‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 144 sur 150 · SAISON CHAUDE · texte numérisé non relu

SAISON CHAUDE

Le caractère de l'été change beaucoup suivant que nous sommes placés dans le courant équalorial, dans le courant de retour ou courant polaire, ou dans l'anse comprise entre ces deux courants.

Dans le premier cas, l'été est froid et pluvieux, si le courant équatorial est bien établi sur l'Europe et s'il y est d'une certaine activité. Les signes du temps et les variations du baromètre ont alors la même valeur que dans la saison froide, comprenant l'automne, l'hiver, et une partie du printemps.

Dans le second, Tété est sec et brûlant pour les plantes; le Imromètre se lient élevé, et les vents restent compris dans les rhumbs N. E. au milieu d'excursions peu durables tantôt vers le N. 0. , tantôt vers le S. E.

Dans le troisième. Tété est humide et chaud, les orages sont fréquents, et, malgré les désastres partiels occasionnés pai* ces météores, c'est l'état de l'atmosphère le plus favorable à la végétation.

La région comprise entre les deux courants généraux se trouve en effet sur la limite méridionale du courant venu de l'Atlantique et chargé des vapeurs enlevées à la surface des mers. Tout accident, tout mouvement tournant, même faible, qui se produit au milieu de cette masse d'air, se fait sentir à distance à la surface de la France, y amène les cumulus et ces longues traînées d'orages qui traversent toute la surface du territoire, en général du S. 0. au N. E., en présentant vers le Nord-Ouest une concavité très-prononcée.

Ces orages impressionnent peu le baromètre dans les points

OÙ ils passent; les mouvements tournants auxquels ils se i-attaclient éUinl eux-mêmes souvent Irès-pêu énergiques, ne produisent en leur centre qu'une dépression barométrique peu considérable. C'est Tétat général de Talmosphère qui doit particulièrement servir de guide, et la marche des instruments doit être Tobjetd'un redoublement d'attention.

Les orages n'arrivent jamais avec un baromètre haut ; ils surviennent, même en hiver, quand un mouvement tournant bien accusé pénètre isolément sur la France; il efi est à plus forte raison de même en été. Le mouvement tournant doit, pour amener des orages, être d'autant plus énergique que la saison est moins chaude et moins favorable à ces météores, ^'i dans l'hiver ni dans l'été on ne les voit se former au milieu du courant équatorial bien établi, mais seulement sur son bord méridional ou quand son activité est très-faible en été.

Une baisse modérée du baromètre, un thermomètre médiocrement haut accompagnant un sentiment de chaleur étouffante, un hygromètre inclinant vers Thumide, de nombreux cumulus marchant lenloment des régions 0. ou S. 0., sont li^s signes précurseurs de l'orage. Quand il approche, les cumulns s'étendent et s'abaissent; leur teinte neigeuse devient grise ou plombée ; une vive agitation s'y remarque. Si la couche de.s nuages inférieui^ n'est pas trop continue, on voit apparaît i*e dans les intervalles qu'ils laissent entre eux des nuages plus élevés marchant dans des directions très-diversement inclinées sur celles des nuages les plus bas. Les uns et les autres ol>éissent aux mouvements des masses d*air dans lesquels ils flottent, à moins que des réactions un peu éncrgiqutîs ne s'exercent entre les électricités dont ils sont chargés.

Iaîs nuages chargés de grêle se distinguent des nuages ordinaires par leur couleur d'un noir i)lonil)é^ par leurs mouvements désordonnés, par un bruit caractéristique dû à l'entrechoquement des grêlons.

L'antagonisme entre le Nord et le Midi de la France existe pour les orages comme pour les pluies. Les bourrasques orageuses sont sans action sur la Méditerranée quand leur centre passe dans le Nord de la France ; s'il y pénètre par les côtes de Gascogne, dans la vallée de la Garonne et de la Dordogne, la bande orageuse peut se partager en deux, dont Tune i*emontc vers la Belgique, TAllemagne ou la Suisse, suivant Tinclinaison primitive du courant, et dont l'autre descend sur la Méditerranée en passant quelquefois par-dessus les départements qui la bordent. Les bourrasques orageuses qui traversent l'Espagne atteignent la Méditerranée, l'Italie, un peu les côtes françaises ; elles sont sans action sur le Nord de la France où elles peuvent, au contraire, activer les vents du N. E. et dessécher les plantes. Ce dernier effet peut être aussi produit lorsque des bourrasques atteignent le bassin occidental de la Méditerranée par rAllemagne ou rAutriche. Dans ce cas, la France est sur la limite du courant polaire de retour, le plus favorable à la continuation du beau temps, mais aussi le plus sec et le plus brûlant, bien que la sensation de la chaleur qu'il produit sur nous soit tempérée par l'activité qu'il donne à l'évaporation .

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