‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 77 sur 150 · LES ALIZÉS · texte numérisé non relu

LES ALIZÉS

rail à elle seule pour produire le redressement des vents réguliers du S. E. vers le S. ou S. S. 0. lorsqu'ils onl franchi la ligne. C'est qu'ils pénètrent sur des parallèles dont la vitesse vers l'Est est de moins en moins grande, et qu'ils prennent de l'avance sur ces parallèles dans le même stîns de l'Est. L'influence du continent américain, quoique moins apparente, n'en est pas moins réelle. Ce continent, placé sous le vent des alizés de l'Atlantique, est très-étroit dans sa partie située entre l'équateur et le tropique Nord; il agit donc faiblement sur l'alizé du N. E. pendant notre été. Il se développe, au contraire, largement au Sud de l'équateur, et, [)endant notre hiver, il se produit à la surface du Brésil une forte aspiration qui aide au développement des alizés, et modifie leur direction.

Cette même influence des deux continents opposés rend également compte des inégalités de vitesse des deux courants aériens et de leui*s variations annuelles.

Pendant noti-e été, l'alizé du N. E. est contrarié dans son développement par l'aspiration résultant de la chaleur des déserts d'Afrique; il est, au contraire, faiblement sollicité jiar le continent américain; aussi le Irouve-t-ou généralement assez faible et indécis i)endant cette saison. Son maximum d'intensité s'écarte peu des côtes d'Afrique, et une grande parties de l'air qui l'alimente est dérivée sur ce continent. L'alizé du S. E., moins gêné dans ses allures, prend un développement plus complet, et contribue pour une large proportion à fournir d'air la nappe équatoriale ascendante \y la surface de l'Atlantique.

Pendant notre hiver, l'équilibre ttmd à se rétablir entre les deux courants. L'Afrique a moins d'action sur l'alizé du N. E., et l'Amérique en prend davantage. L'Afrique agit, au contraire, plus efficacement sur l'alizé du S. E., qui s'y étale en éventail; mais le Brésil vient conn)enser cette influence désavantageuse; il iUale dans un sens o|)posé rextrémilé occidentale de ce

même alizc du S. E., qui devient peu à jhîu vent d'E. ou d'E. N. E. vers la côte américaine, comme il tourne au S. ou S. S. 0. vei's la côte africaine.

Des effets du même genre oiit lieu sur l'océan Pacitique; ils acquièrent une importance exceptionnelle dans la mer des Indes.

Entre les deux alizés, nous trouvons sur les caries de la planche IX deux zones faiblement teintées ; ce sont les zones des calmes équatoriaux. Ces calmes occupent des positions ti'èsdifférentes à la lin de Tliiver et de Vété; ils suivent en effet, mais de loin, la marche du soleil entre les tropiques. Jamais ils ne franchissent l'équateur à la surface de l'Atlantique. En février et mars, mois où ils s'en approchent le plus près, l'alizé du N. E. s'arrête vers le 4* degré de latitude Nord en moyenne; en août et septembre, mois où ils s'en éloignent le plus, l'alizé du N. E. s'arrête vers le H** degré Nord. Ces deux limites ne sont pas les mêmes sur toute la largeur de l'Océan ; la planche VL comme la planche IX, montrent que la zone des calmes se relève vers le jjjord dans le voisinage des côtes d'Afrique. Sur le Pacifique, elle se relève également d'une manière trt^sprononcée vers le Nord en traversant l'Isthme qui réimit les deux continents d'Amérique.

Celle particularité a été l'objet d'explications divei'ses qui, toutes, font jouer aux continents un rôle important dans la production du phénomène. Par la configuration de ses côtes occidentales, l'ancien continent abrite, en effet, contre les vents du N. E. toute la partie orientale de l'Atlantique, tandis que les alizés du S. E. peuvent, au contraire, s'y dévelopiKîr librement. Cette circonstance jointe à la supériorité de la vitesse de l'alizé du S. E. sur celle du N. E. re[)()rle vers le Nord la zone où ces deux courants se Tondent dans la nappe ascendante. I/inclinaison des côtes américaines, qui courent à Téquateur du S. E. au N. E., est également la cause de l'inflexion vei*s le Nord de la

