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COURANTS DE L^ÂTLÂNTIQUE ET DU PACIFIQUE SUD

les eaux qui seraient poussées vers cette côte par les alizés. Or, cette force déterminante se trouve naturellement dans la vitesse du courant des Canaries et des îles du Cap-Veit, et ce courant pousse au Sud.

Dans le golfe de Guinée, au contraire, et jusqu'à une certaine distance des côtes d'Afrique, les alizés sont gênés dans leur action ; leur direction est déviée môme vers la côte par l'effet d'aspiration produit par les déserts. Au vent de la surface liquide sur laquelle il agit se trouve la terre ferme ; Teau manque à l'alimentation du courant qu'il tendrait à produire. Le résultat serait donc une rotation partielle au fond de ce golfe, un cou rant du S. E. au large et un courant du N. 0. vers la côte. Ce dernier est favorisé par une branche du courant des Canaries, dont l'appel vers le golfe de Guinée est déterminée par ces conditions locales.

liCS deux courants Nord-Sud ainsi établis aux extrémités orientale et occidentale de l'Atlantique Sud, y rendent impossible une circulation unique. Aussi en trouvons-nous deux et deux mers . de Sargasse. La partie moyenne et commune de ce double circuit est formée par des courants faibles et mal déterminés venant des régions Australes; ces courants se relient au mouvement de dérive partant du pôle vers l'équaleur et alimenté par des eaux froides à la vérité, mais rendues légères par la fusion des énormes quantités de glace dont sont recouvertes les mers Antarctiques. La seule action que les vents d'Ouest des latitudes moyennes puissent exercer sur ces eaux de dérive toujours nouvelles, est de les empêcher de céder h la tendance vers l'Ouest que leur imprime la rotation de la terre jiar l'effet de l'accroissement de vitesse des parallèles qu'elles traversent successivement dans.leur trajet des régions polaires vers l'équatcur.

Dans la partie moyenne du Pacifique Sud, la masse des eaux chaudes est entraînée par un mouvement de dérive vers les latitudes plus élevées ; un mouvement inverse amène vers les ré-

gions équaioriales, cl par la surface orientale du bassin, les eaux polaires adoucies par la fonte des glaces. Dans le voisinage de la pointe Sud de rAmcrique, ce courant d'eau froide se trouve activé et dévié vers l'Est par les vents d'Ouest qui soufQent avec violence dans les parages du cap Horn. Il se partage aloi*s en deux; Tun, connu sous le nom de courant de Humboldt, longe la côte d'Amérique et remonte jusqu'à l'équateur où il sert à l'alimentation du courant équatorial et rafraîchit dans sa route les côtes du Pérou et du Chili ; l'autre contourne le cap Horn dont il prend le nom.

Entre le courant de Humboldt et la grande dérive des eaux chaudes du courant équatorial, est une région où ne se révèle aucun symptôme de vie. Dans l'océan PaciGque Sud surtout, des oiseaux de mer accompagnent souvent les navires au milieu de l'immense étendue des eaux, pendant les tempêtes comme dans les jours de calme. L'albatros et le pigeon du cap, qui se plaisent dans les climats inhospitaliers des régions Antarctiques, suivent les bâtiments jusque dans l'éternel été des tropiques. Ces oiseaux de mer disparaissent tout à coup dès qu'on atteint cetlc région inanimée, et il en est de même des oiseaux des régions californiennes. Nulle vie n'apparaît non plus au sein des eaux; la baleine franche et le cachalot ne s'y montrent pas.

Une partie du courant équatorial du Pacifique pénètre dans l'océan Indien, où les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les eaux échauffées dans leur long parcours à la surface des régions équatoriales acquièrent dans le golfe Arabique la plus haute température de l'Océan. Tout en se transportant ainsi à rOuest, les eaux chaudes dérivent irrégulièrement vers le Nord, un peu plus régulièrement vers le Sud, surtout dans la région moyenne de l*océan Indien ; puis le mouvement se concentre dans le courant de Mozambique. Ce courant longe la côte Est de l'Afrique^ passe dans le canal de Mozambique, d'où il tire

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