CHAPITRE Yll
LES VENTS UËGULIKUS
VEMS PERMAiNENTS — VENTS PÉIUODIQUES
^ I". — I4OT Allsén.
Christophe Coh>mb voguanl sur l'Athuiliqiie à lu recherche de hi nouvelle roule des Inde^ ({u'il supposait exister à l'Occident, fut charmé d'aljord de la régularité des brises ([ui le poussaient vers le bul de son entreprise. Peu à jhîu, cependant^ l'inquiétude et l'efiroi succédèrent à la joie dans Tesprit de ses comiiagnons. L'invariable constance des vents était pour eux un phénomène jusqu'alors sans exemple. On se demanda comment poun-ait s'effectuer le retour; des séditions s'élevèrent, et la vie de Colomb fut sérieusement menacée par ses hommes, qui désesj)éraient de jamais revoir leur patrie.
Pendant plusieurs siiM^les, les alizés lurent une énigme pour k*s météorologistes étales navigateurs, llalley * et Hadley * pi'oïKisèixîiit les première l'tîxplication qui s'en est amservée presque sans aucune modification jusqu'à nos jours. Les alizés ne sont plus
» Transactions jfhilosophiqueSf IGStî.
^ Ibid., 1735.
qu'un résultat naturef des lois de la distribulion de la chaleur à la surface du globe ; ils forment Tun des éléments de la grande circulation atmosphérique, ainsi que nous l'avons exposé chapitre IV. Remarquons, cependant, que si la constance de ce^ vents est exceptionnelle au milieu de l'incessante variabilité des mouvements atmosphériques dans les latitudes moyennes, cette constance n'est cependant pas absolue.
Nous avons Hguré dans la planche IX, et d'après M. Brito- Cafiello, lieutenant de la marine portugaise, les régions occu|)ées j)ar les alizés sur l'Atlantique, et les directions moyennes de œs vents aux époques de leurs excursions extrêmes à la surface de la mer, c'est-à-dire en février et mars, et en août et septembre. Les lignes sont tirées dans la direction où souille l'alizi'*, et le degré de leur teinte est en rapport avec l'intensité moyenne du vent correspondant.
A l'inspection de ces deux cartes, ou reconnaît d'une manière évidente l'iniluence des continents sur la direction de^ alizés établis dans leur voisinage. En février et mai's, l'hémisphère Sud est dans la saison d'été; la température y est à son maximum, ou s'en trouve \)en éloignée. La Sénégambie, le Soudan, la Guinée et les i\»gions du Sud de l'Afrique, soni à une température plus élevée que celle des mers envirunnanles; l'air v est animé d'une force ascensionnelle donnant lieu à une aspiration qui s'irradie sur l'Atlantique. Les ahzés du N. E. s'inlléchissent vers les côtes du Sénégal, et y prennent graduellement les dii^eclionsN. N. E., N. N. 0., N. 0. L'iniluence est encore plus prononcée sur les alizés du S. E., cl leur inflexion s'étend plus au large. En août et septembi-e, le Nord de l'Afrique arrive à son tour vers la lin de son été; c'est là que la force d'aspiration a son maximum. Les alizés du N. E. sont fortement déviés vers les côtes du Maroc et du Sahara. Les alizés du S. E. sont beaucoup moins influencés |>ar celte cause, mais leur extension dans l'hémisphère Nord sulïî-