‹ Les murailles révolutionnaires (volume 2)Chapitre 96 sur 295 · I.e iHrecUur général proviioire dts postes · texte numérisé non relu

I.e iHrecUur général proviioire dts postes

Etienke ARAGO.

P. S. Les princesses ont été rencontrées près de Dreux, par le courrier de Brest.

Courrier de Nantes, pas de mouvement de troupes.

Je reçois à Tinslimt un paquet de dépèches ministérielles en retard depuis vingt-quatre heures, |)robal)li ment p;irce que leur transport n'avait |)as été possible ou prudent.

Eitrtils desjoarDaux.

Avant tout et par dessus tout, l'union ! r.ous ne cesserons d'exhorter nos concitoyens, de toute notre àme et de toutes nos forces, à la paix et à la concorde. Tant que nous le pourrons, nous élèverons notre voix pour les appeler tous a la défense de l'ordre qui peut seul assurer la liberté. Un seul intérêt doit dominer tous les autres, celui de la commune patrie; nous n'en connais-

sonspoint, nous n'en voulons point connaître d'autres.

C i>t lanscel iiitéiùt sacré que nous appelons tous les bons citoyens à se réunirautour (lu gouvernement établi à donner 1( ur concours entier, sincère, à ceux qui représentent le jirincipe de l'autorité. Nous les engageons tous à aller se faire inscrire dans leurs légions; il faut que tous aujourdhui, nous .«oyons les soldats de l'ordre public.

Il fnut que la France soit unie : il faut qu'elle le soit pour être heureuse et pour être forte, pour être libre et pour être indé|'Cndanlc.

Songeons à l'cmotion inexprimable et profinde que vont jeter dans l'Europe entière les événemenls qui viennent de changer la face de notre pays. Que la France reste digne d'elle-même; qu'elle sache n'inspirer ni terreur par le désordre, ni espérances par la discorde.

Soyons unis , soyons nousmêmes. (Débals.)

Ordre, Liberté, Vérité, ces trois mots dominent la crise présente. C'est la triple condition de la confiance que chacun doit vouloir établir et fortifier dans toutes les classes de la nation.

Nous nous sommes hâtés, pour notre part, d'écarter tout Cl- qui, aux yeux de quelques-uns, aurait pu ressembler à une arrière-pensée.

Point d'arrière-pensée. La France est le seul parti qui soit debout. Tout ce qui est artificiel est mort! plus de

tromperie ! plus de fictions!

La France va être appelée à un vaste coinice. Tous ceux qui ont une pensée, une intelligence, une àme libre , vont pouvoir énoncer leur opinic.n sur la constitution politique du peuple. Nous avions demandé la Réforme, elle va se faire. La nation consultée dira son dernier mot. Tout le vœu que nous avons à exprimer, c'est que ce dernier mot soit la consécnition délinilive de la liberté humaine dans son acception la |)lus large et dans ses applications les plus vraies.

Que tous nos amis se joignent à nous dans cette manifestation solennelle !

comme nous , qu'ils écartent toute idée de parti; qu'ils songent uniquement à la France. On les connaît comme hommes de probité, qu'on les connaisse comme hommes de liberté. Tous les pouvoirs modernes ont péri parce qu'ils manquaient de base ; que la nation tout entière soit la base du pouvoir qu'il s'agit d'instituer pour échap|ier aux faiblesses de l'anarchie. Nous espérons être compris de tous. Nous ne ferons nul obstacle aux hommes qui se sont dévoués à la rude lâche de régler la Hévolution dans sa maiclie; nous leur demandons la liberté , et en retour c'est de nous qu'ils recevront les éléments de l'ordre. Que chacun comprenne son office, et que la confiance soit mutuelle, c'est l'unique moyen de sortir sans malheurs de la crise terrible où vient de

s'ahîmer la couronne arli6cielledc 1830 (/Thiow).

Partout la confiance renaît.

Partout l'ordre se fait.

Partout la circulation se rétablit.

Partout le travail reprend.

Partout s'est fait entendre l'écho des admirables paroles de l'auteurdes Girondins.

Partout le drapeau rouge est abandonné.

Partout se montre le drapeau aux couleurs de la République FRANÇAISE.

I.i; drapeau du tour du monde l'a décidément emporté sur le drapeau du tour du Champ-de-Mars!

