RENAUDEAU
Sous-officier de marine.
Imprimerie fie NOBLET.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté, Égalité, Fraternité.
Car nous attendons, sel.iu'la promesse du Seigneur, de nouveaui cieux et une nouvelle Icrre oii la justice habitera.
(Ile épître de saint Pierre).
CITOYENS
Un vaste et lumineux système, embrassant toutes les relations sociales depuis le berceau jusqu'à la lom])c, et les ordonnant selon les divins principes de la liherlé, de l'éj/nlilé et de la fvalernilé, a été révélé à l'humanité par la puissance du génie de Fourier. Ce système, outre tle nombreux ouvrages de librairie, a pour organes une revue mensuelle, \i\. Phalange ^ et un journal quotidirn . la Démocra lie pacifique. Le conseil de direction de ce journal, constitué en comité électoral central, a rédigé et publié, à l'occasion des élections pour l'Assemblée constituante, le manifeste suivant : (1) « Depuis plus de dix ans. Concitoyens, je suis irrévocablement acquis à ces idées; jeteur ai fait avec bonheur le sacrifice de ma position sociale, de mes veilles et d'une partie notable de ma fortune; et jusqu'à leur avènement définitif et leur incarnation dans les faits, et les institutions qui doivent amener sur la terre le royaume de Dieu cl sa justice, je leur consacrerai ma vie entière. » Ce manifeste étant l'œuvre collectiv<^ de l'Ecole sociétaire, dont je suis un des membres, est ma profession de foi. En faire une autre ne serait que reproduire en termes alfaiblis et décolorés les grands principes qu'il contient. Je m'en abstiendrai, parce que je veux écarter tout malentendu, et qu'il soit acquis et établi pour tous, que si vous m'accordez vos suffrages, ce ne sera pas l'homme qui les aura obtenus, mais l'idée sociale qu'il représente.
Salut, fraternité et dévoûment.
Mars 18i8.
PÉTRUS DEBOUDACniER,
Avocat à Chàtelus.
(1) Voir le Manifeste électoral àQ la Démocratie paci/ique, p. 3^9, des Murailles révôlutioQuaires.
A MM. les Électeurs du département de la Loire-Inférieure.
CITOYENS
C'est surtout dans les momens difficiles que tout homme de cœur se doit à son pays ; s'effacer dans les grandes crises, et attendre, pour reparaître, des jours plus faciles, ce peut être pour les ambitieux une habile tactique; ce ne sera jamais le fait d'un bon citoyen. Je viens donc mettre à votre disposition, à celle du pays, ce que j'ai acquis d'expérience dans dix années de vie parlementaire, et aussi tout ce que je puis avoir d'intelligence, de résolution et de dévoùment.
Vous connaissez mon passé; j'ai, jusqu'au dernier jour, fait une opposition énergique à cette politique d'abaissement et de corruption contre laquelle la nation a fini par se soulever tout entière.
Mon avenir sera net comme mon passé; si j'entre à l'Assemblée nationale, ce sera pour y travailler résolument, efficacement à la fondation régulière et définitive en France du gouvernement républicain. Rêver une restauration monarchique serait insensé; il faut savoir accepter virilement, sans arrière-pensée, les faits inévitables. Pour les hommes politiques qui, avant le 2/t février, préféraient la monarchie, tout autant que pour ceux qui, dès lors, se préparaient à la république, pour tous sans distinction désormais, en face de ce que nous avons vu, de ce que nous voyons chaque jour, la question doit apparaître irrévocablement résolue. Quant à moi, j'en ai pris loyalement mon parti ; je suis convaincu que, profitant des leçons du passé pour en éviter les fautes et les malheurs, nous pouvons, à force de raison et de courage, vaincre les difficultés qui nous assaillent, résoudre les questions sociales qui ne sont devenues menaçantes que parce qu'on les a trop négligées, et doter définitivement notre pays d'un gouvernement démocratique à la fois fort et tranquille.
Celle grande œuvre doit être l'immense tache, elle sera l'éternel honneur de la future Assemblée nationale : c'est en la menant à bien que nous donnerons au monde ce nouveau et magnifique spectacle d'une république de trente-cinq millions d'hommes s'organisant, au sein de la vieille Europe, pacifiquement, sans violencp, par le seul ascendant du bon sens et de la liberté.
