‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 51 sur 150 · COMPOSITION DES MERS · texte numérisé non relu

COMPOSITION DES MERS

faii-e considérer plutôt oomme un maximum que comme une évaluation bien exacte. Ija profondeur moyenne de TÂtlantique est de 4 à 5,000 mètres environ.

Une incessante cvaporation transporte Teau des mers à la surface des continents. Sorties pures de TOcéan, les eaux pluviales y retournent chargées de matières salines qu'elles ont enlevées au sol. Une partie de ces matières simplement suspendues dans la masse liquide se déposent dans les estuaires des fleuves dont elles exhaussent le fond; les parties dissoutes vont accroître la richesse minérale des eaux salées.

Cet apport continu de matières nouvelles aurait depuis longtemps amené la saturation des mers si d'autres causes également continues n'agissaient dans un sens inverse.

L'Océan est peuplé d'animaux aujourd'hui microscopiques, mais atteignant aux premiers âges de la vie du globe des dimensions considérables, ce sont les Rhmpodes ou Foraminifères. Ces animaux extraient de la mer les sels calcaires dont ils constituent leurs coquilles, et les débris de ces envelopperas protectrices vont s'accumuler lentement au fond des mers. I^a charpente des plus hautes montagnes, comme les Pyrénées et les Alpes, s'est ainsi formée horizontalement au fond des Océans, jusqu'à ce qu'un plissement de la croûte solide les ait fait surgir en nouveaux continents. Les Madréi)ores de leur côté exécutent un travail d'élimination semblable et viennent semer certaines mers d'écueils sans cesse grandissants.

Les substances calcaii*es les plus abondamment fournies {)ar les eaux continentales se trouvant ainsi séparées des e>aux par les êtres vivants^ se rencontrent dans la mer en quantités i*estreintes ; d*autres y sont plus abondantes bien que plus limitées dans leur production, parce que leur consommation est moins active : tel est en particulier le sel marin; Dans i!état actuel^ l'eau de tner contient en moyenne :

i)62,0 parties d'eau douce.

de sel marin ou chlorure de sodium.

de chlorure de magnésium*

de chloiurc de potassium.

de bromure de magnésium.

de sulfate de magnésie.

de sulfate de chaux.

de carbonate de chaui.

de résidu non déterminé.

Total. 1000.0

Son poids moyen à 20 degrés est de 1027 kilog. par nielre cube, au lieu de 998 kilog., poids du mètre cube d'eau pure à la même température. Cette coniposition varie suivant les lieux par l'addition des eapx pluviales ou la fonte des glaces d'une part, et de l'autre, par l'évaporation et le travail dt^ êtres vivants. Les courants marins miMant les eaux dans tous les sens, tendent à rétablir, dans leur composition, l'unirormilé sans cesse troublée.

n. » Ca«a«s géaérales d« la clreiiUitioB oeéaalqi

Les eaux de la mer ne sont pas plus en repos que Tair atmo* spliérique. Les mêmes causes y produisent des effelsde même nature, et, de plus, si la mer exerce une influence incontestable sur la circulation aérienne, les vents à leur tour sont une des causes déterminantes de la production des courants marins.

La moindre brise sullit à rider la surface des eaux tranquilles et à lui imprimeur un mouvement de translation dans le sens du vent. Quand la brise fraîchit*, la surface de l'eau s'agite en proportion ; et l'on sait à quelle hauteur |)euvcnt atteindre

< Dans le langage ordinaire, le mot brise révcdle Tidée d*un vent très-faible; es marins lui donnent une acception plus large et remploient à la désignation d^un vent quelconque. Le mot fraîchir signifie pour eux que le vent prend de b force.

CAUSES GÉlfÉ RALES DE LA CIRCULATION OCÉANIQUE. 129

vagues de l'Ooéan pendant les tempêtes. Ce n'est pas là up iple mouvement d'oscillation verticale se propageant à la nière des ondes circulaires que le choc d'un corps produit Teau. Tout ébranlement superficiel engendre une ondula- 1 de cette nature; mais ici les montagnes d'eau soulevées *ent une prise considérable au vent, et lorsque, par Tefiet du uvement ondulatoire, la masse retombe pour se relever bien* ^ elle conserve la vitesse horizontale que la brise lui avait primée. La pression de l'air en mouvement est même assez Lsidérable pour déplacer l'Océan d'une manière sensible. Les indes marées sont exagérées ou réduites suivant que le vent isse à la côte ou qu'il en éloigne le flot ; et sur la Méditerrat où les marées lunaires sont insensibles, des espèces de mas accidentelles naissent de l'entrainement de la mer par l'air, xemple le plus remarquable de l'influence des vents sur le nilu des mers est le suivant, que nous empruntons à la Méléoroietiautique de Maury. Dans une tempête, les eaux montèrent is le golfe du Mexique à plus de 9 mètres au-dessus de leur eau habituel. Le navire Ledbury Sfurw, qui avait cru trou- ' plus de sûreté en mouillant, reconnut, lorsque la brise it à mollir, qu'il avait pénétré dans l'intérieur des terres et il avait laissé tomber son ancre sur le sommet des arbres lUiott's Key. Les Florida Keys furent aussi couvertes a une jteur de plusieurs pieds; et lorsque cette masse d'eau reprit I cours en se précipitant avec une effrayante rapidité dans direction d'où soufflait précédemment l'ouragan, elle pi*éitait un spectacle dont l'horreur a rarement été égalée. Des înomèncs de ce genre ont quelquefois été obsenés dans la r des Indes, sur le passage des cyclones. Là où les vents sont inconstants et varient dans leur direca comme dans leur force, les mouvements qu'ils produi- \i n'ont pas le temps de se régulariser; mais si nous nous N)rtons à l'ensemble de la circulation aérienne, nous com-

130 LA MER ET Ll$ GOURANTS MARINS.

prendrons aisément qu'une circulation parallèle doit s'établir à la surface des mers, autant du moins que le {)ermettront la conformation des rives de l'Océan, la rotation terrestre, etc.

lia force motrice de l'atmosphère, la chaleur solaire dont nous avons placé le principal centre d'action dans la zone équatoriale, est aussi une cause du mouvement des eaux ; et il on est de même des inégalités de salure dues*àl'évaporalion, aux pluies, à l'apport des fleuves, à la fonte des glaces polaires...

Nous examinerons séparément ces diverses causes, pour faille plus aisément la paît de chacune d'elles. '

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