‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 18 sur 150 · POIDS ET HAUTEUR DE L'ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

POIDS ET HAUTEUR DE L'ATMOSPHÈRE

à la surface des muqueuses. L'air plus rare pénètre aussi en moindre abondance dans le sang par les poumons ; et la combustion vitale étant ralentie, les forces paraissent affaiblies, et le moindre mouvement vous essouffle. C'est un phénomène fréquemment observé dans les ascensions sur les montagnes élevées, et cependant, on vit sans fatigue sur les hauts plateaux du Mexique à une hauteur de plusieurs milliers de mètres audessus du niveau de la mer; des batailles meurtrières y ont môme été livrées, exigeant un grand déploiement d'activité physique. On compense la rareté de l'air dans ces régions élevées par la fréquence de la respiration et par l'accélération des mouvements du cœur. L'économie se fait vite à ces changements ressentis seulement pendant le court intervalle de temps où ils s'optTent. Leur trop fréquente répétition n'est cependant pas sans inconvénient sur la santé. Quelques personnes vont même jusqu'à reconnaître une influence fâcheuse aux oscillations barométriques relativement insignifiantes observées en un même lieu. Cette erreur est due à ce que les variations du baromètre sont accompagnées de changements prononcés dans l'étal général de Tatmosphère. L'influence de ces derniers sur la santé est réelle, et on se méprend quelquefois, au milieu de conditions multiples, sur celle qui nous aflecte.

L'air ordinaire pris à la surface du sol pèse douze cents fois moins que le mercure. En admettant que sa densité restât la même à toute hauteur, la colonne atmosphérique dont le poids équilibre celui de 76 centimètres de mercure, serait égale à 1200 fois 76 centimètres ou à 912 mètres. La plupartdes montagnes et des hauts plateaux feraient saillie au-dessus de son niveau supérieur. Mais à mesure que l'on monte, chaque couche d'air est afiranchiedu poids des couches laissées au-dessous. La pression supportée étant devenue moindre, l'air est plus dilaté, un même poids occupe un plus grand espace. Le même eflet se continuant à toute hauteur, la densité de l'air diminue gra-

:)tf L ATMOSPHÈRE, LA TERRE ET LES MERS.

duellemenl jusqu'à devenir nulle et la profondeur totale de ralmosplière se trouve ainsi considérablement agrandie.

Divers procédés ont été mis en usage pour évaluer approximativement répaisseur de la couche atmosphérique, el Ton est arrivé aux résultats les plus discordants.

La discussion des observations barométriques faites par Humboldt et Boussingault sur le Chimboraço et l'Antisana a conduit Biot à un chiffre de 20,000 mètres, qu'il a porté ultérieurement à 23,000, d'après la loi de décroissance des températures avec la hauteur, trouvée par Gay-Lussac dans son ascension aérostatique.

Les phénomènes de réfraction astronomique et d*éclairement de l'atmosphère observés pendant les heures de crépuscule ont fourni des évaluations beaucoup plus élevées, et la Iiauteur adoptée a été généralement de 15 à 20 lieues. Mais le segment de l'atmosphère qui reste éclaim d'une manière visible après le coucher du soleil ne s'étend pas jusqu'aux extrêmes limites de l'enveloppe gazeuse; arrivé à une certaine hauteur, l'air a une densité tellement faible que son pouvoir lumineux emprunté devient presque insensible. La hauteur calculée d'après l'arc crépusculaire parait donc encore trop faible, et certaines observations de bolides ou d'étoiles filantes, corps errants dans l'espace et que leur passage rapide au travers de l'atmosphère échauffe au point de les rendre incandescents, entraînent à des chiffres de 70 à 80 lieues. La hauteur de l'atmosphère est probablement plus grande encore. Elle croît d'ailleurs assez rapidement des pôles à l'équateur.

Quoi qu'il en soit de ces chiffres, à une hauteur d'un petit nombre de lieues, la densité de l'air est déjà tellement faible que Tenscmble des couches supérieures n'est qu'une imperceptible fraction de la masse atmosphérique totale et ne peut exercer sur les couches inférieures qu'une influence à peu près négligeable. liCs phénomènes multiples dont l'atmosphère est le

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