FOUG£ MAGNÉTIQUE DU GLOBE
Paris dans le seizième siècle ; Técart angulaire était de 11° 50' E. en 1580. Peu à peu cet écart a diminué jusqu'en 1663 où il est devenu nul ; puis le pôle Nord de Taiguille a passé à l'Ouest du méridien terrestre. En 1700, la déclinaison était déjà de 8-0.; elle est montée à 22° en 1785, à 22" 54' en 1814 où elle a atteint son maximum ; elle décroît d'année en année. Les anciennes cartes semblent indiquer Texistenciî de deux pôles magnétiques dans rhémisphère Nord, Tun dans la position qu'il occupe encore, l'autre dans le Nord de la Sibérie. Ce dernier aurait disparu, mais il en restcrîiit encore des traces, en ce que l'intensité du magnétisme y présenterait un maximum comme sur le Nord de l'Amérique. La diminution de la déclinaison occidentale à Paris indiquerait qu'il tend à se reformer.
Nous attachons une assez grande importance à ces mouvements du magnétisme terrestre, parce que nous les croyons liés aux mouvements généraux de l'atmosphère. Nous pensons que leur étude permettra peut-être' de s'expliquer certains changements observés dans nos climats d'Europe, changements que l'on attribue au progrès des déboisements et à une modification dans les procédés de culture, alors qu'ils auraient une cause beaucoup plus générale, tout en restant propres à notre globe. D'autres soins nous ont empêché, jusqu'à ce jour, d'aborder cet intéressant sujet.
Indé{)endamment des variations séculaires, l'aiguille est encore soumise à des variatiom diunies. Pendant la nuit, elle demeure à peu près immobile dans nos climats ; mais eUe se met en mouvement dès le lever du soleil; son pôle Nord marche progressivement vers l'Ouest jusque vers une heure ou deux de l'après-midi où elle atteint son écart maximum, puis elle se rapproche vei's l'Est et reprend à peu près sa position première vers 10 heures du soir. L'écart est de quelques minutas seulement et exige, pour être constaté, des moyens délicats d'observation. Nous examinerons plus loin les variations accidentelles.
484 LES TEMPÊTES UAUNÉTIQUES.
Si au Heu d'une aiguille mobile dans un plan horizonlnl, nous emploifons une aiguille mobile autour d'un axe hoiizontul coïncidant exactement autour de son ventre de gravité, nous verrons le pôle Nord s'incliner au-dessous de l'horizon d'un angle plus ou moins grand, suivant le plan dans lequel est placée l'aiguille. L'inclinaison minimum a lieu quand l'aiguille est dans le plan du méridien magnétique : c'est toujours dans ce plan qu'on la mesure.
La ligure 88 représente l'appareil employé à cette opération. Il se compose d'un cercle gradué / bien vertical, au centre duquel repose, sur deux
petits plans d'agate, l'axe de l'aiguille aimantée. Le cercle gradué / est mobile lui-même sur un
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presses d'Aiago, par M, Duperrey qui s'est servi pour ie tracé de celle courbe, outre ses propres observalions , d'un grand nombre de mesures faites [Kir Sabine et de Blosseville. Celle lifjue est assez irrégulièrc. Elle coupe l'équateur sur la fôte occideulale de r.\fri(iuc, remonte au Nord en s'avançant sur le coiilinenl jusque vei-s le déti-oit de IJab-el-Mandeb et l'ile de Soeotora,
FORCE HAOÉTIQUE Dr GLOBE. 4S5
touche seulement les extrémités méridionales de l'Asie, traverse les Garolines en se rapprochant de Téquateur qu'elle coupe de nouveau dans le Sud des Sandwich, s'incline vers le Sud, traverse rAmérique de Lima à Bahia, puis se relève rapidement en traversant TAtlantique. De chaque côté de Téquateur magnétique sont tracés des parallèlt'x passant chacun par les points où Tinclinaison a la même valeur. Aux pôles même l'aiguille se lient verticale, et c'est jK>ur cette raison seule qu'elle n'a plus aucune direction qui lui soit propre dans le plan horizontal.
L'inclinaison change également avec le temps dans un même lieu. Elle était de 75** à Paris en 1671; elle' y est descendue à 67", 14' en 1835, et à 63,55 à la lin de 1865, ce qui fait une diminution de 2 minutes el demie environ par an. Le mouvement ne parait pas encore arrivé à son terme.
L'inclinaison n'est exempte ni des variations diurnes ni des variations accidentelles; elle augmente en général en même temps que l'intensité totale.
L'intensité avec laquelle une aiguille aimantée est déviée par la terre dépend évidemment de la force magnétique propre de l'aiguille, comme elle dépend de la force du globe. Gauss est le premier qui ait trouvé le moyen pratique d'isoler ces deux variables pour déterminer la part de la terre; sa méthode est actuellement employée dans tous les observatoires magnétiques. Elle consiste à faire osciller librement un barreau aimanté dont on a déterminé le moment d'inertie, puis à mesurer les déviations que ce barreau imprime à une aiguille aimantée quand on le place à diverses distances déterminées de cette aiguille. M. Pouillel a repris tout récemment cette question par des procédés un peu différents; il esl arrivé à des résulLits semblables. En prenant pour unité un aimant qui à un mètre de distance produirait sur un aimant identique un effort de 1 gramme, l'aimant terrestre, à la distance ou il agit, à
Paris, serait représenté par 0,56 ; si l'on considère maintenant que les actions magnétiques varient en raison inverse du carré des distances, on arrive h un chiffre énorme pour la valeur intrinsèque de l'aimant terrestre. Mais cet aimant serait très-mobile, soit en lui-même, soit quanta la distribution des forces qui concourent à son effet total. L'action de la terre sur un aimant supposé rigoureusement constant varie en effet sans cesse et en direction et en intensité dans un même lieu de la terre, ainsi que le constatent le^ observations faites dans tous les observatoires*.
g n. ~ P«rCarlMiUoas mayaétlqaeii.
Quel que soit celui des éléments magnétiques envisagé, déclinaison, inclinaison, force magnétique totale ou composante horizoniâle de cette force, on trouve en l'étudiant avec un peu d'attention qu'il subit des modifications presque continuelles, tantôt lentes et successives, tantôt brusques et variant raj)idement dans (les sens opposés. A certains moments entre autres, ces varialions s'accentuent d'une manière singulière et peuvent dans quelques cas être constatés par les moyens les plus ordinaires; les bousso](»s s'agitent vivement, parcourant plusieurs <iegrés autour de leur position d'équilibre. Dans son trop court passage à rObscrvaloire où il nous a précédé, M. Desains a pu suivre dans tous leurs détails un assez grand nombre de ces temj)êtes magnétiques. L'intéressant mémoire qu'il a publié à ce sujet dans les Àntiales de TObservatoire impérial renferme plusieurs courbes qui ne sont que la reproduction des courbes tracées par les boussoles elles-mêmes à Taide de procédés phologra-
* Punni les nicHéorologistes modernes, M. Lainont est celui qui s'est c»ccii|)ê avec le plus de zèle et le plus de succès du uiagnétisme terrestre.