AUX CONDUCTEURS ET COCHERS DES VOITURES DU TRANSPORT EN COMMUN
Les réclamations relativiîs au prix des journées, faites par les cochers des voitures du transport en commun, ont donné lieu à des nianifoslalions contraires à ï'brdre, puisque la circulation a été interrompue.
La suspension d'un service aussi important compromettrait la tranquillité publique en répandant l'inquiétude, et léserait les intérêts des conducteurs et des cochers dont le plus grand nombre a accepté l'augmentation consentie par les entrepreneurs.
La question des salaires étant confiée à une commission dont les membres doivent inspirer une entière confiance, le délégué de la République nu département de la police invite les conducteurs et cochers à reprendre paisiblement leurs travaux d'après les bases de l'augmentation qui leur a été accordée, et à imiter, en se. reposant sur la sollicifudc du gouvernement, leurs camarades des autres professions que cett<^ question intéresse au même degré, et ({ui ont donné l'exemple dé l'obéissance aux lois, en respectant la tranquillité publique.
Le délégué de fa République au département de la police, CAUSSIUIÈRR.
Paris, le 5 mars 1848.
BoDCQiMN, liiip. (]i; la l'réfoclure ila Policu, rue de; la .Saiiile-Chapelle, 5.— Paria 1848.
RÈPIBLIQUE
FRANÇAISE
LIBERTE, EGAHÏfc, -FKATERiMTÉ.
Le membre du p;oiivcrnemenl provisiure, ministre des travaux publics : Yu l'arrelé du gouvernenienl pro\ isoii e, eu date du 27 février dernier, qui ordonne rétablissement d'aleliers nationaux. :
Arrête ce qci sriT :
Art. 1". Il sera établi à Paris un bureau coatral pour l'oi^anisation des atehers nationaux du dipartenient de la Seine.
Ce Bureau sera placé sous la direction de M. Emile Tliomas iionimc à cet cfiet commissaire de la République.
Art. '2. Les tra%aux à exécuter dans l'intérieur de la ville sont <?xclusivemeat réservés aux ouvriers domiciliés dans linlérieur des douze mairies. Le* ouvriers résidant hors de la \ille ne pourront être reçus que sur les ateliers ouverts dans la banlieue.
Art. 3. Les ouvriers doinii liés dans Paris ou dans la Iwnlieue devront faire constater leur qualité et leur domicile parles maires de leur commune. Sur le vu des certificats «lélivrés par les maires, le directeur du bureau central fera procéder à l'embri^^'adement et au classement des ()u\riers. pour les dirijjcr successivement sur les lieux où il aura été possible détablir des ateliers et jusqu'à concurrence du nombre indiqué par les chefs de service. Aucun ouvrier non domicilié dans le déparlement de la Seine ne pourra être compris dans ce rlassoni( ut.
Art. 4. Lorsque les ateliers seroiit établis sur les voies de communication qui dépendent du ministère des travaux publics, les agens de tous grades préposés par le ministre ou par le directeur du bureau central, devront se conformer dans l'exécution des travaux aux instructions qui pourraient leur être données par MM. les ingénieurs.
Art. 5. Le directiur du bureau central fera publier, dans un délai de deux jours, un règlement pour l'exécution du prc'senl arrêté. Ce règlement sera soumis au visa du ministre des travaux publics.
Le Ministre des travaux publics, membre du Gouvernement provisoire ,
MARIE
Imprimerie nalionalc. Mars 18*8.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE'
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
Le Gouvernement provisoire ,
Sur la proposition de M. Armand Marrast, un de ses membres,
Arrête :
11 est nommé une commission de liquidation pour les biens, meubles et immeubles do l'ancienne liste civile ri du domaine privé,
^' M. Lherbette est nommé liquidateur général et rhargé de l'administration provisoire des anciens biens de la liste civile et du domaine privé.
M Adam, inspecteur général des finances,
M Empis, secrétaire du contentieux,
Lui sont adjoints comme commissaires liquidateurs.
