L'ARSENAL DE LA MÉGANOTHÉRAPIE
m eiHs du mouvement, une proportionnalité parfaite entre la résistance à vaincre et la force que peut déployer le muscle. C'est-à-dire que la résistance du contrepoids se trouve, par la disposition même du levier, augmenter quand le muscle agit dans les conditions les plus favorables à Tefficacité de son effort, et diminuer quand le muscle agit dans les conditions les plus défavorables. — On sait, en eftet, qu'il est des moments, pendant la durée du déplacement volontaire d'un membre, où l'eftort est plus facile : par exemple, un même poids sera actionné plus aisément par les extenseurs de la cuisse quand le fémur fait un angle droit sur le bassin que lorsque l'angle est obtus. Outre la direction du levier osseux, le degré de contraction d'un muscle a aussi de l'influence sur sa puissance eflective. Schwann a formulé cette loi : la force absolue cVun muscle diminue à mesure qu'il se raccourcit en se contractant.
Zander, dans la construction de ses appareils, s'est guidé sur ces deux indications : l'une mécanique, tirée de la direction des bras de levier, et l'autre physiologique, déduite du moment du plus grand raccourcissement des muscles.
En se basant sur le théorème du « parallélogramme des forces », il a construit chaque appareil de façon que le levier de la machine ait la position de la résistance maxima quand le levier osseux du membre agissant se trouve lui-même dans l'attitude qui permet le plus grand déploiement de force- Il a suffi, dans presque tous les cas, de donner, au levier de l'appareil, une direction telle qu'au moment où le muscle agit, par exemple, à angle droit sur l'os, la pesanteur agisse aussi à angle droit sur le contrepoids du levier.
D'autre part, il a fallu chercher le point du mouvement où le muscle a le moins de force pour obtenir qu'à ce moment-là le levier de l'appareil fût placé dans les conditions de la moindre résistance. Gela n'a pas pu se faire uniquement par des calculs, mais a été obtenu dans nombre de cas par des essais pratiques et des tâtonnements. — « La difficulté, dit
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Zander(l), a été de donner, dans la construction des appareils, une influence légitime aux lois du levier en même temps qu'à la loi de Schwann. Or cela n'a pu se faire uniquement par des calculs, mais a dû, en outre, être opéré par des essa,is pratiques. Ainsi, dans l'appareil à flexion active des jambes, je n'ai pas mis la plus grande résistance au point où la cuisse et la jambe décrivent entre elles un angle droit, comme l'exigeait la loi du levier, mais à environ 30 degrés de cette position; vu qu'on sent avec évidence que le maximum de résistance, pendant le mouvement, est le i)lus facilement surmonté en ce point. »
Cette adaptation parfaite des variations de la résistance aux vîu'iations de la force eflective du muscle dans les divers temps du mouvement ne se rencontre dans aucun système d'exercice. 11 est des systèmes de gymnastique où la résistance est toujours la même, quelle que soit la direction du levier osseux sur lequel le muscle agit, sans qu'il soit tenu compte du moment auquel augmente ou diminue la puissnnce effective du muscle : tels sont les appareils où les poids sont aclion- !i('s au moyen de cordes et de poulies; les appareils où la résistance est faite par un frein qui vient enrayer une roue, etc. Il en est d'autres, même, où la résistance augmente à mesure (lue diminue la puissance effective du muscle : i)ar exemple, les ai)pareils à traction élastique, dans lesquels la force opposée au muscle croît à mesure que le ressort se tend ou que le caoutchouc s'allonge. L'effort atteint ainsi son maximum au moment où le muscle arrive à son plus haut degré de raccourcissement, c'est-à-dire à son moment de plus faible puissance.
La conséquence pratique d'une adaptation constante de la résistance d'un appareil à la puissance effective du muscle est très importante à signaler au point de vue physiolo-
(1) Zander et Levertin, la Gymnastique médico -mécanique.