CARTE DU FOND DE L'ATLANTIQUE
dien et dans la mer de Corail au contraire, entre TAustralie et la Nouvelle-Guinée, les échantillons extraits d'une profondeur de 3900 mètres renfermaient principalement des spicules d'éponge incrustées de silice, les unes en forme de fuseaux ou d'aiguilles, les autres terminées en tête d'épingles, quelquesunes en fer de lance. De nos jours même, nous voyons donc se former au fond des mers des terrains de natures très-diverses, les uns siliceux, les autres calcaires. Ces terrains s'élèvent lentement composés des débris microscopiques d'animaux actuellement vivant presqu'à la surface des mers. Des terrains de même origine se rencontrent aux sommets des plus hautes montagnes du globe et y présentent plusieurs centaines de mètres d'épaisseur. I^es coquilles y ont des dimensions presque pareilles dans la craie, mais de plus en plus volumineuses à mesure que l'on pénètre dans des couches géologiques d'une époque plus reculée ; les animaux dont elles formaient la charpente solide étaient-ils plus nombreux à ces époques éloignées qu'ils ne le sont actuellement? Peut-être. Leur nombre était cependant restreint par la solubilité dans l'eau de l'air nécessaire à leur existence, et on chercherait en vain dans leur multiplicité des motifs pour restreindre les limites lointaines de l'Age de notre globe.
Les matières terreuses entraînées par les fleuves à l'état de suspension dans leurs eaux forment des dépôts d'un acclroissement rapide, mais bornés à de faibles distances des embouchures. Quelquefois, cependant, des courants marins longeant les côtes transportent les sables par étapes successives à d'assez grandes distances de leurs lieux d'origine et deviennent une cause de graves inconvénients pour certains ports qu'ils obstruent.
Les sels siliceux ou calcaires extraits de la mer par les animaux qu'elle nourrit, lui sont rendus en dissolution dans les eaux des fleuves; leur quantité est donc très-limilée de nos jours, bien qu'elle ait pu l'être moins aux époques géologiques
antérieures. Quelque faible que soit cette quantité, les échantillons ramenés par les sondes montrent qu'elle contribue à élever lentement le fond des mers actuelles; et dans cette opération, les courants marins semblent jouer un rôle important, lies coquilles des foraminifères et des diatomacées, si petites qu'il faut le secours du microscope pour en distinguer les formes, et dont les animaux ont vécu près de la surfacx^ des mers, ont dû rester longtemps on suspension dans Te^u, (>trc entraînées par les courants, et se déposer loin des lieux oîi olhs se sont développées.
En examinant la carte des profondeurs de l'Atlantique et en la comparant à la carte des grands courants dont cette mer est animée, on remarque cette coïncidence au moins singulière que les courants les plus actifs sont placés au-dessus d(^ régions les plus profondes. La hauteur des eaux dans ces régions étant de 7000 ou 8000 mètres, alors que les courants ne descendeni pas au-dessous de 800 ou 900 mètres, on ne peut pas admetliv que ces derniers aient pu creuser leur lit; mais ne pourrait-on concevoir que les coquilles microscopiques se soient déposées de préférence dans les i-égions les plus calmes? Des inégalités sans doule ont pu préexister au dépôt des coquilles ou se former ultérieurement par le jeu des forces souteiTaines, mais benucoup d'entre ces inégalités peuvent aussi n'avoir d'autre origine que l'action des courants sur les dépôts successifs. L'influence de C/Cs courants sur l'exhaussement du lit des mers est évident du moins dans les parages de Terre-Neuve. Là ]es bancs sont accores du côté du midi, ils y sont coupés presque verticalement, tandis qu'ail Nord ils s'abaissent d'une manière graduelle. Dans ces parages convergent tous les ice-hergs^ tous les glaçons entraînés des mers polaires par la dérive des eaux ; ils viennent s*y fondre à la chaleur du Gulf-stream. Or ces glaçons, souvent arrachés aux côtes de l'Amérique ou du Groenland, apportent avec eux des terres ou du gravier qu'ils déposent sur