‹ Les mouvements méthodiques et la "mécanothérapie" [electronic resource]Chapitre 43 sur 58 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Dangers de la fatigue chez les neurasthéniques ; — indications de Texercice dans la Neurasthénie ; — pratique du traitement « mécanique » dans la Neurasthénie.

Dangers de la fatigue chez les neurasthéniques.

Il n'y a pas de question plus controversée, en thérapeutique, que celle de Temploi de l'exercice dans le traitement de la iNeurasthénie.

C'est qu'aucune question n'a été plus mal posée.

Il ne s'agit pas, en effet, de savoir si le malade doit être privé ou non de mouvement; car, au fond, personne ne nie les dangers de l'immobilisation absolue dans l'hygiène des neurasthéniques. Weir Mitchel, lui-même, Tapôtre du traitement par le repos, recommande d'appliquer chaque jour au malade, qu'on tient au lit, « des massages et des mouvements méthodiques ». C'est l'aveu de l'urgence d'une activité relative pour ceux qu'on condamne d'autre part à l'inaction. Il s'agit plutôt de déterminer sous quelle forme et à quelle dose l'exercice doit être appliqué. Et, au fond, tous les insuccès de la médication par l'exercice, dans la Neurasthénie; tiennent au manque de tact ou de méthode de ceux qui Tout prescrite sans en connaître suffisamment les effets.

On peut poser en principe que l'exercice physique est, d'une

LES INDICATIONS DU TPiAlTEMENT

manière absolue, utile à tous les neurasthéniques, à condition expresse de savoir l'administrer sans leur causer de la fatigue. — Et je soutiens qu'on peut toujours y réussir.

Nous allons revenir tout à Theure sur la question de méthode; mais il importe, en commençant, d'examiner la question de principe, — j'entends l'indication rationnelle de l'exercice basée sur la notion étiologique et pathogénique de la maladie.

Au point de vue de Tétiologie, on ne saurait trop s'élever contre l'importance donnée généralement au surmenage comme cause de la Neurasthénie. Dans l'immense majorité des cas, le surmenage qui a paru être l'origine des accidents n'en a été que le prétexte. Il arrive souvent qu'on attribue, par exemple, un état neurasthénique confirmé, qui dure des mois ou des années, soit à un abus momentané de travail intellectuel, comme la préparation d'un examen, soit à un excès passager d'exercice physique, tel que le surentraînement d'un bicycliste dans une épreuve de sport. Il est aussi peu logique de faire ici du surmenage la cause essentielle de la Neurasthénie, qu'il le serait de considérer l'Hystérie comme le résultat d'une commotion accidentelle, telle qu'une chute ou une émotion. — On sait qu'un choc, physique ou psychique, peut très bien éveiller les manifestations de l'Hystérie chez un hystérique, mais n'en provoquera jamais, du moins à l'état durable, chez un sujet sain ; de même la fatigue et le surmenage ne produiront la Neurasthénie confirmée que chez les sujets qui étaient déjà neurasthéniques « en puissance », si Ton peut s'exprimer ainsi. Chez les sujets prédisposés à la Neurasthénie, le surmenage physique, intellectuel ou émotionnel agit comme le « choc » physique ou moral chez l'hystérique. Dans les deux cas, il y avait un état morbide latent que des conditions accidentelles ont mis en évidence : dans les deux cas, ce qu'on pourrait prendre pour la cause de la maladie n'est que l'occasion des manifestations symptomatiques.

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