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CHAPITRE IV

LES MALADIES DE LA NUTlil l ION

Digestion. — Assimilation. — Désassiinilation. — Respiration. — Oxydation Échanges organiques. — Le c ralentissement de la nutrition

Digestion ; assimilation ; désassimilation .

Les fonctions de nutrition sont celles en vertu desquelles l'organisme se nourrit, c'est-à-dire se répare, s'entretient et se développe. Si, donc, on s'en tenait au sens littéral du mot, le cadre des Maladies de ta nutrition pourrait s'étendre aux affections de tous les organes; car il n'en est pas un seul qui ne puisse avoir son rôle dans l'entretien et la conservation des matériaux organiques.

Mais on s'accorde à limiter l'étude des maladies dites n de la nutrition » aux troubles qui peuvent atteindre les fonctions de V assimilation et de la désassimilation, ces deux grands processus physiologiques suivant lesquels le corps se renouvelle constamment, tout en restant toujours semblable à luimême.

Les fonctions d'assimilation comprennent les actes qui président à la fixation des matériaux apportés du dehors sur les cellules vivantes. Parmi ces actes, il en est toute une série

Li:s INDICATIONS DU TliAlTEMENT

qui sont les préliminaires indispensables de rassirnilation proprement dite, ce sont ceux qui doivent rendre les aliments assimilables, les actes de la digestion. Les aliments, une fois digérés, doivent être absorbés, c'est-à-dire franchir le tube digestif pour passer dans le sang, puis se déposer sur les organes qui s'en emparent et les incorporent à leur propre substance. C'est là l'acte ultime et essentiel de V assimilation .

Les fonctions de désassimilation consistent, à proprement parler, dans l'échange que fait la cellule vivante de ses matériaux usés et impropres à la vie contre les matériaux nouveaux que le sang lui apporte ; mais ces matériaux, une fois désassimilés, ne doivent pas rester dans le sang, où ils seraient non seulement étrangers, mais nuisibles, ayant perdu les propriétés qui les rendaient propres à la vie. Ils doivent être éliminés par des organes excréteurs spéciaux, qui sont les portes de sortie des déchets de désassimilation de l'organisme, comme les voies digestives sont les portes d'entrée des matériaux d'assimilation.

Le rapide schéma que nous venons de tracer des actes de la nutrition ne vise que l'assimilation et la désassimilation des aliments solides et liquides. Mais, pour être complète, Ténumération de ces actes devrait comprendre ceux qui ont trait à l'assimilation et à la désassimilation des aliments gazeux, c'est-à-dire aux fonctions de la respiration et de Vhématose.

L'air respiré fournit, en effet, à l'organisme un aliment dont le concours est absolument indispensable à l'assimilation, aussi bien, du reste, qu'à la désassimilation. Les éléments qui ont pénétré dans le sang par la voie digestive ont besoin, pour se fixer aux tissus vivants, de s'unir à l'oxygène introduit dans le sang par la voie respiratoire. On sait qu'ils ont encore besoin de s'unir à l'oxygène pour se désassimiler et s'éliminer hors du corps, quand ils ont perdu, par l'usure, les qualités qui les rendaient propres à entretenir la vie. L'oxygène du sang intervient alors pour aider à l'élimination de ces ma-

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tériaux devenus inutiles, et il y aide en les oxydant. Cette oxydation ou combustion modifie leur connposition chimique dans un sens qui les rend aptes à passer aisément au travers des voies d'élimination.

Il est surprenant de voir les médecins, qui reconnaissent tous l'importance de l'oxygène dans les actes intimes de la nutrition et dans les échanges qui se font au sem des cellules vivantes, oublier si souvent que le poumon est la voie d'introduction de cet oxygène et que, par conséquent, pour obtenir qu'un sujet assimile bien, il ne suffit pas de le faire digérer, il faut encore le faire respirer. Dans les maladies de la nutrition, l'hygiène des fonctions respiratoires est inséparable de celle des fonctions digestives.

L'observation des faits les plus élémentaires nous montre la connexité et la solidarité des fonctions du poumon avec celles de l'estomac. Toutes les conditions qui activent la respiration excitent les fonctions digestives. Chacun sait, par exemple, qu'un air vif comme celui des montagnes, qui stimule l'appareil respiratoire, réveille du même coup l'appareil digestif et « aiguise » l'appétit.

