‹ Les mouvements de l'atmosphère et les variations du tempsChapitre 86 sur 150 · EFFETS PRODUITS PAR LES CYCLONES · texte numérisé non relu

EFFETS PRODUITS PAR LES CYCLONES

le centre apparent de la rotation. C'est un sujet qui demande de nouvelles recherches.

§ IV. — Effets produite par les cyclooes.

Parmi les nombreuses descriptions renfermées dans les écrits sur les tempêles tropicales, nous en choisirons une seule, déjà citée par MM. Zurcher et Margollé dans leur ouvrage sur les ouragans.

Ije capitaine de frégate Bridcl se trouvait a Mozambique à bord de la goelelte l'Eglé^ lorsqu'il fut assailli par un ouragan. Voici le récit qu'il en donne : *

c( Le premier avril 1858, dans la nuit, le vent prit par rafales du S. E. au S. S. E. accompagnées d'une pluie diluvienne. La mer, un peu grosse, était néanmoins arrélée par la terre et ne fatiguait pas trop le navire, mouillé sur deux ancres. À H heures du matin, le baromètre marquait 758 millimètres.

ce Vers midi, le baromètre continuant à baisser et le vent a augmenter sans changer de direction, nous vîmes bien que nous allions avoir affaire à un ouragan des tropiques, et nous primes nos précautions en conséquence.

« Deux autres ancres furent mouillées et filées avec les deux premières qui se trouvèrent alors avec cinquante brasses déchaînes, et les deux dernières avec vingt-cinq. Un trois-mâts portugais, à peu de dislance de la goélette, ne nous permettait pas d'en iiler davantage ; mais nous étions par cinquante brasses de fond ; avec nos quatre ancres nous pouvions résister.

a La mâture fut réduite aux deux seuls bas-mâts, et, à deux heures de l'après-midi, nous n'avions plus qu'à attendre les

* Études sur les ouragans de l hémisphère austral, pur 11. Bridkt. Sainl-Deiiis, 1KG1.

238 LES TEMPÊTES THOIUCALES.

effets du vent qui soufflait toujours du S. E. avec la plus grande violence. Le baromètre indiquait 755 millimètres.

« Toute la journée le vent augmenta et le baromètre baissa : à six heures du soir il était à 748. La mer devenaiit très-grosse malgré l'abri de la terre, et la goélette tanguait de manière à faire croire à chaque instant à la rupture des chaînes. Le plus grand nombre des bateaux arabes à l'ancre près de nous chassaient sur leurs faibles amarres, quelques-uns déjà étaient à la côte; la nuit se faisait et le vent soufflait en augmentant encore.

« Vers neuf heures du soir, la pluie redouble dMntensité, le vent de fureur.

« k onze heures, le baromètre marque 742. A onze heures quarante-cinq minutes, un calme subit succède aux rafales, au moment où elles semblaient augmenter de violence. La tempête s'est apaisée d'une façon si brusque, que nous passons sans transition des craintes les plus vives à la sécurité la plus complète. Le temps s'embellit, la pluie cesse.

« Autour de nous flottent les débris appartenant aux nombreux bateaux arabes qui sont déjà naufragés. Des cris se font entendre et ce sont les Français qu'on implore. A quelque distance nous apercevons une masse noirâtre qui va à la dérive, et le temps est assez clair pour que nous distinguions quelques matelots cramponnés à ce débris flottant : c'est une goélette portugaise qui a chaviré et sur la quille de laquelle ils se maintiennent à grand*peine. Malheureusement nous n'avions sur les porte^manteaux qu'une embarcation trop faible pour affronter la mer encore très-grosse. Les cris s'éloignent et se perdent bientôt au milieu du bruit de la mer qui roule sur le rivage.

« Pendant que le temps semblait revenir au beau et que le calme le plus complet permettait de tenir sur le pont une bougie allumée, le baromètre se maintenait à 740 et nous in-

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