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INFLUENCE DE LA CHALEUR ET DE LA SALURE DES EAUX

rants polaires sous-jacents prendraient des directions inverses. La figure 26 donnera une idée de la circulation qui se produirait alors. Les lignes pleines figurent les courants superficiels, les lignes ponctuéefs les courants profonds de refour : c^est comme on voit l'analogue de la circulation aérienne. Ux différence de densité étant toutefois peu considérable, les mouvementsproduits seraient eux-mêmes très-lents.

Or des inégalités prononcées dans le degré de salure des mers viennent encore agir a l'encontro des effets de la température et restreindre ou même rohvei'ser ces effets.

Dans les régions équatoriales où la température est la plus élevée, Tévaporation est aussi la plus active , et , comme cetteévaporation n'enlève àlamerque de l'eau purc, elle a pour efTet d'augmenter la salure des eaux superficielles et par conséquent leur densité, que la chaleur tend au contrairo à diminuer. Un phénomène inverse a lieu aux latitudes élevées où Févaporation est beaucoup moins active et où vient au contraire se condenser une partie de la vapeur lournie par les régions équaloriales. Dans les lieux où l'eau des pluies surpasse réva[K)ration, la salure a la surface de la mer se trouve amoindrie. Enfin la glace formée dans les mers polaires contient presque exclusivement de l'eau

Fig. i6. — Courant» ihéoriquc» produiU dans la iiior l>ar l'action de lu rhalcur.

132 LA MER ET LKS GOURANTS MARINS.

pure; clic a {)our effet d'augmenter la salure des couches sous-jaccnt43s, tandis que par sa fusion elle diminue la salure des couches superficielles : les fleuves produisent également ce dRrnicr résultat. Nous nous trouvons donc en présence de deux influences contraires; leur conséquence est que la densité des couches superflcielles de la mer est beaucoup moins variable de l'équateur aux pôles que la distribution des températures ne le ferait supposer, et qu'à une certaine distance de l'équateur, la densité diminue même au lieu de s'accroître, bien que le degré thermométrique continue de s'abaisser.

En réalité, la densité de Teau prise à la surface de l'Atlantique augmente lentement depuis l'équateur jusqu'au 50* ou o^ degré de latitude, mais en subissant, aux différents degrés de longitude, des osciUations dont l'amplitude est de plus eu plus marquée à mesure que l'on se rapproche davantage des pôles. Le plus grand maximum de densité pour l'Atlantique se trouve à GG degrés Nord et entre les 50 et 55"* degrés Sud. Au (lein, la densité diminue.

De l'équateur aux latitudes moyennes, le i)oids d'un mètre cube d'eau de mer augmente de 5 kilog. environ; mais, de l'eau de mer à l'eau pure, la diminution de poids surpasse ^25 kilog. par mètre cube. Aussi voit-on les fleuves u leur embouchure couler non sur leur propre lit, mais sur un lit arliiiciel formé par l'eau salée. On peut môme distinguer très-loin au large les eaux douces aux tons verdàtres qu'elles communiquent a la mer : le mélange des deux eaux est longtemps l'ctardé par la grande différence de leurs densités. Les glaces en fondant forment de même à la surface de la mer une nappe d'une densité relativement faible malgré sa température peu élevée : cette nappe se dirige des pôles vei's les latitudes moyennes à l 'encontre des eaux équatoriales.

En négligeant l'influence des vents dont nous nous occuiK)ns d'une manière spéciale dans le paragraphe iSuivant, au lieu

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