M. Savignan, avocat, est nommé secrétaire de la commission de liquidation.
M. Hippolyte Biesta est nommé délégué du (îouvernemeut provisoire pour maintenir le séquestre sur les biens appartenant à M. le duc d'Aumale. 11 remplacera M. Laplagne Barris.
Fait à Paris, en séance du Conseil, le 5 mars 18^8.
Les Membres du Gouvernement provisoire de ta République française^
DUPONT (de l'Eure), LVMARTINE , GARNIER-PAGÈS , ARAGO . MARIE, LEDRU-ROLLIN, CRÉMIEUX , LOUIS BLANC, .MARRAST, FLOCON,
Le ministre de la justice, CREMIEUX.
Pour ampliation :
Le secrétaire général du gouvernement provisoire ,
PAGNERRE
HeureuI
CEUX QUI 0?^T FAIM DE JLSTICEi^
ils seront rassasiés.
" ^'^« ... L'ei^jxVv «l'assiissinnt qui brisf uiif cxistoïKv sorialo, l'assassinai qui t-mpoisoniif cl lorliirc loulc unr \ie tllioum'U! homiiu', pctil-il cire liouvc Ix'aiiooup moins ofijoux (jue lo coiijJ brûlai j>ai(i d'iiiif niaiu i^rossière , «'■Itangère au bi«M)fait (\f IV'ducalion. cl <\\w la mis^iv a pousse*^ dans la snic d«'s allcnlals m.i- Ic-riels? — El puis rcniarriuons cpir, sur cel iioiriblc tapis vcil du f(rand clicmin, où le voyageur a perdu la l)ourse et la vîo, Cartouche avait mis pour enjeu sa vie aussi, son repos, sa Corinne, son honneur el eclni de loule sa race ; mais l'aduiinislraleur qinjvole eu toute sécnrit»' à de pauvres employés la propriété, si léijitiiue,. si saillie, de Jeui"s droits,' de leurs modçstcs droils, bien persuadé qu'il est en son pouvoir, nou-seuicment d'é Ion (1er leurs plaintes, mais d'en rire, mais de les tourner contre eux-mêmes pour jjorler alleinte ii leur (;onsideralion;'... cet bomme-Ià n'est pas seulement criminel et grandement criminel, c'est un lâche brigand, c'est le plus ignoble des mallaiteurs. >- — I.cUre de S. Ciricr à Eugène Sue, IS/i/i.
• Un iiomme qui donne un soufllet à un autre devrait être traduit eu cour d'assises sous prévention de tentative d'assassinat; mais pourquoi n'v a-t-il pas de lois contre lA-S-SASSINAT MOI'.AL?
La loi m'assure la propriété d'un gant, dun mauvais couteau, etc. : il n'y aiu'a pas de garantie pour un ein[doi anrpiel sera atlachée l'existence de tonte une famille?» — Ac.s Ghc/^cv. d'Alphonse Karr. -.^^\
Donc. .SI J'OSAI.S, je dirais, el bien liant, que "\1. [.KBIU \, académicien, pair de France, ci-d»?vant direetiur de rimjirimerie ci-devant royale, très-royalement administrée, est un lâche brigdnd el te jilns içjnohlc des matfuileurs. puisque, sans risqnr' ni peine, et même sans aucun niérile d'in\ention, il m'a \olé plus de vingt mille Irancs. ..
Mais JE N'O.SERAI jamais!...
D'abord, il n'y avait point, il n'\ a jioinl encore de loi pour d('fendrc à M. Lebrun el à ses pareils ces inlamies-l.i... Au contraire! il v a des lois, des lois trèspositives, pour les encourager, pour les protéger, ces voleries sans cœur et sans
talent, auxquelles Lacédémone n'aurait pas fait grâce... Mais, hélas! nous sommes à Paris.
(Jui est-ce qui n'a pas feuillelé le Code pénal? qui est-ce qui ne connaît pas les articles ailomnie cl ilifjinnalion .''... Tout le monde sait qMe la considération de nos honorables administrateurs est chère, très-chère à la' loi , qui menace de prison et d'amencU; quiconque oserait y porter lia moindre atteinte.
