LE TRAITEMENT PUÉVENTIF DES DÉVIATIONS
Une surveillance de tous les instants, poussée jusqu'à l'obsession et la taquinerie, suffit parfois pour l'empêcher de céder à sa tendance à l'affaiblissement, en stimulant constamment ce qu'on pourrait appeler son attention musculaire.
Si, à ce moment, l'enfant est soumis aux exercices méthodiques de la Mécanothérapie, on en obtiendra l'effet le plus prompt que puisse donner aucun traitement préventif.
Il faudra lui donner tous les appareils propres à mettre en jeu les muscles extenseurs de la colonne vertébrale, l'appareil A\ où l'élévation des bras est combinée avec l'extension active de la colonne vertébrale; l'appareil (p. 21), où les extenseurs du rachis travaillent, le sujet étant debout; le C'^ où les mêmes muscles agissent, le sujet étant assis; le G*' (p. 89), où les' fléchisseurs latéraux des vertèbres devront agir alternativement et également vers la droite, puis vers la gauche (ces muscles jouant, pour maintenir les vertèbres en place, le même rôle que les haubans d'un navire pour fixer le mât dans sa position verticale).
Les exercices de respiration devront aussi tenir une place importante dans la prescription, et cela pour deux raisons.
FiG. 41. — Ceinture norvégienne de Tydmann.
LF.S INDICATIONS DU TOAITEMENT
La première est que tout mouvement d'inspiialion forcée implique l'extension forcée de la colonne vertébrale : c'est la condition essentielle de l'élévation maxima des côtes. L'autre
raison, c'est que les exercices de respiration sont les plus aptes à enrichir le sang en y introduisant plus d'oxygène. Et nous savons que les sujets en imminence de déviation de la taille sont toujours des sujets à tempérament débilité et à sang appauvri.
Parmi les moyens de ti'aitement préventif les j)lus utiles, chez les enfants qui tendent à se dévier, il en est deux qui méritent une mention spéciale, bien qu'ils ne fassent pas partie de la collection des machines Zander. Ce sont la toise orthopédique et la ceinture norvégienne ou ceinture de Tydmann.
Ces deux appareils sont des moyens de « redressement par soi-même » et peuvent être employés soit isolément, soit simultanément. Tous deux tendent à solliciter, de la part du sujet, un effort de grandissement.
Sous la toise, l'enfant cherche à se hausser le plus possible, sans que les talons quittent le sol, en poussant de bas en haut avec la tête un bloc mobile à frottement dur (voir fig. AS). Ces tentatives de grandissement aboutissent à forcer
FiG. 42. — Emploi do la ceinture norvégienne ; procédé de redressement « par soimême ».
LE TJIAITEMENT PRÉVENTIF DES DEVIATIONS 363
la colonne vertébrale à se redresser ponr ne rien perdre de sa hauteur. Il n'est pas rare de voir, pendant cet effort de grandissement, le sommet de la tête s'élever de 1 ou 2 centimètres en repoussant le bloc curseur (fig. 48).
L'autre appareil est une ceinture de cuir solidement fixée aux hanches et munie de deux lanières sur lesquelles l'enfant s'appuie avec la prise des mains pour chercher à remonter le buste, ainsi que le montre la figure 42. L'effet de (( grandissement » est plus accentué quand on combine les deux appareils en plaçant sous la toise l'enfant muni de sa ceinture. Citons encore un autre procédé de correction (( par soi-même », qui n'a rien de commun avec la Mécanothérapie, mais peut rendre des services en pratique, celui de Dollinger, qui consiste à placer l'enfant devant
Fig. 43.
La toise
orthopédique.
une
glace,
ou
il s'applique à contrôler son attitude.