INFLUENCE DE LA CHALEUR ET DE LA SALURE DES EAUX
d'une circulation, nous en trouverions donc deux dans chaque . hémisphère. La nappe superficielle dirigée de Téquateur vers les pôles s'arrêterait à une certaine distance comprise entre les 50* et 60* degrés de latitude. Là elle plongerait, soit pour former les courants sous-marins dirigés vers l'équateur et destinés à alimenter le courant superficiel, soit pour continuer sa route vers les pôles en passant au-dessous d'au- Ires eaux venues des pôles vers ces régions moyennes. Cette double circulation océanique semblerait avoir servi de base à k circulation atmosphérique développ('*e par Maury dans ses ouvrages.
Mais tous ces mouvements de dérive des eaux ne peuvent avoir que des vitesses très-faibles. Alors même que le poids du mètre cube d'eau varierait d'une extrémité h l'autre du circuit, de 25 h 30 kilogr., cette force de poussée devant se répartir sur une longueur de plusieurs milliers de kilomètres rentre dans les infiniment petits. I^es différences de densité n'existent d'ailleurs que sur une très-petite profondeur au-dessous de la surface, soit parce que l'eau est très-mauvais conducteur de la chaleur, soit parce que les eaux provenant de la fonte des glaces ne forment qu'une imperceptible fraction de la masse totale. Enfin, la force de poussée agit sur des masses liquides sans cesse renouvelées et son action ne peut s'y ajouter h ellemême, de manière à suppléer par la répétition des mêmes effets à leur insuffisance.
liCs courants de dérive produits par le seul jeu des densités de l'eau, qu'ils viennent de Téquateur ou des pôles, seront facilement dominés par l'action des vents réguliers. Ils disparaissent presque entièrement dans l'Atlantique Nord et sont peu miirqués dans l'océan Pacifique Nord. Nous ne les trouvons bien généralisés que dans l'hémisphère Sud où le peu de développement des continents est favorable à leur établissement, et où cependant leur direction normale est changée par l'action des vents.
lY. ^ Influenee des Ttmin
Nous supposerons, comme pour la chaleur, que le vent soit la seule force motrice agissante, afin de mieux dégager ultérieurement sa part d'action dans l'ensemble des faits.
La puissance du vent sur les eaux résulte d'un effet d'entraînement par frottement. L'impulsion est donc toute superficielle, mais elle peut s'exercer simultanément sur d'immenses surfaces ; elle sera d'ailleurs proportionnelle à la vitesse du vent qui est en moyenne de 5 à 6 lieues à l'heure dans certaines r^ons du globe. L'eau est très-mobile, mais sa masse est grande; sa vitesse acquise croîtra en raison directe de la persistance en grandeur et en direction, de l'action du vent sur la même masse liquide, et en raison inverse des obstacles au mouvement de cette masse. Ces derniers seront d'autant plus faibles que le mouvement aura pu se propager librement à de plus grandes profondeurs par l'effet de l'entraînement de l'eau glissant sur l'eau.
Les alizés présentent un caractère de régularité très-remarquable; ils couvrent une vaste étendue des mers; leurs directions convergentes tendent à favoriser leurs efiets en concentrant vers les régions équatoriales les masses d'eau qu'ils entraînent, au lieu de les éparpiller sur le globe; les mers où ils soufflent sont larges et profondes et une môme masse d'eau peut être longtemps soumise à leur action régulière. Tout favorise donc leurs efFcts. Ces effets toutefois différeront beaucoup suivant que la configuration des mers ramènera sous leur influence des eaux conservant encore une partie de la vitesse antérieurement acquise, ou que ces eaux iront se disséminer et se perdre dans dos Océans ouverts de tontes paris.