‹ Les mouvements méthodiques et la "mécanothérapie" [electronic resource]Chapitre 25 sur 58 · LA GOUTTE ET LA GHAVELLE · texte numérisé non relu

LA GOUTTE ET LA GHAVELLE

ne faut pas oublier que l'expulsion du gravier ne saurait être considérée comme un méfait de l'exercice, mais plutôt comme un service rendu. Il est nécessaire que le gravier une fois formé soit expulsé, et les médecins comprennent si bien cette nécessité que plusieurs auteurs ont proposé d'imprimer au corps des mouvements brusques et des secousses, de sauter sur les talons, par exemple, pour hâter la terminaison d'un accès de colique néphrétique. Quelles que soient l'excentricité et la brutalité de ce procédé, il montre l'importance qu'on attache à la prompte sortie du calcul, et prouve par là même que les inconvénients de l'exercice, dans la Gravelle, ne sauraient contre-balancer son utilité et motiver sa contre-indication.

Il y a lieu cependant de tenir compte, dans certaines circonstances, des eftets possibles d'un exercice même passif chez un malade suspect de lithiase urique : il est des circonstances où l'explosion d'une crise néphrétique est particulièrement intempestive, au cours d'un long voyage, par exemple ; et les longs trajets en chemin de fer, par la trépidation du train, sont souvent l'occasion de l'expulsion d'un calcul, et par conséquent d'une crise parfois longue et douloureuse.

Une fois la crise déclarée, il va de soi que la contre-indication de l'exercice est formelle, car le moindre mouvement peut exaspérer les douleurs. Si la prescription citée plus haut, de « sauter sur les talons », peut abréger la durée d'une crise en faisant cheminerle gravier, elle peut donner une violence extrême à la douleur, aussi bien, du reste, que tous les mouvements brusques auxquels se livrerait le malade. Il est donc sage, en résumé, de garder l'immobilité, ou du moins d'éviter les secousses, quand une crise est déclarée; mais il serait absurde de redouter l'exercice chez un gravelleux sous prétexte qu'il peut hâter l'explosion d'une crise d'ailleurs inévitable, alors que ce moyen de traitement est le meilleur moyen d'empêcher les crises ultérieures, en s'opposant à la formation des calculs.

Il n'est guère qu'une forme du mouvement qui trouverait peut-être son application dans une crise modérée et prolongée de gravelle, quand le gravier passe trop lentement dans le trajet de l'uretère, c'est le massage par trépidation. Ce mouvement pourrait être utilisé pour ses effets sédatifs, comme dans tous les états douloureux, et aurait chance, en outre, de hâter la marche du gravier et d'abréger la crise sans donner la crainte d'une action mécanique Irop brutale.

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