est doux et humide sur tout le parcours du grand courant du S. 0. à la surface de l'Europe ; il est sec et beau sur le trajet du courant de retour et de direction inverse ; il est également calme et beau, ou vaporeux en été et brumeux en hiver, dans l'espace compris entre eux. L'oscillation du circuit général comprenant l'ensemble de ces deux courants doit donc être l'objet de toute l'attention du météorologiste.

La substitution du counint polaire au courant équatorial se fait par la diminution graduelle de l'ampleur du circuit dans le sens de l'Est à la surface de l'Europe. Elle s'annonce par l'apparition des fortes pressions barométriques dans le Nord ou dans l'Est, et les grands froids ou les grandes chaleurs débutent généralement sur le Nord de la Russie une huitaine de jours avant de s'établir sur la France. liCS dépêches de Suède et de Russie peuvent donc nous faire pressentir leur invasion une semaine environ à l'avance; il est à espérer même qu'on pourra les prévoir de plus loin.

La substitution du courant équatorial au courant polaire a lieu, au contraire, par l'Ouest ou le Nord-Ouest. L'Espagne, l'Irlande et l'Ecosse en ressentent les premiers symptômes : c'est là qu'il nous faut les chercher. Cette substitution est graduelle comme la précédente, malgré les accidents qui la brusquent quelquefois. L'antagonisme, fréquemment observé entre les caractères

d'une même saison sur rAmérique et sur l'Europe, donne aux renseignements qu'on pourra tirer quelque jour des États- Unis, comme à ceux de la Sibérie, un intérêt particulier.

L'établissement du courant équatorial sur la France n'est pas par lui-même une cause immédiate de pluies ou de mauvais temps; il faut, de plus, l'intervention des mouvements tournants de l'atmosphère qui s'y succèdent, il est vrai, presque sans interruption. L'établissement du courant polaire est quelquefois accompagné de pluie ou de neige, s'il est hfiié par le passage d'une bourrasque et surtout s'il n'en est que la conséquence temporaire.

Dans ce qui va suivre, nous examinerons à part les phénomènes propres à la saison chaude. Ainsi que nous l'avons fait dans le paragraphe 7, traitant de l'usage du baromètre pour la prévision du temps dans les ports français, nous substituerons souvent, pour simplitier notre exposé, la forme afBrmative à la forme dubitative la seule en rapport avec la nature du sujet.

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