On \ous a, dites-vous, chélif administré, on vous a lâchement volé, cruellement outragé, longuement torturé ; mais ignorez-vous , (|u'en vous volant, en vous outrageant, <n vous torturant, on n'a rien (ail de prmissaèle suivant la toi?
Vous alh'guez un vol important, commis à votre préjudice?... Pouvez-vous en donner la preuve légale / — Non! — Tant pis pour vous! deux fois lanl pis ! Les battus paient l'amende; vous êtes censé calonmiateur, vous irez en prison.
La PREUVE LÉGALE!... Ah! il faut apprendre à ceux qui l'ignorent, ce que c'est que la j^reure légale.
Un malheureux, comme il y en a tant, déshérité du ])icnfait de l'éducation, est tombé dans le vice, et du vice dans le crime. Ce que la société n'avait pas su prévenir, elh l'a j)uni. et cruellement puni, d'abord par mie brûlante emj)reinte, un stigmate ineflacable, et puis par dix ans de travaux forcés. Par extraordinaire, la vertu a germé et fructifié dans le cteur de cet homme pendant son séjour au bagne. Au sortir de là. assez heureux pour cacher son malheur, il trouve à s'occuper. Honnête, intelligent et infatigable ouvrier, il est de>enu im bon époux, un excellent père.
Les lamentables initiales T-F. ([uc^ l'infortuné avait pu dérober à tous les regards, même à ceux de sa compagne, un aflreux hasard les révèle un jour à un de ses camarades : viclime d'une abominable dénonciation, accueillie par l'impitoyabhî et inintelligent égoïsme du patron et des ouvriers , le libéré est congédié, et cherche vainement à se replacer ailleurs. Dans son désespoir, il cède à la funeste pensée de demander au crime ce qui lui est refusé par le travail. La justice le ressaisit. Tl a tué, il sera mis à mort, léguant à sa femme et à ses enfants la désolation, la misère et l'infamie.
Quelle peine frappera l'infernal dénonciateur, auteur de tous ces maux? Aucune ! La loi le prend sous sa protection : il n'a rien allégué dont il ne puisse produire la preuve légale.
Voilà la loi. citoyens!... Elle est gentille, n'est-ce pas?
En attendant mieux, un ouvrier typographe, employé et lettré, signale, à ses risques et périls, aux ouvriers, aux employés, aux lettrés, la brochure ci-après, où sont exposées, à l'appui de l'accusation dirigée contre le dirigeur, beaucoup de preuves, aucunement légales... Honneur à M. Lebrun et à son épaule immaculée.
BOURREAUX ET VICTIMES lUSTICE !
36 pages, grandes et compactes; cinquante centimes. — Chez fa victime, N. CIP.IEn. rue Royer-Collard (Saint-Dominique d'Enfer), 15, et chez ïes principaux libraires.
Paris. — Imp. dA. René, rue de Seine, 39;
T^aA'nf/
JIÉPLBLIQL'K FRANÇAISE.
DÉLÉCLÉ Al DÉPARTEMENT
Libellé, ÉKirtltc , Frairrnité.
Paris, le
Laissez passer le cKoyen AL... jusqu'à mon Cabinet,
^^^,rp:C^U''^-^^±:±^>
On «'étoniiera |>eut-étro, aiijourl'liui. do voir uae pareille si^'nature au bis d'un document républicain. Le <v^\r -de Ui Hoddc dont M nom est devenu f^i iristemeat célèbre, pr^tenilait appartenir au parti déuiouralique, mais non exclusivement.
Le îi Février, il s>tail imposé à Caussidière comme secrétaire-général, place qu'il a»ait intérêt à occuper et qu'il occu|>a pendant uneduuiiioe de jours, jusqu'au inoai:nl, eulia, où l'on connut la vérité. C'est ainsi qu'une grande quantité de pièces, celle-ci Dotaiument, se trouvèrent revêtues de cette signature. (Note des èditeuhs.)