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LES AL1ZËS. 197

région des calmes dans ces parages. On remarquera du reste que la déviation de cette région est très-incgale vers l'Afrique suivant la saison. Pendant les mois d'août et septembre les calmes se trouvent à la hauteur du cap Verl. A partir de ce point les côtes d'Afrique courent vers le Nord et vers le Sud dans des directions à peu près symétriques; aussi la région des calmes est-elle presque droite, tandis que son inflexion est de plus en plus prononcée à mesure qu'elle se rapproche de l'équateuret de la côte de Libéria. Nous n'admettons pas cependant que l'inclinaison des côtes sur la ligne méridienne soit la seule cause des déviations des zones des calmes équatoriaux. I^a question des températures y tient une large place, et la comparaison des planches IV et V montre que la zone des calmes suit toutes les inflexions de l'équateur thermique. On comprend d'ailleurs qu'il en doive être ainsi, puisque la chaleur des régions intertropicales est la cause première de tout le système de circulation de l'atmosphère. Cette circulation et les mouvements qu'elle occasionne à la surface des mers modifient, il est vrai, la configuration de l'équateur thermique, et ces modifications se retrouvent dans la configiu'ation de la zone des calmes. Là encore, nous rencontrons cet enchaînement et ce mélange de causes et d'effets si fréquents dans les phénomènes de la nature .

I^s c<ilmes se déplacent peu à la surface des deux Océans parce que le maximum de chaleur s'y déplaçai peu lui-même ; mais dans l'océan Indien, limité transversalement au Nord par PAsie, le maximum de chaleur se transporte, de l'hiver à Tété, à des latitudes très-distantes l'une de l'autre : la zone des calmes y parcourt dans le sens du méridien une étendue au moins aussi grande, ce qui produit les Moussons.

La température élevée^ dn Nord de l'Afrique, la présence du Tfrand courant équatorial qui fait converger h*s eaux superli- :;ielles de rAtlanti((ue vers le golfi» dn Mexique, rexislence du

grcind courant équatorial qui transporte également les eaux superficielles du Pacifique vers l'archipel de la Malaisie et les mers de la Chine, la température élevée du Sud de l'Asie pendant l'été... sont autant de causes concourant, avec l'action directe du soleil et l'inclinaison des côtes, à donner aux zones des calmes c'^quatoriaux les positions qu'elles occupent aux diverses époques de l'année et leur forme un peu tourmentée.

Les limites équatoriales des alizés sont en général assez tranchées ; lorsqu'on s'approche de la zone des calmes la brise mollit et devient irrégulière. Cette zone est étroite sur la moitié occidentale de l'Atlantique pendant l'hiver, alors que les deux alizés sont bien développés ; elle s'élargit au contraire d'une manière très-sensible pendant Tété, alors que les alizés du N. E. sont faibles et indécis dans une grande partie de leur étendue. Aussi lorsque l'on veut franchir la ligne dans cette saison s'écarte-t-on un peu moins dans POuest que pendant l'hiver.

Les limites polaires des alizés sont moins bien marquées que leurs limites équatoriales. A certiiins jours on trouve les vents du N. E. à dos latitudes très-éloiîjnées de leur lieu habituel ; à d'autres ils semblent avoir disparu dans une grande partie des régions qui leur sont assignées. I^eur direction est d'ailleurs d'autant plus variable qu'on s'éloigne plus des lieux où ils acquièrent leur maximum d'intensité et que l'on s'approche des calmes équaloriaux et surtout des culmes tropicaux. Si la régularité des phénomènes atmosphériques est relativement InV grande sur les mers intertropicales, ces mers ne sont cependant pas exemptes des perturbations ordinaires dans les latitudes élevées. Ia's troubles de l'atmosphère y sont seulement l)eaucoup {dus rares et moins profonds, à part certaines régions qui méritent un examen spécial. I^es Espagnols appelaient la partie iropicale de l'océan Atlantique el Goifo de Ion Damas^ la mer des Dames, parce que la navigation y est si facile qu'une jeune fille peut tenir la barre du gouvernail. Varenius de son côté, en

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