‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 49 sur 150 · INFLUENCE DES SAISONS SUR L^ATMOSPHERE. 1S · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES SAISONS SUR L^ATMOSPHERE. 1S

du golfe du Mexique et que ces eaux cchaulTces elles-mêmes sous la zone tomde avant d'être poussées dans le golfe par les vents, conservent toute Tannée une température élevée. Dans leur long parcours avant d'atteindre nos latitudes elles perdent bien une partie de leur chaleur et elles nous arrivent moins chaudes en hiver qu'en été; mais tout le reste de notre hémisphère s'est refroidi dans une proportion beaucoup plus considérable, nonseulement à la surface des continents, mais encore à la surface des mers où n'arrivent pas les eaux du golfe. Au contraire, pendant Tété, le Gulf-stream a peu changé, tandis qu'autour de lui tout s'est échauffé plus ou moins.

D'un autre côté, sur la fin de notre été, les régions environnant le pôle nord ont eu pendant plusieurs mois des jours sans nuits; la température s'y est notablement adoucie et l'air s'y est raréfié. Aux jours sans nuits succèdent bientôt des nuits sans jours, accompagnés de froids d'une extrême rigueur; l'air se contracte et appelle de l'air pour combler le vide formé par le froid. A chacun de ces changements dans notre hémisphère correspond un changement inverse dans l'hémisphère opposé. Un transport général de l'atmosphère a donc lieu chaque année alternativement de l'hémisphère Sud à l'hémisphère Nord, et réciproquement.

L'afllux de l'air vers le pôle Nord pendant l'hiver s'effectue par l'intermédiaire des courants équatoriaux, qui acquièrent alors une très-grande ampleur; les perturbations s'y accroissent dans le même rapport : c'est la saison des tempêtes. A mesure que le soleil revient vers nous, que notre atmosphère s'échauffe et se dilate, le courant équatorial se ralentit ; il atteint à des latitudes moins élevées. Au contraire, les courants polaires prennent plus d'activité ; mais comme ils sont diffusés à la surface de l'Asie, et même de l'Europe, leur vitesse est rarement très-grande : l'été est la saison des calmes pour notre hémisphère. Les troubles atmosphériques de cette saison sont limités

m LES GRANDS GOURANTS DE L ATMOSPHÈRE.

à de faibles étendues, et leur gravité toute locale est empruntée à des phénomènes électriques d'une nature toute spéciale : c*esl la saison des orages.

Nous terminerons ce chapitre par une dernière observation. Les courants équatoriaux ont à leurs extrémités polaires des directions parallèles à Téquateuret marchent de TOuest à TEst. Malgré leurs variations d'amplitude et d'intensité, on comprend qu'ils aient fini par imprimer à l'atmosphère des pôles un mouvement de rotation continu dans le sens de la rotation terrestre. Ce mouvement est surtout prononcé dans l'hémisphère Sud, où les continents ont une étendue relativement très-faible et qui, au delà d'une certaine latitude, se trouve entièrement recouvert par les eaux. On comprendra dès loi's combien il devait ôti^ avantageux de revenir d'Australie par le cap Horn en suivant le sens du vent, et combien, d'une manière générale, la connaissance des lois de la circulation atmosphérique permet d'abréger certaines traversées. Nous pouvons revenir utilement en quelques mots sur la planche I, page 47, où sont figurées les principales routes maritimes. San-Francisco et Shanghai sont situés à peu de distance au nord de la ligne de séparation des alizés du N.E. et des vents d'entre S.O. et N.O. de l'océan Pacifique. En partant de San-Francisco pour aller à Shanghaï, les navires se dirigent donc d'abord vers le Sud pour chercher les vents du N.E. favorables h leur traversée; en quittant au contraire Shanghaï pour San-Francisco, ils vont chercher au Nord des vents qui les poussent vers leur destination. Des changements de route analogues se présentent sur l'Atlantique, entre les ports de l'Europe et de l'Amérique, et particulièrement du golfe du Mexique; la cause en est la même. On remarquera pareillement que les routes des jwrts d'Europe ou des États-Unis à Téquateur inclinent vers l'Est, tandis qu'au retour elles inclinent vers l'Ouest. Le but proposé reste encore de parcourir rh.ique région des mers dans la direction où on

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puisse lirer le meilleur parti possible des vents doininanls dans CCS régions ; et, quand ces vents sont peu favorables, de traverser, dans le sens de leur plus faible largeur, les mers où ils soufflent, même en allongeant la route à faire dans les mei's où les vents ont des directions plus convenables.

Nous venons d'esquisser les grandes lignes de la circulation atmosphérique; nous reviendrons avec plus de détails sur chacune de ses parties lorsque nous aurons complété notre examen (les causes dont elles dépendent.

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