‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 44 sur 150 · LES GRANDS COURANTS D£ L^ATMOSPHËRE · texte numérisé non relu

LES GRANDS COURANTS D£ L^ATMOSPHËRE

Sud, sauf le renversement du sens du mouvcmenl. IjC contrealizé supérieur s'infléchirait vers le sol pour venir se l'elicr à Talizé, et la circulation de Tatmosphère se trouvemit presque exclusivement renfermée entre des latitudes peu élevées. Remarquons toutefois que l'origine première du mouvement se trouvant à Téquateur, ce mouvement y sera régulier comme la cause qui le produit. L'alizé et le contre-alizé participeront euxmêmes de cette régularité dans le voisinage de la ligne équinoxiale; mais à mesure qu'on s'écartera de cette ligne, Tactioii motrice agira d'une manière de moins en moins directe. La nappe descendante sera donc plus diffuse, moins bien limitée et moins fixe ()ue la nap])e ascendante. Sa i)Osilion moyenne dépendra de l'activité du tirage équatorial et de la hauteur a laquelle atteindra le contre-alizé. Cette hauteur elle-même est liée à la loi de décroissance de la température avec l'altitude; elle peut varier suivant les saisons et n'a probablement pas été la même à tous les âges de la terre.

Le circuit Sud est un peu plus étendu que le circuit Nord; il empiète sur l'hémisphère Austral, même en hiver, à la surface de l'Atlantique, auquel se rapporte notre figure; en élé, cet envahissement est encore plus marqué.

Une circulation, quelque régulière qu'on la supix)se, ne peut s'établir au sein d'une atmosphère mobile comme la nôtre sans que la partie non directement comprise dans le mouvement n'en subisse le contre-coup. h\ décroissance de la température s'étend d'ailleurs jusque vers les pôles, et des mouvements atmosphériques en sont la conséquence obligée h ces hautes latitudes. Deux circonsUmces principales font sortir les courants aériens des limites embrassées par les circuits pa*cédents et donnent naissance aux deux circuits secondaiivs N' et S' : ce sont la rotation de la terre sur son axe et autour du soleil et la distribution des terres et des mers à la surface du globe.

INFLUENCE DE LA UOTATION DE LA TEURE. HTi

g III. — InfloeMee de ki roUUioa de la ienre sar elle-Hiéne.

La terre tourne sur elle-même dans le sens de l'Ouest à TEst. Tous ses points efleetuent une révolution complète dans une même période de 24 heures ; mais dans cet intei*valle de temps, lous ne parcourent pas des chemins égaux et ne se meuvent |kis avec la même vitesse. A Téquateur, la vitesse est d'environ 4-16 lieues par heure; elle n'est plus que de 273 lieues sur le 40^ degré de latitude, dans le voisinage de Paris; elle descend ù 238 lieues sur le 55* degré, près de Newcastle ; au pôle même, elle est nulle.

L'air qui nous semble en repos a Paris se meut donc en i*éalité de TOuest à l'Est avec une vitesse de 273 lieues à l'heure. Imaginons que cet air soit transi)orté sur le 55^ parallèle sans que riei> soit changé dans sa vitesse, il continuera de parcourir 273 lieues par heure; mais chaque point du parallèle 55* en parcourt seulement 238; l'air gagnera donc sur le sol et dans le sens de l'Est 35 lieues à chaque heure; et cojnme le sol nous parait toujours en repos, nous attribuerons a l'air une vitesse vers l'Est de 35 lieues par heure, ce qui constitue un véritable ouragan. Un effet inverse aurait lieu si une masse d'air en repos relatif sur le 55* parallèle était subitement transportée sur le 49*. Cet air nous semblerait courir de l'Est à l'Ouest «avec une vitesse de 35 lieues.

En réalité, ces passages de masses d'air d'un i)arallèlc à l'autre se font toujours d'une manière graduelle, et, pendant leur durée, des résistances de diverses natures tendent à égaliser les vitesses. Les différences affaiblies n'en persistent pas moins; et comme la grandeur des parallèles diminue d'autant plus rapidement que l'on s'approche davantage des pôles, les effets signalés plus haut seront de plus en plus prononcés à mesure

lu LES GRANDS GOURANTS DE L ATNOSPilERE.

qu'ils se produiront à des latitudes plus élevées. Bien des tempêtes n'ont pas d'autre origine.

Nous pouvons maintenant nous expliquer Finfluence de in rotation terrestre sur la direction des alizés.

Considérons d'abord l'alizé du circuit Nord. Nous l'avons fait marcher du Nord au Sud vci's l'équateur. Pendant ce mouvement, il passe graduellement sur des parallèles dont les diamètres et par conséquent les vitesses vont en croissant. Si sa vitesse absolue ne change pas, il semblera de plus en plus en retard sur la marche vers l'Est des régions qu'il traverse, et tout en progressant vers le Sud, il semblera se transporter vers l'Ouest : sa route apparente ira du N.E. au S.O., ce qui est en elTet à peu près la direction des alizés de l'hémisphère Nord. Pareil résultat sera produit sur l'alizé de l'hémisphère Sud, qui siunblcra également rétrograder vers l'OueSt ; mais, comme cet alizé marche du sud vei*s le nord en s^approchant de l'équateur, sa direction apparente ira du S.E. vers le N.O., ce qui est aussi la direction générale des alizés de l'hémisphère Sud.

Une particularité se présente ici toutefois. La nappe d'îiir asamdante qui sépare les deux alizés se déplace un peu sui\^nt les saisons, et pendant notre été elle se trouve reportée de plusieurs degrés au Nord de l'équateur. Dans ce cas, l'alizé du Sud remonte lui-même au Nord de la ligne équinoxiale. Tant qu*il reste au-dessous de cette ligne, l'explication précédente conserve sa valeur; mais dès qu'il a franchi l'équateur, il pénètre sur des parallèles dont la vitesse est au contraire décroissante, et son retard, au lieu d'augmenter, doit faiblir. On voit, en effet, dans ce cas, l'alizé du Sud se redresser vers le Nord et prendre la direction S.S.E., S., et même S. S. 0., au lieu de la direction SiE.

Abstraction faite de cette dernière circonstance, les sAités des deux hémisphères soufflent dans des directions symétriquement distribuées des deux côtés de l'tHjuateur. Ils offrent une grande régularité dans leui*s allures, particulièrement à la surface des

Page 1