CONFÉRENCE DE BRUXELLES
nomenclature des nuages par Howard. La quatrième est destinée à la description des instruments mis en usage et à Fexposé des procédés suivis pour les observations : ces renseignements sont nécessaires pour apprécier le degré de confiance que Ton peut accorder aux documents consignés dans le journal. Une cinquième page est consacrée à la comparaison des instruments du bord avec les instruments étalons des ports de départ et d'arrivée : dans les pris militaires cette comparaison est faite par les officiers préposés aux observatoires ; dans les ports de commerce par les professeurs d'hydrographie. Viennent ensuite les instructions sur la manière de tenir le journal.
Parmi les observations réclamées par la conférence de Bruxelles, il en est qui sont spéciales à la mer : telles sont les déterminations de longitude et de latitude du lieu occupé par le navire; l'observation des courants marins; la variation du compas, ou Tangle que fait la boussole avec le méridien ; 1 état de la mer, sa température et sa densité. Les autres sont la reproduction des observations ordinaires faites à terre.
Li colonne des remarques reçoit tout ce que le capitaine juge utile de signaler. Son attention est appelée particulièrement sur les points suivants :
Tempêtes^ toniadoSj tourbillons de vent^ typhons et ouragans. 11 doit en indiquer, dans les plus grands détails, toutes les circonstances ; particulièrement les différentes variations du vent, la durée, Tamplitude et la force de ses oscillations de courte période, c'est-à-dire le nombre de bouffées ou de rafales dans un temps donné ; les directions ou rhumbs extrêmes entre lesquels le vent varie périodiquement ; les variations correspondantes de la force du sifflement du vent ; les différentes ap parences du ciel, des nuages, de la mer ; les phénomènes électriques, la pluie, la grêle, etc. Pendant la durée de ces perlurlwtions, il importe d'observer fréquetnment le baromètre et de noter l'heure où il a atteint son point le plus bas. '
IjCs trombes sont assez fréquentes en mer ; on doit observer leur durécî, leurs apparences successives, leur mouvement giratoire et de translation, la manière dont elles ont disparu.
I^a pluie et sa température ; la rosée^ son abondance, l'heure où elle commence, celle où elle finit, la température correspondante de Tair; les brouillards ou bitumes; les braiiiliards rouges ou phiies de poussière^ fréquents dans certains parages; le tonnerre, la grêle, les éclairs, et en cas de grêle, la grosseur et la forme des grêlons ; les météores proprement dits, étoiles filantes, halos... Les aurores boréales, etc., sont Tobjet d'observations détaillées, ainsi que la hauteur et la vitesse des lames .ou vagues de la mer, les courants et remous de courants, les changements dans la couleur de Teau, l'apparence lumineuse de certaines mers. On recommande aussi aux navigateurs de faire, chaque fois qu'ils le peuvent, des sondages aux grandes profondeurs et d'observer les courants sous-marins toutes les fois que les circonstances le permettent.
L'apparition des glaces flottantes, leur aspect, leur volume, la direction dans laquelle elles sont entraînées; l'apparition des poissons, oiseaux, insectes, algues marines, bois flottants, débris, bouteilles.... tout phénomène, petit ou grand, est noté avec soin. Rien n'a été oublié par la conférence de Bruxelles, et son programme d'observations pourra suflîre pendant longtemps à toutes les exigences de la science. Quelque soit l'objet spécial de ses études, le météorologiste trouvera toujours les documents qu'il désire dans les registres tenus conformément à ce programme.
gIV. -
Le dépouillement, la discussion et l'emploi rationnel d'un nombre aussi considérable de documents exigent beaucoup de temps et Tapplication de procédés méthodiques. Un service météorologique bien organisé doit être pourvu de registres et de caries disposés pour le classement des observations de toute nature qu'on extraira des journaux de bord ; ce classement ne doit pas être arbitraire et les cartes destinées à mettre en relief les résultats obtenus doivent être dressées en vue spéciale de Tobjet qu'on veut atteindre.
Maury, dans son travail, se proposaiti avant tout, de rechercher la moyenne des conditions favorables ou défavorables à la navigation dans chaque région des mers, afin d'en déduire les routes les plu3 favorables à une navigation rapide ; et, en réalité, il est parvenu ainsi à abréger d'une manière très-notable la durée des grandes traversées. Son travail, au début, a donc été surtout un travail de statistique. Voici un exemple de sa manière d'opérer, qui, à quelques modifications près, a été adoptée par les marins des autres pays.
Les cartes marines étant dressées suivant le mode de prO'> jection de Mercator dans lequel les méridiens et les parallèles sont représentés par des lignes droites perpendiculaires entre elles, Maury divisa ses cartes en rectangles limités par des méridiens distants de 5 en 5 degrés à partir d'un méridien fixe, et par des parallèles également distants de 5 en 5 degrés à partir de Téquateur. Ces rectangles ont été numérotés, et à chacun d'eux correspondent une série de tableaux dont chacun est destiné à un élément météorologique distinct : nous supposerons qu'il s'agisse du vent. La fig. 1 (p. 38) donne un spéci^
38 CIIAHP D'ÉTUDES.
men du tableau correspondnnt à Tua des rectangles de la carte. Ce tableau est divisé verticalement en treize bandes parallèles dont douze sont consacrées aux douze mois de l'année; dix-
Dec
J«nT
ii^S