Mais ce n'est pas tout que d'introduire l'air dans le poumon. Il faut que l'aliment gazeux soit absorbé par le sang, et c'est là la fonction du globule sanguin, dont V hémoglobine doit s'imprégner d'oxygène. Puis, une fois absorbé et circulant dans l'intérieur des vaisseaux, cet oxygène doit être assimilé par les tissus vivants, qui, en échange, céderont au sang des produits gazeux de désassimilation, tels que l'acide carbonique, et ces produits devront être éliminés au dehors, comme, tout à l'heure, les déchets de désassimilation solides ou liquides.

Ce mouvement d'assimilation et de désassimilation de l'oxygène que le sang a puisé dans l'air atmosphériques'appelle en physiologie la respiration élémentaire des tissus vivants. Cette expression fait entendre que, dans l'intimité des cellules

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LES INDICATIONS DU TRAITEiMENT

vivantes, il se passe les mêmes phénomènes que dans le poumon, c'est-à-dire que la cellule retient de l'oxygène et élimine de l'acide carbonique. Mais ce qu'il importe pour nous de noter, c'est que les éléments puisés au dehors par le poumon et ceux que l'appareil digestif a livrés au sang viennent se rencontrer et s'unir dans la cellule pour la nourrir, et que les éléments, devenus impropres à la vie au sein de la cellule, ont encore besoin de s'unir à de l'oxygène, pour en sortir à l'état de produits de désassimilation.

Tout cela nous amène à dire que la nutrition peut être troublée, dans l'intimité des tissus, non seulement par un vice dans l'utilisation des matériaux introduits par les voies digestives, mais aussi par un vice d'utilisation des matériaux introduits par les voies respiratoires.

Si l'on n'avait pas présente à l'esprit cette vérité, du reste admise par tout le monde, il ne serait pas possible de comprendre le mécanisme de certains troubles de la nutrition qui siègent, non dans l'appareil digestif, mais dans l'intimité des tissus et dans l'ensemble de l'organisme, comme l'Obésité, la Goutte et les diverses manifestations de l'Arthritisme. — On ne comprendrait pas, non plus, l'importance extrême que présente, dans toutes les maladies de la nutrition, l'hygiène de la fonction respiratoire, et notamment les moyens hygiéniques qui activent cette fonction et au premier rang desquels se placent les exercices méthodiques.

Respiration; oxydation; échanges organiques. Le « ralentissement » de la nutrition.

Ces considérations générales étaient nécessaires pour faire comprendre que les indications de la Mécanothérapie dans les maladies de la nutrition ne doivent pas viser seulement

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l'appareil digestif, porte d'entrée des aliments solides et liquides, mais aussi l'appareil respiratoire, porte d'entrée des aliments gazeux.

Mais il reste encore à faire ressortir l'importance du rôle que joue dans les fonctions de nutrition un autre appareil dont la destination, au premier abord, ne semble avoir aucun rapport avec les fonctions digestives et respiratoires et qui en est pourtant le régulateur, c'est Vappareil musculaire. Les muscles, qui sont les organes de la locomotion, ont en outre un rôle considérable dans les fonctions de la nutrition.

Voici ce rôle en deux mots. Le muscle qui entre en action pour produire un mouvement se trouve, par le fait même de son fonctionnement, favoriser la combinaison des deux ordres d'éléments nutritifs introduits de l'extérieur dans le sanor : les produits absorbés par les voies digestives et l'oxygène absorbé par le poumon. Tous les éléments organiques, il est vrai, jouissent de cette propriété d'accélérer, quand ils fonctionnent, l'union de l'oxygène avec les matériaux de réparation apportés par le sang et aussi avec les matériaux de désassimilation rejetés par la cellule. Mais aucun organe ne présente à un aussi haut degré que le muscle cette propriété de suractiver les combinaisons des produits organiques avec l'oxygène. Si l'on analyse le sang qui traverse un muscle au repos, on voit qu'il contient moins d'oxygène et plus d'acide carbonique à la sortie qu'à l'entrée. Or cette différence de composition chimique s'exagère dans des proportions considérables, si l'on fait l'analyse pendant que le muscle fonctionne. Plus la contraction musculaire est énergique et répétée, plus on voit la quantité d'acide carbonique augmenter et la quantité d'oxygène diminuer dans le sang qui a traversé le muscle. L'acide carbonique produit par le muscle est le résultat de la combinaison du carbone apporté par les aliments que la digestion élabore avec l'oxygène que la respiration fournit au sang. Cette oxydation des aliments carbonés s'accompagne,

comme on sait, d'une élévation de température dans le muscle en travail, et on lui a donné le nom imagé de combustion vitale.

