G4 L'ATMOSPHÈRE, LA TERRE ET LES MERS
(lair liuinide {k^^ toujoiii*s moins qu'un litre d'air sec à la même lemi>éralurc et sous la môme pression; la différence est d\iu(ant ])lus grande que Tair contient plus de vapeur, qu'il t^l plus chaud et plus humide. U\ se trouve encore une cause li'c's-active des mouvements atmosphériques.
L'eau en se transformant en vapeur consomme une quanlil('^ ' considérable de chaleur. 11 en faut autant pour vaporiser 1 kilo{?. d'eau qu'il en faudrait |)our élever de 1° la température de 537 kiloj^. d'cîiu ou pour fondre G, 8 kilog. de glace; mais la va])eur restitue intégralement cette chaleur quand elle repasse à Tétat liquide. L'éva}X)ration des eaux à la surface du glol)c et dans les régions chaudes, où elle a le plus d'aclivilë, est donc une occasion permanente de rafraîchissement pour cw régions. Li condensation de cette vapeur dans les régions froides les réchauffe au contraire.
D'un autre côté, d'après les expériences de Tyndall, la vapeur d'eau s(îrait beaucoup moins transparente pour la chaleur et la lumière que ne le sont l'azote et l'oxygène. L'azote et l'oxygène laissent arriver jusqu'à nous, presque sans obstacle, la chaleur du soleil; mais ils laissent aussi la chaleur du sol se perdre aisément vers les espaces planétaires. Li vapeur d'eau oppose de jdus grands obstacles à l'un et l'autre effet, surtout au dernier. L'espèce de manteau formé par l'atmosphère autour de la terre pour la préserver du refroidissement, doit donc en très-grande partie son eflicacité à l'intervention de la vapeur d'eau.
ri IV. — Couleur el traniiparence de l'atniosphère.
l/air atmosphérique est le corps le plus IransiKirenl qui soil connu. On siil h quelle distance il laisse voir les objets, surtout
COULEUR ET TRANSPARENCE DE L'ATMOSPHÈRE. »j5
dans certaines conditions, par exemple lorsque l'air a été balayé et rafraîchi par une pluie d'été.
Iax transparence de l'atmosphère n'est cependant pas parfaite. Chacune des particules dont elle est composée absorbe ou réfléchit une parlie des rayons qui passent dans son voisinage, et quelque faible que soit cette partie, la répétition du même effet linit par le rendre appréciable. La réflexion ainsi produite porte surtout sur les rayons bleus de la lumière solaire , c'est à elle (]u'est due la teinte particulière du ciel quand il est pur ; sans elle la voûte céleste serait noire, et le soleil nous paraîtrait comme un disque lumineux nettement circonscrit. On doit rattacher à la même cause la teinte bleue qui voile les objets éloignés.
Une partie des rayons bleus de la lumière solaire étant ainsi i*éfléchis ou dispersés, celle qui pénètre directement jusqu'à nous doit en consei^ver une moindre proportion. Or lorsque l'on enlève du bleu à la lumière blanche du soleil, il reste une couleur orangée. Cette couleur est nettement apparente au lever ou au coucher du soleil, parce que la longueur de la route parcouiiie par les rayons dans l'atmosphère a rendu la séparalion des couleurs plus profonde. L'éclat du soleil, à son zénith, masque le phénomène. En comparant cependant la lumière solaire à la lumière électrique, par exemple, on reconnaît que la dernière est plus bleue et plus froide.
Les éléments constitutifs de l'atmosphère interviennent à des ilegrés divers dans la production de ce phénomène de réflexion et de diffusion. L'azote et l'oxygène y prendraient une faible part, tandis que la vapeur d'eau y jouerait le principal rôle. D'aulres causes toutefois s'ajoutent encore aux précédentes.
* La lumière blanche est formée par la réunion d*une infinité de rayons de diverses couleurs, parmi lesquelles on dislingue principalement les suivantes : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.