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TRAITEMENT DE LA FAIBLESSE LNTELLEGTUELLE

Certaines facultés psychiques qui ne semblent nullement, au premier abord, solidaires de l'appareil locomoteur, sont susceptibles pourtant de recevoir un certain degré d'éducation par le fait de l'exercice des muscles. Nous l'avons montré pour la volonté.

Il n'est pas jusqu'aux facultés intellectuelles elles-mêmes qui ne puissent être favorablement influencées et, dans une certaine mesure, développées par l'exercice musculaire, car elles interviennent pour une large part dans l'exécution des mouvements volontaires. Tout mouvemement doit être coordonné par le cerveau avant d'être exécuté par les muscles. Cette préparation, aussi rapide soit-elle, ne fait jamais défaut; elle est le préliminaire nécessaire de l'action et constitue un véritable acte psychique fort complexe. S'agit-il, par exemple, de lancer une pierre en cherchant à toucher un but, il nous faut faire intervenir d'abord la mémoire qui nous rappelle quels muscles sont aptes à exécuter le mouvement, la sensibilité qui, sous forme de « sens musculaire », nous renseigne exactement sur le degré d'eftort développé par les muscles,

et enfin le jugement qui détermine si la part respective que vont prendre au mouvement les groupes antagonistes actionnés est bien telle qu'il faut pour lancer le projectile, avec la vitesse voulue et suivant la direction du point visé.

Pour les actes usuels dont nous avons l'habitude, le travail psychique passe inaperçu, et la coordination du mouvement semble tout à fait automatique; — pas plus automatique, toutefois, que telle opération intellectuelle passée à l'état d'habitude, comme le fait de débiter une tirade apprise par cœur. Mais plus l'acte musculaire est nouveau pour le sujet, plus devient apparente l'intervention des facultés psychiques dans son exécution.

Dans l'apprentissage des mouvements difficiles, le travail du cerveau devient évident pour l'observateur le moins attentif Qui ne s'est surpris, dans l'impatience d'apprendre plus vite un exercice nouveau, à en répéter les mouvements « dans sa tête » ? Tel fanatique d'escrime, qui suit son chemin sans voir personne et semble absorbé dans de profondes méditations, repasse dans sa tête toutes les péripéties d'un assaut; quand vous le voyez relever tout d'un coup sa canne en dessinant un rapide « contre de quatre », c'est la « finale » d'une phrase d'épée dont ses cellules cérébrales suivent depuis un instant toutes les péripéties, sans autre manifestation extérieure que ce mouvement qui lui a échappé.

L'exercice, si l'on en choisit bien la forme, peut donc devenir un moyen d'éducation non seulement physique, mais intellectuelle. Et c'est pour les raisons physiologiques déduites plus haut qu'on a pu en faire un moyen de traitement chez les enfants arriérés ou idiots. Le fait est connu, mais on ne lui a pas donné, à notre avis, son interprétation véritable. On a pensé seulement au vieil adage : mens sana in corpore sano, et l'on a attribué à l'amélioration de la santé par l'exercice le développement de certaines aptitudes psychiques (1). Sans

(1) D'^ Wey, American Journal of Insanity, janvier 1891.

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