‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 59 sur 150 · COURANT ÉQUATORIAL DE LWTLANTIQDK · texte numérisé non relu

COURANT ÉQUATORIAL DE LWTLANTIQDK

tière des glaces dans lesquelles ils étaient emprisonnés.

L'existence du courant sous-marin, dans le même détroit, est établie sur d'autres faits non moins remarquables. Il se détache souvent du rivage d'immenses blocs de glaœ nommés ice-bergx. Ces blocs soutenus par les eaux les dépassent quelquefois de plasieursdizainas de mètres, ce qui suppose une éttmdue considérable pour la partie immergée : celle-ci doitétre au moins six fois et demie plus considérable que celle qui surnage, à caus^^^ des différences de densité de la glace et de l'eau de mer. Or, on voit fréquemment ces icc-bergs remonter vers le Nord malgré le courant de surface dirigé vers le Sud, et malgré la glace dont la mer est couverte.

Iaî capitaine Duncan, du baleinier anglais Dundee^ décrit dans le n?cit intéressant qu'il a publié (Voya/je nu détroit de Daxh^ iS26-i827):

« 1 8 décembre i 826. — Rien d'imposant comme de voir ces immenses ice-bergs se diriger au N. E.; la mer est complètement prise, et c'est en brisant c^lte épaisse couche de glace qu'ils se frayent un passage. »

Kt plus loin :

« 25 février^ lat. 68* o7 N., long. 6;V 0. environ. — Les craintes que faisait naître hier l'approche de l'ice-berg ne se n-alisent que trop aujourd'hui. Vers o heures après midi, il al)orda la surface de glace dans laquelle nous étions enfermés, et la brisa sur une étendue de plusieurs lieues avec un bruit comparable à celui d'une dtHîharge de cent pièces d'artillerie: ses dimensions le faisaient ressembler à une véritable montagne. Chacun s'attendait à voir le navire mis en pièces, car rice-l)erg vint très-près de noire arrière et n'en était séparé que par des nwsses de glaces brisées lors du premier choc, mais n*unies ensuite en un tout compact par le fait de cette énorme pression. Sa vitesse était d'environ quatre nœuds à l'heure ; la perte du navire semblait inévitable.

« 24 février. — L'icc-berg est toujours en vue, mais il dérive rapidement vers le N. E.

a 25 février. — L'ice-bcrg a disparu dans le N. E. »

Si nous jetons actuellement un regard d'ensemble sur les courants de TAtlantique Nord, nous verrons qu'ils constituent un système de rotation complète, dans lequel les mêmes eaux viennent en grande partie, avec leur vitesse acquise, repasser successivement par les points où les forces d'impulsion agissent en permanence. Ce sont là des conditions éminemment favorables à l'activité du circuit et qui ne se retrouveront réunies au même degré dans aucune autre partie des Océans. Une portion notable de la branche supérieure du circuit dirigée de l'Ouest à l'Est, s'en détache, il est vrai, vers le milieu de son cours pour gagner les hautes latitudes et les mers Arctiques, l^a vitesse acquise emportée par lui n'est toutefois pas entièrement perdue pour le circuit principal ; car des courants de retour suivent les côtes occidentales de l'Europe et viennent se réunira la branche desciîndanle das Canaries. L'orientation des cotes suivies par cette branche descendante, la disposition des côtes américaines et Tavanceraent du cap San-Roque qui se trouve presque exactement dans la direction prolongée des côtes d'Afrique, toutes ces particularités donnent au courant les moyens de franchir, par le seul effet de sa vitesse, l'espace qui sépare les deux continents et de ne perdre pour le circuit principal que les eaux dérivées dans les courants du Bn'sil et du golfe de Guinée.

Par leur configuration concave, les côtes Ouest de l'Atlantique dans les parages des eaux mexicaines viennent ensuite redresser sans perte aucune le courant équatorial qui se résume avec toute sa vitesse dans le Gulf-stream. Celui-ci, à son tour, peut franchir TAllantique de l'Ouest à l'Est à ses latitudes moyennes, et, malgré le peu do fixiU». des vents dans ces parages, en recevoir encore en somme une impulsion qui s'ajoute à celle des alizés.

