COURANTS DU PACIFIUIE NORD
leur passage. On ne peut admettre que du coté du Guli'-sti'eani, ces dépôts encore sans consistance, soient i*ongés par les eaux à des profondeurs de 4 à 5000 mètres, aloi*s que le (luli-streaui n'a dans cette partie de son cours que quelques centaines de mètres de profondeur et coule évidemment sur un lit d'eau froide, l^laury et tous les météoi*ologistes avec lui repoussent avec raison cette interprétation ^ Mais toutes les matières en suspension j)euvent se déposer sur place au sein d'une eau ]*elativement tranquille; tandis que si elles arrivent dans le Gull^tream, elles sont entraînées au loin. Le Guli-slream ne peut donc avoir d'autre elTet que de disperser, avant leur dépôt, les matériaux apportés jiar les glaces et pénétrant dans son cercle d'action. Il ne ronge pas le dépôt, il l'empêche de se former.
g i\ — Courantii da Pacifique IVord.
Le Pacilique est formé vers le Nord d'une manière [U'esque complète; il communique avec les mei's du |>ôle Arctique par le seul détroit de Behring dont la section est Irès-faiblc. H est au contraire largement ouvert vere le Sud et la mer y présente un développement d'environ 4000 lieues sur l'équaleur. La circulation dans ce vaste bassin présentera donc une jiailiedes caractères que nous lui avons trouvés dans l'Atlantique Nord ; mais on y remarquera des diflërences ducs à la disparité des conditions où elle se produit
Nous avons vu que l'accélération du mouvement circulaloii-e sur l'Atlantique était en grande i)artie le résultat de la continuité du circuit. Dans le Pacifique Nord cette continuité est as-
* Diaprés M. de Tossaii b poiUc iiiêridiouale et accoit» du baiic de Ten^»•^eu\(' •*^t fonuôe par des ruches».
158 LA MËR ET LES GOURANTS MARINS.
sliréc du cote du pôle ; mais elle est Irès-iinparfaite dans ssi partie la plus importante, le Sud et le Sud-Ouest, là où la foi-ce motrice est la plus active.
Dans rOcéan Pacifique, nous trouvons, comme à la surface de l'Atlantique et dans les environs de l'cquateur, un grand mouvement des eaux dirigé de l'Est à l'Ouest, et c'est encore dans les parties occidentales de la zone tropicale que la tem[)érature de la mer est la plus élevée et le degré de salure le plus prononctî. Mais dans son long parcours, ce courant laisse dériver vers le Sud une énorme proportion de ses eaux. Arrivé dans les parages de la Nouvelle-Hollande et de l'archipel de la Malaisie, il trouve une région incomplètement fermée. Une partie de ses eaux passe encore entre la Nouvelle-Hollande et les lies de la Sonde pour s'épanouir dans l'Océan Indien ; l'autre passe au Nord de la Nouvelle-Guinée, ou se réfléchit sur les côtes de Sumatra et de Java pour former le Gxdf-ttream du Pacilique.
Voici, d'après M. Ploix, le résumé des observations faites par les Américains au sujet de ce dernier courant dont le trajet est i-emarquable par ses brouillards et ses orages et qui l'end les parages des îles Aléoutiennes aussi brumeux que ceux de Teri*e- Neuve.
Le Gulf-strcam du Pacifique prend son origine dans le courant équatorial ; il s'en sépare à l'extrémité Sud de FormoMî par 22' N. et 120** E. ; il s'infléchit vers le Nord, suit la côte orientale de Forniose, et, arrivé par 50° N., il s'arrondit vei^s le Nord-Est et va baigner les côtes Sud-Est et Est du Ja|)on, jusqu'à la hauteur du détroit de Sangar»
Etroit près de son origine comprise entre Formosc et Maji-^ eositna, il a alors 50 lieues environ de largeur. Il se dévelopiie au Nord de cette dernière île, atteint îioutchou et Bonin, poini au Nord duquel il a bientôt acquis une largeur de 250 lieues*
Ses limites au Nord-Ouest sont |)arfaitettlent tranchées; un changetnent de S^'à 10^ dans la température de la mer les ac