L'HYGIÈNE DE LA RESPIUATION
respiratoire est un agent de reconstitution autrement sur et efficace que la suralimentation.
En effet, la suralimentation chez un sujet qui a le dégoût de la nourriture amène souvent divers troubles digestifs et ne peut pas toujours être continuée sans augmenter la répugnance et parfois sans amener la révolte invincible de l'estomac. Avec celte « suralimentation gazeuse » due à la suractivité des mouvements respiratoires, on est sûr au contraire de voir, chaque jour, Tappétit du poumon pour l'air devenir plus vif, et le malade consommer spontanément une plus grande quantité d'oxygène.
C'est qu'en activant chaque jour la fonction respiratoire, en instituant, par l'un ou l'autre des procédésdont nous allons parler tout à l'heure, une gymnastique pulmonaire régulière, on ne se borne pas à augmenter, comme nous venons de le dire, la vitalité du poumon : on en augmente la capacité et l'on en perfectionne l'aptitude à fonctionner. Ce sont là les deux résultats les plus précieux de ce qu'on appelle V entraînement,'
Ces effets de l'accoutumance sont connus de tous. Chacun en peut faire sur soi-même la démonstration banale et constater que plus on fait fonctionner le poumon, plus on en rend le fonctionnement facile. On sait bien qu'en s'exerçant chaque jour à courir, à gravir des côtes, etc., on arrive à exécuter, sans que la respiration devienne insuffisante, tous ces actes qui, dans le début, provoquaient l'essouniement du poumon. Or des expériences de laboratoire très précises nous ont révélé le mécanisme de cette augmentation de l'aptitude à respirer. Si l'essoufflement se dissipe par l'exercice, c'est que, par le fait même de l'exercice quotidien, d'une part le volume du poumon augmente et que, d'autre part, les mouvements respiratoires se font suivant un rythme plus lent en même temps qu'avec une plus grande amplitude.
Des mensurations méthodiques et des expériences précises de spirométrie ont montré à M. Marey, voilà déjà bien des
l'iG Li:S INDICATIONS in ti;aitemiî:nt
années, que les jeunes soldais envoyés à l'Kcolede gymnastique de Joinville présentaient, après six mois d'exercice musculaire intensif, une augmentation du périmètre thoracique pouvant dépasser 5 et 6 centimètres. Il a noté une augmentation corrélative de la capacité pulmonaire évaluée au spiromètre et il a noté, enfin, une modification des plus renianiuables dans leur manière de res])irer, même à l'état de repos : de nouvelles habitudes l'onctionnelles s'établissent par le fait de rentraînement, les mouvements respiratoires deviennent beaucoup plus profonds et beaucoup plus lents.
Ainsi, non seulement l'organe s'est développé par l'exercice, mais encore la fonction s'est perfectionnée : les côtes, à cha([ue inspiration, exécutent un mouvement ascensionnel (jui les rapproclic du maximum de course possible. Il s'ensuit que l'expansion du poumon, qui est subordonnée à l'élévation des cotes, se trouve, même à l'état de repos, portée beaucoup plus loin qu'avant l'entraînement; de sorte que, môme à capacité pulmonaire égale et à l'état d'immobilité^ la respiration introduit plus d'air dans la poitrine chez l'homme entraîné (jue chez celui qui ne l'est pas. Cette ac(iuisition plus grande d'oxygène, représentée par chaque inspiration, permet à l'homme entraîné de respirer suivant un rythme plus lent. Et c'est là un autre bénéfice de l'état d'entraînement. Le nombre des mouvements respiratoires, au repos, descend chez l'homme entraîné à dix par minute, alors qu'il était de douze à quatorze chez le même sujet avant l'entraînement. Or une respiration calme et profonde est i;econnue par tous les physiologistes comme plus favorable à l'oxygénation du sang que la respiration courte et rapide.