‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 102 sur 236 · YVE DANET · texte numérisé non relu

YVE DANET

Ouvrier mécanicien.

Imprimé chez Auguste Veysset, à Clermont-Ferraiid,

AUX ELECTEURS

DU

Département de la Manche.

Citoyens ,

Le peuple, après avoir combattu avec acharnement pendant un demi-siècle tous les principes anti-nationaux des monarchies déchues, est enfin parvenu à conquérir la Lirerté qu'il rêvait depuis si longtemps : une ère nouvelle se lève sur la France; ce n'est plus maintenant aux gens entourés de vieux titres ou à de riches corrupteurs qu'il appartient de donner des lois ; le peuple souverain seul doit se les imposer.

Une Assemblée Nationale doit se trouver ajDpelée sous peu dejours à instituer les lois qui doivent asseoir sur des bases solides notre Jeune République, et assurer principalement le sort de la classe ouvrière, tant pressurée par l'agiotde la monarchie déchue.... Peuple . songes y bien , si tu veux avoir des institutions fortes, un gouvernement populaire et respecté des Nations, ce n'est pas à des hommes changeants et sans patriotisme que tu dois donner ta voix, car ces hommes n'ont pas craint de prostituer l'honneur de la France, en soumettant notre vieux Drapeau aux influences étrangères; non, ce n'est pas à eux , mais à des hommes nouveaux et courageux , sortis des rangs du Peuple , car ceux-là ont connu tes soullranccs en y participant, et seuls ils comprennent bien ce qu'il te faut pour te procurer le Bonheur et la Liberté.

Frères, je suis un des vôtres, car, habitant parmi vous depuis ma plus tendre enfance, j'ai pu bien connaître vos besoins et participer à vos douleurs; je suis aussi des vôtres, car je suis travailleur, professant depuis longtemps la carrière maritime, qui, certes, peut se glorifier ajuste titre de ses pénibles labeurs.

Je m'attends, en m'olfrant à vos sulfrages, à blesser la susceptibilité de certaines personnes, mais, fort de ma conscience et de l'intention qui me dirige, je ne crains rien si ce n'est de ne jamais assez faire pour vous, dans le cas où j'aurais le bonheur de vous représenter à l'Assemblée Nationale.

Comme tous mes vœux tendent au bien-être général de la France, je m'y emploierai de cœur et d'âme en demandant :

1° Des invalides pour les ouvriers, l'amélioration du sort des travailleurs par 1 organisîiticn du travail, mise en rapport avec leurs besoins actuels;

2° Une éducation pour tous les enfants du Peuple, assise sur les bases d'une sage démocratie, ces enfants étant destinés plus tard à posséder delà j^répondérance en matière politique ;

3° La révision complète du code pénal et des règlements maritimes, remplis , comme chacun le sait, d'une infinité d'abus.

La liberté des cultes, pleine et entière liberté de la presse, sans aucune e spèce de censure, et droit de sulFrages à tout citoyen ayant atteint l'âge de 21 a ns,lels sont mes principes, tels ils seront toujours ,

Salut et Fraterniiê,

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