‹ Les Moyens Actuels d'Exploration du Système Nerveux Végétatif: Le Test Génésérine-Réflexe Oculo-CardiaqueChapitre 27 sur 66 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

En 1908, Dagnini et Aschner ont découvert qu’une compression oculaire produisait des modifications réflexes des appareils respiratoire et circulatoire. C'était le début d’une série de travaux sur lès réflexes à point de départ oculaire.

TECHNIQUE. — Cet examen doit être précédé de certaines précautions. Le malade doit être à jeun (Claude, Tinel et Santenoise). Pour Guillaume, chez la femme il faut tenir compte du cycle menstruel. Le sujet devra être allongé au calme. On le préviendra de la sensation désagréable que produira la compression oculaire.

La pulpe des doigts est le meilleur des compresseurs. L’observateur exerce une pression égale des deux côtés, douce el progressive au début, puis soutenue et constante. On notera exactement l'heure de la recherche et la durée de la compression, qui devra être exactement la même pour tous les examens. La plupart des auteurs admettent 30 secondes comme durée correcte. Le pouls est compté avant, pendant et après l’expérience, à des intervalles réguliers. Lœper et Mougeot ont obtenu des résultats très précis grâce à l’inscription graphique et à l’électro-cardiographie.

Les modifications réflexes du rythme cardiaque ne sont pas instantanées. Pour Laignel-Lavastine, le temps prévu dépasse rarement 4 secondes. Barre admet de 1/2 à 26 secondes. Le ralentissement considéré comme normal est diversement apprécié. Les chitfres varient, pour les uns, de 4 à & (Pachon et Fabre), pour les autres de 6 à 10 pulsationsminute (Lœper, Mougeot).

Une des premières critiques adressées au réflexe oculocardiaque quant à sa technique fut l’utilisation d’un facteur personnel de la part de l’observateur, résidant dans la compression des globes oculaires. D'où l'emploi d'appareils oculo-compresseurs mis au point par Roubinovitch, Barre, Tinel. Mais si ces appareils suppriment une cause d'erreur, ils en introduisent une autre beaucoup plus importante, à savoir l'émotion du sujet pendant l'installation de l’appareil. Elvins et Richard ont, d'autre part, proposé la simple convergence volontaire des globes oculaires qui produit Île même réflexe, Laignel-Lavastine estime que la compression digitale est encore préférable à toutes les autres méthodes.

INTERPRÉTATION. — Classiquement, en se basant sur l’antagonisme schématique des systèmes sympathique et parasympathique, une bradycardie de 6 à 12 est normale (réflexe nul). Si le ralentissement est plus considérable, il y a vagotonie (réflexe exagéré). Si le pouls s'accélère, il y à sympathicotonie (réflexe inversé). |

La question est malheureusement beaucoup plus complexe. Les théories quant au mécanisme du réflexe sont trop nombreuses pour pouvoir être exposées toutes. Pour les classiques, la voie suivie est trigémino-vagale. Morax, Magitot, Baillant, considèrent que le point de départ est orbitaire et non cornéen. Papillau, Cruseanu, ont montré que la section complète du trijumeau ne supprime pas le réflexe, qui, pour Laignel-Lavastine, emprunte les voies sympathiques. Pour Josserand, la compression oculaire produit une hypertension du liquide céphalo-rachidien, qui excite directement le noyau bulbaire du pneumogastrique, d'où la bradycardie. Pour Ashner, l'excitation des centres vaso-constricteurs élève la pression intracardiaque et détermine la bradycardie. Danielopolu écrit que « la compression oculaire modifie profondément toutes lés propriétés fondamentales du myocarde ».

Le réflexe est complexe par son mode d'action sur le rythme du cœur, et du fait qu'il provoque en même temps

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