COURAIT ÉQUATORIAL D£ L ATLANTIQUE
de laliludc Nord; il monte jusqu'au 46*" degré en septembre, é{ioque où la température de TÂtlantique Nord est à son maximum. En dehors de ces oscillations régulières, il en éprouve d'autres accidentelles. Tantôt il reste éloigné de nos côtes ; tantôt il s'en rapproche, au contraire/ainsi que l'a constaté le major Rennel dans l'hiver de 1821 et 1822 si remarquable {lar sa température chaude et humide, {)ar des coups de vent presque continuels d'entre 0. et S. 0. et par des pluies excessives.
Les eaux du Gulf-stream diffèrent des eaux voisines piu* leur transparence, leur couleur, leur température, leur degré de salure et leur densité. La distinction est assez tranchée sur les côtes des Ëlats-Unis pour que Tœil puisse saisir la ligne de démarcation. Gela est vrai surtout de son lH)rd N. 0. ou de sa rive gauche, et Ton peut voir la moitié d'un navire dans les eaux de Gulf-stream et Tautre en dehors.
Jusqu'aux côtes de la Gai*oline, les eaux du Gulf-stream |)araissent d'un bleu indigo. Cette teinte plus foncée vient prebablcment de ce que les eaux ayant subi une évaporation considérable sont plus salées. On sait, en effet, que dans les salines on juge du degré de concentration des eaux d'après le degré de la teinte bleue qu'elles acquièrent, et, sur la Méditerranée, on I)eut reconnaître de très-loin les estuaires des principaux fleuves par la couleur verdâtre que leurs eaux donnent à la mer et qui tranche sur le bleu des parties voisines où le mélange ne s'est {>as étendu. Ce serait à la môme cause, un moindre degre de salure, qu'il faudrait attribuer la teinte verdâtre des mei*s polaires, tandis que les mers équatoriales, et surtout l'océan Indien, sont d'un bleu foncé. Quoi qu'il en soit de cette explication, M. Thomassy, qui a étudié avec un soin tout particulier la densité de Peau de mer, a trouvé 3,5 pour 100 de sel dans le golfe de Gascogne, ; 4,4 |)our 100 dans la région des alizés; 4 pour 100 vis-à-vis Charleston dans le Guli-streani, qui a
144 LA MER ET LES COURANTS MARIiNS.
pourlcint reçu les eaux du Mississîpi et les pluies équalorialcs. Lfes eaux de Gulf-stream n'ont pas le même degré de chaleur sur toute leur largeur; il l'ésulte des travaux de la commission hydrographique des Etats-Unis que le courant principal se compose de courants parallèles dont les températures sont inégales. Sa profondeur est de plusieurs centaines de mètres près de son origine ; mais à mesui'e qu'il avance dans sa route, il s'étale sur une plus large surface et son épaisseur diminue. A sa sortie du golfe du Mexique, sa température maximum est de 50^ : elle dépasse de 5^ la température de l'Océan à latitude égale. Pendant l'hiver même, par le travei^s du cap Hatteras, vers le 35' degré de latitude;, sa température à la surface est encore de 26 à 27"; à une profondeur de 900 mètres, elle n'est plus que de 14®. Par le travers des caps de la Virginie, 50 lieues plus loin, la température de la surface n'a diminué que de 1**, mais la couche de 14*^ s'est relevée de 180 mètres. En générai, un changement de 10*" en latitude n'y produit guère qu'un abaissemcntde 1 **, en sorte qu'après avoir parcouru près de 5000 kilomètres dans le Nord, ce courant conserve encore en hiver la chaleur de l'été, et iHîut-êlre de 10 à 15® plus tiède que les eaux voi^nes. C'est ainsi qu'après avoir atteint le 40*" parallèle, on le voit recouvrir les eaux froides de cette région sur une surface de plusieurs milliers de lieues carrées et étendre de la sorte sur l'Océan un véritable manteau d'eau chaude. Son allure est alors plus lente, mais aussi la quantité de chaleur qu'il cède à Tair est plus considérable. Le capitaine Duchesne, du vapeur transatlantique l'Europe^ vouhit bien, dans une de ses traversées de New- York en Franco, en novembi-e 1865, prendre la températuit^ de l'air et de la mer. Ses résultats donneront une idée de l'inlluencc de ce grand courant; nous les résumerons dans le tableau suivant :