LA DIATHÈSE ARTHRITIQUE
Le « dosage » de l'exercice chez les goutteux. — Le traitement « mécanique » de la Gravelle.
Nous avons exposé, au chapitre des Impotents, les manifestations externes de l'arthritisme qui peuvent entraver les mouvements : les arthrites; les myosites (lumbagos et douleurs musculaires diverses) ; les ténosites (rétractions des tissus tendineux et fibreux); les névrites et les névralgies (sciatique, etc.). Certaines manifestations viscérales de la diathèse arthritique ont leur place au chapitre des Affections des voies digestives; certaines autres, à celui des Troubles de la circulation sanguine; d'autres encore, à celui de la Neurasthénie,
Ici nous étudierons les deux manifestations les plus caractéristiques de l'arthritisme; celles qui justifient son nom de diathèse urique : la Goutte et la Gravelle.
Le « dosage » de l'exercice chez les goutteux.
Tout le monde sait que la Goutte n'est pas une maladie locale, et que les manifestations articulaires ne sont qu'un épisode dans le tableau symptomatique et pathogénique de
LES llNDlCATlOiNS DU TRAITEMENT
cette affection. Ce qui constitue essentiellement la diathèse goutteuse, c'est une anomalie de la nutrition en vertu de laquelle la composition chimique du sang et des humeurs est viciée par les produits à' oxydation incomplète.
Chez le goutteux, il n'y a pas toujours cette accumulation des tissus de réserve qu'on observe chez l'obèse, bien que la Goutte et l'Obésité se rencontrent fréquemment chez le même sujet; mais la Goutte peut être interprétée comme une maladie par « excès d'épargne », en ce sens que le goutteux ne dépense pas, pour les actes chimiques de la désassimilation, une quantité suffisante d'oxygène. Les actes chimiques qu'on appelle les coinbustions vitales, et qui résultent de la combinaison de l'oxygène avec les tissus vivants, n'ont pas une activité suffisante pour faire passer les matériaux désassimilés à leur dernier degré d'oxydation ou de « combustion ».
L'image qui rend le plus exactement compte du trouble de nutrition caractéristique de la Goutte, est celle qui compare l'organisme des goutteux à ces appareils de chauffage domestique à combustion lente, qui économisent les combustibles et ne les font pas passer à leur dernier degré d'oxydation. Dans le poêle à tirage lent », le charbon tend à n'absorber qu'un équivalent d'oxygène et à donner naissance à de l'oxyde de carbone (GO), tandis que, si la combustion était plus active, il se formerait surtout de l'acide carbonique (CO'^), par combinaison de chaque équivalent de charbon avec deux équivalents d'oxygène. De même, chez le goutteux, les « combustibles » qui alimentent la chaleur vitale tendent à rester à un degré inférieur d'oxydation ; il se forme un excès d'acide urique, de créatinine, etc., composés incomplètement oxydés. La matière azotée n'a pas absorbé une quantité d'oxygène suffisante pour se transformer en urée, aboutissant normal de la combustion complète. Il se forme, d'autre part, des acides organiques, tels queVacide lactique, par combustion incomplète des principes hydrocarbonés que leur oxydation complète aurait transfor-