A tontes lus boutonnières on ne voit plus que le ruban aux trois couleuis, emblème de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

Le ruban rouge, le ruban du communisme, ne se rencontre plus que pour attester son immense minorité.

Le drapeau tricolore arboré à l'Hôiel-de-Ville a été salué par les plus vives acclamalions.

Les trois couleurs de la République française sont devenues le signe de ralliement de tout ce qui veut le respect de la famille et de la propriété.

Trois bataillons de la garde nationale mobile ont défilé sur les boulcvarts ; ils portaient les trois couleurs.

Il faut (|u'après-demain ils aient des blouses bleues bordées aux trois couleurs, comme la garde nationale belge. Deux jours suffisent

pour habiller ainsi 2,'>,000 hommes. [Presse.)

Nouvelles et Faits divers.

— Une députation de l'opposition de la Chambre des dé|)ntés s'est présentée à rHôtcl-de-Ville pour faire acte d'adhésion au gouvernement provisoire.

— M. l'archevêque de Paris a visité l'Hôtel-Dieu, l'hôpital de la Charité et celui de Beaujon. Le premier pasteur de la capitale portait son costume et sa croix archiépiscopale; il était accompagné de ses grands vicaires et de plusieurs prêtres. Nous l'avons vu parcourir les salles et donner aux blessés sa bénédiction et les consolations de son ministère. Partout, le respectable prélat a été accueilli par les témoignages de reconnaissance et de vénération de la population parisienne.

— Quand le peuple, dans la journée du 24 février, est entré aux Tuileries, il s'est arrêté avec respect devant la chapelle du Château. On raconte qu'un élève de l'Ecole-Polytcchnique a rassemblé les vases sacrés et les a portés au curé de St- Roch, au milieu d'un nombreux concours de peuple qui l'accompagnait la tète découverte.

— Parmi les citoyens qui veillent avec les gardes nationaux au maintien ■de l'ordre et de la défense de nos libertés , on remarque plusieurs marins

dont l'uniforme est vivement applaudi. lin les voyant, on se rappelle les héroïques faits d'armes qui ont illustré les guerres maritimes de la République , et l'on pense à la nouvelle gloire réservée à notre pavillon dans le cas où, pour défendre l'indépendance nationale, nos escadres prendraient encore la mer.

— A la prise des Tuileries, le Peuple trouva dans la chapelle un magnifique Christ sculpté. Le peuple s'arrôta et salua. aMes amis, dit un élève de l'Ecole, voilà notre maître à tous.»

Le Peuple prit le Christ et le porta solennellement à l'église Saint - Roch. « Citoyens, chapeau bas! saluez le Christ ! » disait le Peuple et tout le monde s'inclinait dans un sentiment religieux.

— Une boîte remplie de bijoux ayant été trouvée aux Tuileries dans les appartements de la reine, elle a été portée à la mairie du 3'' arrondissement.

— Il est écrit sur les fenêtres des Tuileries faisant face au pont Royal : Les voleurs seront misa morl. Puis à coté : Palais sous la sauvegarde du peuple.

— 11 y a eu des tentatives de révolte seulement aux prisons de la Conciergerie , de la Force et des condamnés de la Roquette, mais elles ont été immédiatement et facilement réprimées ; les mises en liberté ont eu lieu seulement à la prison de Saint-Lazare, mais la femme condamnée pour l'assassinat

— liô

de la rue des Moineaux est restée prisonnière.

— Le 52" régi ment de ligne devait être désarmé hier, à la mairie du l^'arrotidissement, mais le gouvernement provisoire, pour recompenser ce régiment de la belle conduite qu'il a tenue dans les derniers événements, lui a laissé ses armes et l'a maintenu sur les cadres de l'armée.

Un journal annonce que le bl' de ligne prendra le litre de Premier régiment de la République.

— Le pont Louis-Philippe s'appellera désormais Pont de la licforme.

— Dix jeunes gens ont voulu faire ce soir une manifestation Ic'gitimisle dans le quartier Si-Germain. Le peuple, les vo\*ant tout de noir habillés, avec la cocarde l)l:inclieau chapeau, s'est écrié : Tiens! tims! un enterrement! Ce sont les croquemorts! Ces jeunes gens trouvant le peuple de bonne humeur, onlessayédeleur propagande : 31 es amis! souvenezvous di Henri I F, et proclamez son descendant! Vite Henri V!