Nous avons dit que le muscle n'est pas le seul élément organique au sein duquel se produisent les oxydations ou les « combustions vitales ». Dans tout tissu vivant, on observe une combinaison, accompagnée d'élévation de température, des produits carbonés avec l'oxygène ; et c'est là l'origine de la chaleur animale. Quel que soit l'organe étudié, on voit donc les oxydations devenir plus intenses et la température s'élever quand cet organe passe du repos de l'organe à l'activité. Mais il n'est aucun organe dont le fonctionnement active à un aussi haut degré que celui du muscle l'intensité des oxydations et le dégagement de la chaleur animale. C'est ce privilège d'activer plus que tout autre organe les combustions organiques qui a fait donner au muscle le nom de « fourneau vital ». C'est dans le fourneau musculaire, attisé par le mouvement actif, que viennent s'oxyder rapidement les produits qui ont besoin d'oxygène pour s'assimiler et ceux aussi qui ont besoin d'oxygène pour se désassimiler.

Il y a donc des matériaux organiques qui viennent parfaire leur composition dans le muscle avant de se fixer dans les tissus vivants pour les réparer (la preuve, c'est que le muscle grossit quand il travaille souvent), et il y a aussi des matériaux qui viennent se détruire dans le muscle quand ils doivent être désassimilés et rejetés (la preuve, c'est que des tissus inutiles, tels que la graisse, diminuent autour du muscle à mesure que celui-ci grossit par le travail). Et ce ne sont pas seulement les éléments du voisinage qui fournissent des combustibles au muscle en travail. Le sang lui apporte, des points les plus reculés de l'organisme, les produits destinés à être assimilés ou désassimilés. Et c'est ainsi que l'activité du muscle exerce son influence sur tous les organes, en activant ce double mouvement de décomposition et de

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recomposition qui constitue, à proprement parler, la nutrition. C'est ce qu'on exprime en disant que Vexercice musculaire active la nutrition et accélère les échanges organiques.

Cette formule rappelle très lieureusement non seulement l'action physiologique du travail musculaire, mais encore les indications thérapeutiques qu'on peut en déduire et que nous résumerons ainsi : Vexercice actif des muscles est indiqué dans toutes les maladies caractérisées par un retard dans les échanges organiques et 'par un a ralentissement de la nutrition ».

Or ces maladies, dont la pathogénie est si merveilleusement exposée dans le beau livre de Bouchard (1), comprennent toute la série des manifestations de la diathèse arthritique, telles que la Goutte et la Gravelle, VObésite, le Diabète, la Lithiase biliaire, certaines formes de Neurasthénie et un grand nombre de troubles digestifs, classés sous l'étiquette assez vague de Dyspepsies.

Tel est Texposé sommaire des divers actes qui constituent ce que nous devons entendre par « fonctions de la nutrition », et nous pourrons à présent passer en revue, mais toujours d'une façon sommaire et générale, les troubles que peuvent présenter ces fonctions et les ressources qu'offre au médecin la Mécanothérapie, quand elles sont troublées par la maladie.

Les troubles de la nutrition qui ont leur siège dans V appareil digestif sont beaucoup plus localisés que ceux qui évoluent dans l'intimité des tissus; ils sont justiciables de moyens thérapeutiques d'une application plus directe et plus topique. C'est par eux que nous commencerons l'exposé du traitement mécanothérapique.

Nous passerons ensuite à l'élude des troubles de nutrition d'ordre plus général : de ceux qui atteignent l'ensemble

(1) Bouchard, lea Maladies par ralentissement de la nutrition.

de l'organisme el qui modifient si profondément la constitution intime du sujet qu'ils arrivent à donner au tempérament une forme spéciale notablement différente du type normal. On sait qu'on a donné le nom de tempéraments morbides ou de diathèses à ces anomalies de la nutrition, qui peuvent être acquises, mais qui deviennent si aisément héréditaires.

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