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LES MALADIES \)V SYSTÈME NEIIVEI X

Effets directs de l'exercice sur les fonctions d'innervation.

L'action directe de l'exercice sur les organes de l'innervation peut se traduire par deux sortes d'effets différents : des effets mécaniques et des effets fonctionnels.

Les dïels mécaniques de l'exercice résultent de l'action du mouvement proprement dit, et en particulier du mouvement communiqué. On les obtient surtout à l'aide des exercices passifs et du massage. Toutefois ils peuvent se produire aussi, quoique d'une manière moins méthodique, à l'aide des mouvements actifs. Ils consistent dans les secousses, pressions, tiraillements, élongations que subissent les éléments nerveux dans toute la région mobilisée. Nous savons queleureffetpeut se traduire, suivant la forme et l'intensité du mouvement, soit ip^v une excitation , ^o\l i^diV une sédati OH des éléments nerveux. De là Futilité des mouvements passifs et do massage, aussi bien pour réveiller la motilité, comme dans les paralysies, que pour calmer la douleur, comme dans les névralgies.

Les effets fonctionnels de l'exercice sur le système nerveux dérivent de l'association intime qui existe entre les centres nerveux et les muscles. Le cerveau et la moelle épinière font partie intégrante de l'appareil locomoteur et en sont à tel point solidaires que leur entrée en jeu préalable est la condition ^iwe qua non de tout mouvement voulu. Il en résulte que l'exercice volontaire des muscles implique toujours !'« exercice ^) de certaines parties constituantes de la moelle épinière et du cerveau. C'est la cellule motrice qui commande la contraction du muscle et lui envoie, par l'intermédiaire du nerf, la quantité d'influx nécessaire à son effort. On donne le nom de travail excito-moteur à ce fonctionnement

LES IMilCATlONS Dr TRAITEMENT

du centre moteur, qui est le préliminaire obligé de tout eflbrt musculaire.

Mais la cellule sensitive elle-même doit entrer en jeu dans les mouvements. Il faut qu'elle perçoive les scnsatlonH musculaires transmises par le nerf sensible, car c'est sur ces sensations que nous nous basons pour évaluer le degré d'énergie de la contraction musculaire et pour juger s'il correspond bien à l'effort nécessaire pour exécuter correctement le mouvement projeté. Les cellules sensitives sont aussi indispensables que les cellules motrices kldi coordination des mouvements. On en a la preuve dans les maladies qui portent atteinte à la perception des impressions sensitives sans altérer l;i motilité, comme VAlaxie locomotrice, Gbez Tataxique dont la force musculaire est restée presque intacte, mais dont les cordons sensitifs sont lésés, la coordination des mouvements est imparfaite, et les actes musculaires sont désordonnés.

Ainsi, en provoquant des mouvements musculaires voulus et coordonnés, on se trouve mettre du môme coup en exercice les centres moteurs et les centres sensitifs. On se trouve, par cela même, faire bénéficier ces organes des effets que produit toujours l'exercice sur tout organe qui entre en fonction. Nous savons que ces effets se traduisent, en résumé, par une activité plus grande de la nutrition et par une plus grande aptitude fonctionnelle. Et tels sont, en réalité, comme nous le dirons tout à l'iieure, les résultats de l'exercice musculaire dans les troubles des centres nerveux.

Enlin, l'exercice musculaire ne met pas seulement en action les organes du mouvement et de la sensibilité, mais sollicite, de plus, l'entrée en jeu des facilités psychiques. C'est là un point très important de la thérapeutique par le mouvement, qui mérite d'être exposé avec quelques détails, si l'on veut comprendre le rôle de l'exercice physique dans certains états nerveux qui semblent toucher au domaine de la pathologie mentale.

LES MALAD[ES DU SYSTÈME NEUVEIX

L'exercice musculaire est un moyen d'exercer et de développer la Volonté. On comprend, sans qu'il soit besoin de commentaires, que les cellules motrices ont, dans tout mouvement actif, une part d'effort et, par conséquent, une part d'exercice proportionnée à l'énergie de l'acte musculaire. Or la cellule motrice elle-même est mise en exercice par un agent d'ordre psychique, la volonté, dont nous ne connaissons pas la nature, mais dont nous pouvons connaître les attributs et, dans certains cas, les maladies. La volonté entre donc, elle aussi, en travail pendant l'exercice musculaire. Et il faut se rappeler que la volonté est perfectible par l'exercice, au même titre que toutes les facultés physiques et toutes les aptitudes physiologiques.

Dans les affections psychiques caractérisées par raiïaissement momentané de la volonté, l'exercice musculaire peut rendre de grands services et relever l'énergie des facultés actives. C'est un fait d'expérience. Il serait impossible de comprendre les effets incontestés de l'exercice physique sur certains « nerveux » déprimés, si l'on n'admettait pas que ce traitement exerce sur la volonté une action pour ainsi dire réconfortante, qui se traduit par un fonctionnement plus énergique, non seulement de l'appareil locomoteur, mais encore de toutes les facultés actives de l'esprit.

C'est pour avoir constaté ce résultat psychique très remarquable que tous les hommes versés dans la pédagogie considèrent les exercices du corps comme un adjuvant indispensable de l'éducation morale.

On peut encore avoir recours h l'exercice physique pour diminuer l'exagération de la sensibilité. Pendant le travail musculaire, une multitude d'impressions, parties des muscles et de tous les organes associés à leur travail, vont atteindre la cellule sensitive et y provoquer des impressions. Or des impressions sensitives, quand elles sont d'une intensité modérée progressive et bien graduée, peuvent constituer un

exercice méthodique de la sensibilité. De 1;\ résultera, si l'on peut employer ici ce mot, un état d'entraînement de cette faculté, qui aura pour résultat d'en atténuer les manifestations extérieures et aussi les perceptions conscientes ; — car la sensibilité s'émousse et se blase par l'accoutumance. Or la véritable éducation de la sensibilité, je veux dire le résultat le plus désirable au point de vue thérapeutique que ])uisse produire l'exercice chez les nerveux, c'est l'atténuation des sensations, qui sont ordinairement, chez eux, exaltées à l'extrême.

On comprend donc quel service peut rendre Texercice aux malades, si nombreux à notre époque, dont la volonté est déprimée et la sensibilité exaltée. L'exercice musculaire devient pour eux un moyen d'entraînement physique et un procédé d'éducation morale qui tend à rétablir l'équilibre en atténuant la sensibilité et en fortifiant la volonté.

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