‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 272 sur 295 · DU DÉPARTEMENT DE L'OISE · texte numérisé non relu

DU DÉPARTEMENT DE L'OISE

CONCITOYENS

J'accepte la République, sans restriction cl sans arricrc-pensôe.

Homme de liberté, d'indépendance et de proférés, je n'ai à répudier dans le passé aucun antécédent politique ; je suis aujourd'hui ce que j'étais hier : dévoué à mon pays et aux institutions qui peuvent assurer sa force, sa jjrospcrité, sa grandeur.

Une Assemblée nationale est convoquée pour constituer l'œuvre démocratique de la révolution sociale de 18/|8; je viens vous demander l'honnour de vous y représenter : je sens la gravité des obligations qui me sont imposées, mais je sens aussi que mon dévouement est à la hauteur de celte nn'ssion !

Le ])rincipe démocratique est consacré par la forme du gouvernement républicain ; mais, pour être durable^ la République doit nous donner l'ordre cl la sécurité; elle a besoin d'être fortifiée par des institutions qui défendent les droits du peuple, les légitimes intérêts de la propriété et des travailleurs.

Je veux une République pacifique, qui respecte l'indépendance des puissances étrangères, mais implacable contre celles qui seraient assez insensées pour vouloir intervenir dans nos affaires.

Je veux que l'agriculture, trop longtemps négligée, reprenne l'essor qui lui assure le premier rang dans l'industrie nationale;

Que le travail soit organisé dans des conditions telles, que les droits du maître soit respectés, que l'ouNrier ne soit plus, comme par le passé, réduit à l'étal de machine, d'outil de prodtiction; mais un agent libre, intelligent, intéressé au succès et aux profits des producteurs ;

Que l'impôt, mieux étudié dans ses bases, plus éqnitablement appliqué dans sa répartition, ne frappe le revenu que dans des conditions rigoureusement nécessaires au crédit de l'Etat;

Que les taxes sur les denrées alimentaires de première nécessité pour le peupli! soient supprimées;

Que le nombre des emplois publics soit réduit ; que ces emplois soient justement rétribués, afin d'assurer aux fonctionnaires et agens de l'Etat une existence honorable, en rapport avec les fonctions qu'ils sont appelés à remplir;

Que toutes les libc/rlés auxquelles les citoyens ont droit soient respectées :

Liberté de Conscieucc ;

Liberté des Cultes ;

Liberté d'Association ;

Liberté Individuelle.

Je veux l'enseignement gratuit et obligatoire pour toutes les classes de la société.

En un mot. Vhc des réformes ulilos s'ouvre flovaiit nous ; uaus devons tous y culrcr couraj^ouBCim'ut, avec la \oIoiilc dv soulager les nombreuses misères, de corriger les désordres et les al)us de corruption (|ue nous a légués le réjj;ime déchu.

Je marcherai dans celle voie; j'y porterai ce souvenir de mon aïeul Louis de Noailles, qui fut, au début de l'Assemblée Constituante, le promoteur du célèbre décrt'l du ô août 1789. portant abolition du réj,'ime f odal, de (!e même bonis de Noailles (pii mourut t;lorii'usenient au service de la Ibpublique, en combattant pour elle contre ses ennemis.

.le rappelle aujourd'hui ce souvenir de ma famille, parce que je 3«Mi8 en moi les mêmes sentiments de fralcrniti-, le même patriotisme, et que je veux remplir le* mÙDes ilevoirs.

Vôtre concitoyen.

WOUCHY.

Imp. et litli. de E. Hersent, à Clermonl Oise^

A MM. LES LTECTETIRS DE li CREESE.

Le 7 mars 1848.

Aux lettres que je reçois, particulièrement de l'arrondissement de lîourg^ancuf, voici ma réponse :

Les circonstances sontéraincmmcntgraves; elles peuvent devenir périlleuses; elles élèvent à la hauteur d'un devoir ce qui était un honneur : la dépntation.

Si je suis élu. j'accepterai; mais je ne ferai aucune démarche pour l'être.

Je n'ai pas de profession de foi à publier, car je n'ai pas un seid mot à rétracter aux trois lettres qui portent la date des 8, 14 cl 15 février dernier, et que je crois devoir réimprimer, parce que dans le rapide courant qui emporte trône, charte, institutions, lois, fortunes, les minutes sont des heures, et les jours «les mois.

Je serai ce que je fus . je n'aimerai pas plus la liberté , et je n'aimerai pas moins l'ordre.

A qui me dira : Confiance, Je répondrai : Dévoùment.

Emile DE GIRARDIN.

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