COURANTS DU PACIFIQUE NORD. 15U
cusc neltement. Ses limites au Sud-Est et à PEsl sont loin de pouvoir être aussi bien déterminées. Il y reçoit en eflel successivement des eaux dérivées du courant équatorial. Le long de ses bords et aussi dans sa partie centrale, où des tournants d*eaux et des fM)ntre-couran(s se produisent près des îles, on observe des razde marée violents qui ressemblent souvent à des brisants.
Les Japonais connaissent très-bien ce courant dont l'effet est d'adoucir singulièrement le climat de la partie méridionale de leur île; ils lui donnent le nom de Kuro-SiwOj courant noir, à cause de la couleur foncée de ses eaux analogue à celle du Gulf-stream.
Au Nord du détroit de Sangar, le courant s'éloigne de la côte, et on rencontre le contre- courant froid venant du Nord entre lui et la côte d'Yesso. Ce courant froid longe la côte d'Asie, entre la Chine et le Japon, et se continue plus au Sud ; mais les Américains ne l'ont pas observé à l'Est de Niplion. C'est dans ses eaux froides que se trouvent les fameuses pêcheries de la Chine, que Ton peut comparer à celles de l'Amérique septentrionale. Par le travers du Japon, la rivière du Pacifique se sépare en deux branches : l'une, qui remonte au Nord, longe les côtes du Kamschatka, passe à l'Ouest des Aléoutiennes et pénètre dans le détroit de Behring. Les habitants des Aléoutiennes, qui ne possèdent aucune espèce d'arbre, n'ont pour construire leurs canots et pour leurs usages domestiques, d'autres bois que ceux jetés par la mer sur leurs côtes. Parmi ces bois se rencontrent souvent des débris de camphriers et d'autres arbres de la Chine et du Japon. L'autre branche va se réfléchir sur la côte Nord-Ouest de l'Amérique. Elle y prend vers le Sud une direction parallèle à cette côte et dérive lentement vers le courant équatorial à son origine orientale.
Nous retrouvons ainsi la circulation complète observée dans l'Atlantique Nord ; mais nous la retrouvons beaucoup moins ac-
live el plus didusc parce qu'une plus Ibrle proporlion dese^iux échappe à l'action périodique des forces inolrices et va se disséminer dans des l'égions d'où elle ne fera retour qu'aju^ès y avoir consommé sa force vive : la différence est encore plus marqueta |)Our les mei*s Australes. Veille milieu du cii*cuit, un peu plus a TËst, nous rencontrons la mer de Sargasse servant de réceptacle aux bois de dérive et aux herbes ilottantes du Pacitiquo Nord. Sur les iles Johnston, qui sont situées à sa limite méridionale, viennent atterrir des bois de la Colombie et des cèdres rouges de la Californie.
g X. — ConrMito de l'AUaBtiqnc et da Padflqoc HmA.
IjCS alizés soufllant symétriquement des deux côtés de la ivgion des calmes, il semblerait au premier aboixl que le courant équatorial devrait cire lui-même symétrique des deux côtés de cette région ; mais la densité considérable de Teau, si on la compare à celle de l'air, ne lui permet pas de céder rapidement à une impulsion relativement très-faible et dont la répétition persistante fait tonte l'efficacité. Il est donc nécessaii^e de tenir
un très-grand compte de la vitesse acquise par les eaux au moment où elles entrent dans la sphère d'action des alizés, el des résistances relatives qu'elles éprouvent a se mouvoir vei's l'un et l'autre pôle.
I^ configuration des côtes de l'Afrique et de l'Amérique est peu favorable au (lévelop[x;ment des courants que les alizés du S. K. tendent à produire sur l'Atlantique Sud. Au-dessous du cap San-Uoque, en clTet, la côteaméricai.ne est presque j)er[K}ndiculaire au S. E.; il suilirait donc d'une force déterminante {)eu active [Mjur faire allluer, soit vers ré(juateur, soit vers le |M)le,