Le peuple n'a rien perdu de sa bonne humeur : Eh! comment va-t il, ce clicrpiincc! Il u'tst pas mort? Tant mieux!

Envoijez-lui, s'il vousplait. de nos nouvelles, messieurs! Va-

l-il être content! Henri IV est mort! Vive ta lupubtiqut!

C'est ainsi que le peuple a congédié la légitimité.

Si nous rapportons le fait de ces jeunes gens , c'est pour ajouter qu'en désespoir de cause ils sont allés sans doute se faire enrôler dans leurs mairies respectives, comme l'a fait déjà presque toute la jeunesse du faubourg Saint-Germain.

La légitimité s'est donc convertie à la République :

C'est ce qu'elle avait de mieux à faire ! Henri I V est mort ! vive la République !

— M. Odilon Barrot et sesamis politiques, M. Thiers et les hommes qui marchaient sous son drapeau, JM.M. Billault, Dufaureel les rares soldats de leur petit bataillon, se sont réunis hier, à deux reprises, pour s'entendre sur la conduite à tenir en présence des circonstances graves dans lesquelles le pays se trouve placé. Il a été décidé à l'unaiiimilé , dans celte réunion, que les hommes du tiers- parti, du centre gauche et de la gauche, dont les événements venaient de dépasser tous les projets ei toutes les tendances polili- (|ues, donneraient, sans aucune restriction, leur concours au nouveau Gouvernement. — Un manvlumcnl de

l'.\rehevéque de Paris ordonne un service ï-olenn.-l pour les morts ei une <juél<' pour Ii'S familks iniiiijenles des morts et des blesses.

— D'a|ir6s une mesure ariétée à la riour>e : les engagL'mentsconlratlés lin courant ei (in mars seront tous, pour toutes ses valeurs, compensés au plus bas cours de la dernière bourse. Une mesure analogue avait été prise lors delà révolutionde183().

— On a répandu le bruil qu'une bande armée, soldée par l'étranger, a pom mission coupable d'incendier ul de piller, alin de rép:iiidr.' la terreur et d'animer les populations contre le gouvernement provisoire.

On raconte, également, qu'un grand nombre de malfaiteurs, sortis des ])risons, circulent dans Paris, et songent à se réunir à la bande soldée par l'étiiuiger.

Des renseignements (irécis permettent d'aflirmerqiie les désordres qui ont pu être commis, ne sont le l'an d'aucune association soldée |jar un parti. Il est également certain qu'aucun individu détenu pour délit ou crime ordinaire n'a été mis en liberté, et que le gouveruemcut a pris les mesuri'S les plus énergiques pour prévenir un pareil malheur.

Paris. Typop. fie P:incl(oiic!<e, rric dos Poitevins, 14.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTÉ , ÉGALITÉ , FRATERMTÉ.

ÉTAT-MIJOR GENERAL DE li GiRDE NATIOIXAIE.

Gardes nationaux, Citoyens armés, Peuple de Paris , Jeunes gens des Ecoles,

Vous venez de donner lopins l)el exemple d'Unité el de l'raternitc !

Au nom du pays, au nom de la Répulilique , je vous remercie de votre zèle, de votre admirable tciiue.

Camarades et amis, le monde entier a les yeux sur vous. Restez pour les nations un modèle vivant d'ordre , de force et d'égalité. 11 n'y a plus maintenant qu'une famille dans vos rangs, famille de frères unis par le lien indestructible de la lapuMique.

La revue de dimanche, 27 février, a été le premier triomphe du calme sur la tempête.

Enfants du Peuple, jeunes§e(Jes Écoles, vous tous, courageux citoyens, qui, la veille, aviez écrasé la plus aveuglé', 1^ plus corruptrice de toutes les royautés, je suis fier de pouvoir vous témoigner hautement toute ma reconnaissance. Pour un cœur connut; le mien, le souvenir de parèrls jours de fêle est inellaçable !

Confiez-vous à ma vieille expérience militaire, et comptez sur moi comme je compte sur vos bras, comme je compte sur votre dévouement à la cause que nous avons gagnéfï.

Merci donc encore une fois, citoyens armés, pcnpUî de frères, jeunes gens des Écoles. Au premier appel , soyons tous delioul pour défendre les intérêts sacrés de la patrie.

Le commandant général,

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