AFFECTIONS GHIUURGICALES DE L'ABDOMEN ET DU BASSIN
rationnellement laites le pouvoir de remédier à certaines déviations utérines dues à des adhérences qui maintiennent l'organe dans une position et une direction anormales. On comprend qu'en faisant subir chaque jour à ces adhérences un allongement progressif, on arrive soit à les rendre assez lâches pour permettre à l'organe dévié de reprendre sa position normale, soit même à les rompre et à rendre l'organe libre de toute attache pathologique.
Ici, il faut reconnaître que la Mécanothérapie doit céder le pas au massage manuel ou, du moins, doit en demander le concours.
Les mouvements gymnastiques actifs que fait exécuter Thure-Brandt sont de deux sortes : les uns ont pour but de fortifier les parois de la cavité abdominale et du périnée, afin de remédier au relâchement des plans musculaires qui soutiennent ou protègent l'utérus; les autres, de régulariser le cours du sang dans le petit bassin, en utilisant les masses musculaires des fesses et des cuisses et le muscle psoasiliaquey comme agents de circulation.
Il est inutile de faire ressortir l'utilité des mouvements abdominaux et périnéaux dans ces manœuvres. Ceux qui visent les muscles abdominaux ont pour but de « refaire » les parois antérieures et latérales de l'abdomen. Le résultat auquel ils tendent est, en somme, le même qu'on obtient à l'aide de la ceinture hi/pogastriquey car il ne peut y avoir de meilleure ceinture que celle formée par des muscles abdominaux résistants. Les autres, qui visent les muscles du périnée, ont pour but de fortifier la paroi inférieure de la cavité du bassin, dont le soutien, on le comprend, est indispensable pour assurer la situation normale des organes qui y sont contenus.
Les mouvements qui visent à fortifier la paroi de l'abdomen sont les mêmes qu'utilise la gymnastique abdominale et que nous avons déjà décrits. La gymnastique utérine les emploie toutefois avec moins d'intensité dans l'effort.
Quant aux mouvements qui ont pour but de fortifier le périnée, ils consistent dans des efforts d'adduction et s'exécutent de deux façons. Dans le premier procédé, la femme est debout, et, le corps étant maintenu parfaitement droit, elle croise énergiquement les cuisses l'une sur l'autre, de manière à les mettre toutes les deux dans l'adduction forcée. Dans le second procédé, la malade est couchée, mais dans un décubitus actif; le corps repose d'une part sur les talons, d'autre part sur la nuque et la partie supérieure du. dos, les reins étant creusés et le siège ne touchant pas le lit. Cette attitude a pour but de faire intervenir les muscles du plancher périnéal dans les efforts d'adduction qu'on va faire exécuter à la femme. Ces efforts d'adduction s'obtiennent par la résistance d'un aide qui s'oppose à l'effort que fait la malade pour rapprocher les genoux, les cuisses étant écartées. Nous avons déjà décrit (voir fig. 08, p. 269) l'appareil de Zander avec lequel on obtient plus méthodiquement ce résultat.
Ce ne sont là que des mouvements types de la méthode de Thure-Brandt. Elle en comprend beaucoup d'autres plus généraux, et notamment une foule de mouvements actifs et passifs destinés à régulariser la circulation utérine, soit dans le but de décongestionner l'organe dans toutes les métrites chroniques, soit dans le but de le congestionner, au contraire, dans les cas d'aménorrhée. A ces mouvements généraux il faut joindre le massage général de l'abdomen et des régions sacro-iliaque et lombaire, massage qui se fait par pression et surtout, à la partie postérieure du dos, par percussion delà main à demi fermée, et par tapotement des deux mains placées de champ et frappant alternativement sur le bord cubital.
Les effets de la gymnastique générale active et passive appliquée aux affections utérines peuvent s'obtenir au moyen des machines Zander, aussi bien que les effets du massage par percussion et tapotement. L'Institut Zander a des ma-