‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 9 sur 150 · NO · texte numérisé non relu

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sept bandes horizontales sont consacrées : seiitc aux directions principales du vent, et la dix-septième aux calmes. Tous les tableaux semblables correspondant aux divers rectangles d'un océan sont classés dans un ordre déterminé.

On prend un à un les journaux de bord dont on dispose, et chaque direction de vent qu'on rencontie en le parcourant d'un bout à l'autre est inscrite dans le tableau correspondant

au rectangle dans lequel robservation a été faite, dans la colonne du mois d'observation, et dans la case correspondante à la direction du vent observé. L'inscription se fait simplement au moyen d'un petit trait vertical, et, pour faciliter le comptage final, quand quatre traits ont été placés à côté l'un de l'autre et qu'en survient un cinquième, on met ce dernier en diagonale sur les quatre autres. La fîg. 1 représente un des tableaux de la mer des Indes avec les relevés qui y ont été inscrits ; on y voit déjà très-bien comment, dans cette région, la direction du vent varie avec les saisons : le vent du N. E. y domine nettement d'octobre en avril; de mai en septembre, c'est au contraire le vent du S. 0. qui y souffle le plus fréquemment. Ce genre de pointe ne comprend que la direction du vent sans s'occuper de sa force^ mais on peut imaginer aisément les modifications à y apporter suivant le but qu'on se propose d'atteindre; il est évident aussi que le même procédé peut s'appliquer également bien aux observations faites dans une station météorologique du continent.

Une fois le dépouillement de tous les journaux achevé, on fait le total des pointés marqués dans chacune des cases de cliaquc tableau et on écrit le chiffre à sa place dans une dernière série de tableaux. Quelle que soit l'application qu'on en fasse, ces derniers tableaux doivent être conservés et publiés avec leur date et leur lieu d'origine. Chaque nation, en effet, doit tenir à honneur de faire dresser chez elle le relevé des observations faites sur ses bâtiments ; les administrations maritimes aiment peu à s'en désaisir au profit d'établissements étrangers, et en faire une copie prendrait presque autant de temps que le pointage. Chaque nation peut donc, chaque année, ajouter sa série à celles des autres pays ou à celles des années antérieures, et les officiers qui s'adonnent aux études météorologiques peuvent, en ajoutant ces tableaux les uns aux autres, opérer sur des documents statistiques chaque année plus complets.

40 cuânp D'étude

Pour faire passer dans la pratique les résultats donnés par ses tableaux, Maury eut recours au procédé suivant : dans chacun des rectangles de la carte d'un des océans étudiés par lui il traça un cercle divisé en seize secteurs correspondant aux seize rhumbs de vents ; chacun de ces secteurs fut luimême partagé en quatre compartiments correspondant aux quatre saisons de l'année. Dans chacun de ces compartiments il inscrivit le nombre total des vents relevés dans ses pointages, en tenant compte de la saison, de la direction du vent et du rectangle de la mer où l'observation avait été faite. Ces cartes chiffrées ne sont pas d'un usage très-commode; il faut une grande habitude pour y lire un peu couramment. En France, en Angleterre, en Hollande, on les a traduites sous une forme plus compréhensible, celle d'un diagramme. La (îg. 2 (p. 41) représente un de ces diagrammes emprunté à une des premières cartes françaises.

Prenant isolément chaque rectangle des cartes de Maury ou chaque tableau correspondant, on a fait la somme de tous les vents qui y sont inscrits, en y comprenant les calmes. Puis, on a divisé par ce total le nombre de fois que le vent du S. 0., par exemple, s*y trouve marqué, ce qui donne la fréquence relative de ce vent. On a opéré de même pour tous les autres.

Ce travail préliminaire achevé, on a tracé au centre de chaque rectangle des mers un cercle d'un diamètre constant; autour de ce cercle on a marqué les seize directions principales du vent et, sur chaque direction, on a porté, à partir de la circonférence du cercle, une longueur proportionnelle à la fréquence relative du vent dans cette direction. Ces lignes sont tirées sous le ventj dans la direction qu'il donne aux girouettes, c'est-à-dire celle où il va et non celle d'où il vient. La fig. 2 indique une prédominance très-marquée des vents du N, E. et du N. N. E. sur toute autre direction : elle appartient à la région des alizés de l'Atlantique Nord.

Les nonyelles cartes de la marine française sont encore plus explicites; on y distingue, en efîet, les uns des autres, les vents très-forts, forts, assez forts, modérés et faibles, en indiquant leur fréquence relative dans chaque direction.

Fig. 2. — Carré de carte des Tcnts de la marine française de SO* à S5* de latitude nord,

de iO* à 25* de longitude ouest (Greenwich). Les lignes sont tirées sous le vent qu'elles représentent.

Il est une autre manière d'opérer dont l'objet diffère essentiellement du précédent. Il s'agit, ici, non plus de connaître

la direction du vent qui souffle le plus fréquemment en chaque point des mers et qu'on a le plus de chance d'y rencontrer, mais de rechercher quel est Tétat du baromètre, du ciel et des vents, à un même moment, sur toute la surface du globe, et par quelles transformations cette situation passe d'un jour à l'autre de l'année. La. première série de recherches permet au marin de choisir, à l'avance et quel que soit l'état du temps, la route qui lui présente, en général, le plus de probabilités d'une traversée rapide; la seconde lui permettrait, d'après les

ami M. Sonrel, mort en 1870. Ce grand atlas qui promettait de si beaux résultats, continué quelque temps par M. Baille, a été abandonné en France ; il a été repris partiellement par M. Mohn, de Christiania : il est aujourd'hui continué sur une échelle plus restreinte par M. Hoffmeyer, de Copenhague.

La même méthode de discussion a été appliquée par nous à l'étude des orages en France, et, dès nos premières cartes d'orage, il fut démontré que, contrairement à l'opinion reçue, ces phénomènes n'ont rien de local; qu'ils se produisent dans des conditions déterminées faciles à préciser et qu'ils se propagent sur des étendues de plusieurs centaines de lieues en même temps que la cause à laquelle ils sont dus. Notre atlas des orages a été continué en France par M. Fron et en Norvège par M. Mohn. On trouvera plus loin de plus grands détails sur les résultats de ces travaux.

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