MERS DE SARGASSE. 151

Des conditions analo^es se retrouveront dans le bassin du Paciiique Nord; mais la situation est tout autre dans les r<^ions Sud des deux grands Océans, ainsi que dans TOcéan Indien.

§ Vn. — Hcrs de SaryaiMie.

Au centre du grand circuit océanique dont le Gulf-stream fait partie, entre les 17* et 38* degrés de latitude Nord et les 50* et 80* degrés de longitude Ouest, sur une étendue de plusieurs milliers de lieues carrées, la mer est couverte d'une végétation abondante et d'herbes flottantes en si grande quantité que la marche des navires en est souvent retardée. On appelle cet espace mer de Sargasse ou mer de varech. Lorsque les compagnons de Christophe Colomb l'aperçurent, ils se crurent parvenus aux limites des mers navigables. Depuis Colomb, cette mer n'a pas changé de place.

Dans les premiers temps, on supposa que dans celte région des mers devaient se trouver de nombreux écueils sur lesquels croissaient les fucus^ et dont ils se trouvaient accidentellement arrachés par l'effort des vagues. Les sondages du commandant I/ce du navire américain Dolphin j montrent que l'Océan, dans ces parages, a plus de 2,000 mètres de profondeur. D'un autre cAlé, M. Leps, alors capitaine de frégate, a inséré dans les Annales hydrographiques de 1857 une note fort intéressante sur la mer de Sargasse et dans laquelle il démontre que les plantes qui la recouvrent naissent et vivent à la surface de l'eau.

La mer de Sargasse n'est pas un phénomène spécial à l'Atlantique; on en rencontre dans tous les grands Océans. Nous parlerons plus loin de celle qui existe dans l'Océan Pacifique Nord. Il y en a une dans l'Océan Indien, entre le courant chaud de Mozambique et le courant qui remonte au Nord de la côte

occidentale d'Australie. I^e lieutenant Varlev en a trouvé une dans le Pacifique Sud, entre les 50* et 60* parallèles Sud et les méridiens de 142^ et 180^ Ouest. Dans l'Atlantique Sud, Maurj* cite deux parages abondants en végétaux, l'un au Nord des Malouines, l'autre à l'Ouest du cap de Bonne-Espérance, entre les méridiens 2"* et 15* Ouest.

Il nous reste pour terminer l'étude des courants de l'Atlantique Nord à examiner l'influence qu'ils peuvent avoir sur la configuration du fond des mers. C'est là une question d'un haut intérêt au point de vue de la formation des diverses couches de la croûte terrestre.

g Ylir. — Cmrie du foad de I^AOaBUii

1x1 profondeur de l'Occîan est très-variable et le lit sur lequel il repose présente des inégalités du même ordre que celles que l'on rencontre à la surface des continents. Ross, Dupetit-Thouars* et d'autres officiers des marines française, anglaise et hollan- (îaise avaient essayé d'opérer des sondages à de grandes profondeurs; mais les appareils imparfaits mis en usage les avaient conduits à des résultats généralement trop élevés. Maury appela de nouveau l'attention sur ce genre de recherches. liCs officiers de la marine américaine furent chargés de sonder au moins une fois dans chaque région de l'Océan comprenant 5* en longitude et en latitude ; les sondes furent perfectionnées ; et avec le concours des marins des divers États, on parvint à connaître assez

* Voyage autour du monde sur la frégate la Vénus, commandée per Aliel Dupolit-Thoiiars. Fia partir physique, riMligéo par M. de Tossan, ingpnieiir-hydrngraphp faisant partie de Texpc^dition, contient des données «run liant intérêt pour la inétéoroloffie des Océans.

?i52 CARTE DKS PROFONDKIRS 1)K l/OCKAN ATLANTIOIK NOIU). IM.MII

THE NEW YORK

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