Si, pour ce patriotique travail, qui ne sera certainement ni sans périls ni sans gloire, vous me croyez un ouvrier utile, disposez de moi; si vous en trouvez d'autres que vous ji^giez plus capables, préférez-les sans hésiter; élu, mes efforts, non élu, mes vœux sont acquis à cette gigantesque entreprise dont à la fois vont dépendre et la grandeur et la félicité de la France.
Votre dévoué concitoyen, BILLAULT.
Paris, 11 mars 1848.
Paris. — Imp. Lacour et Ce, rue Soufïlot, 46.
AU PEUPLE
Les rois ont méprisé les lois divines et humaines et ils ont attiré sur leurs têtes un châtiment foudroyant. On peut leur appliquer en l^ou(es lettres ces paroles du prophète : Je n'ai fait que passer, ils n'étaient déjà plus!
Les rois s'étaient appelés les pères du peuple et ils ont révolté le peuple par leur indifférence pour lui, indifférence que d'odieux ministres avaient traduite en injustices, en oppressions de tous genres.
Les rois ont trahi leurs devoirs et ils ont été trahis à leur tour.
Les rois s'étaient entourés comme d'une barricade de fidèles au prix de l'or. Ils leur avaient dit : Veillez à notre repos, à notre sûreté ; travaillez en notre lieu et place; laissez-nous dormir en paix, nous vous comblerons de biens et d'honneurs. Et les fidèles entretenaient ce long sommeil des rois, pressurant à leur profit le sang et les sueurs du peuple.
Or, le peuple voulut remplacer par d'autres barricades les barricades derrière lesquelles se retranchaient les rois. Les grands, gorgés d'or , ont fui.
Les rois, les princes, réveillés en sursaut, ont fui. Le peuple est resté debout.
Peuple qui , avec le secom^s des traîtres , avez vengé vos droits méconnus et qui avez puni la coupable indifférence du pouvoir envers vous, mettez bas vos armes, maintenant, afin de ne pas les tourner contre vous. — Recueillez-vous. Qu'allez-vous faire? Vous ne savez ! Eh bien ! laissez faire ceux qui ont eu une si grande pitié de vos souffrances, qu'ils vous ont inspiré le courage du triomphe. Entourez-les de votre confiance, ils vous entendront, ils vous consulteront sur vos véritables besoins. Parlez-leur avec calme, ne jiarlez pas tous à la fois, laissez-leur le temps nécessaire pour peser la justice de vos demandes. Le temps est l'étofïe dont se font les choses; elles ne marchent pas comme par miracle, et votre impatience vous précipiterait, rongés des mêmes remords qu'eux, dans la géhenne où vous avez précipité les souverains. Ils ont manqué envers vous. Ne vous manquez pas à vous-mêmes. Ne soyez pas coupables à voire tour. Peuples, les nations vous regardent. Craignez les méchants qui alteudeiit une mauvaise issue de ce nouvel ordre de choses. Dieu vous regarde aussi, et s'il punit les rois indifférents, il punit les peuples ingrats.
Marie M.
Voir la Voix des Femmes, du 20 mars 1848, pag. 2, col. 3.
AUX ELECTEURS
DÉPARTEMENT DE SEINE-ET-OISE
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Messieurs
Je vous ai fait connaître ma candidature ; je dois vous dire à quel titre je réclame votre suiFrage.
Fils d'un pauvre cultivateur, je dois à rafFection d'un bon et vénérable prêtre l'instruction que j'ai reçue.
La grande armée m'a trouvé dans ses rangs, et pendant les neuf dernières années de l'Empire, j'ai combattu pour la liberté et la défense du territoire.
Lesépaulcttes que j'ai gagnées sur les champs de bataille me donnaient le droit de me retirer, j'en usai en 1814, ne voulant point servir un gouvernement imposé par l'étranger. Rentré dans la vie civile, j'ai toujours hautement professé des opinions constitutionnelles, à celte époque où une telle manifestation n'était , pas sans danger.
J'ai salué 1830 avec enthousiasme , je pensais que le gouvernement de Juillet pouvait nous donner cette liberté si chère à notre patrie. Il ne l'a point voulu, sa chute est l'reuvre de son aveuglement.
Si ces mois Liberté, Egalité, Fraternité, sont le résumé des idées républicaines, j'ai toujours été el serai toujours républicain.
Au sortir des camps, ma vie tout entière a été consacrée à l'instruction, soit comme maître de pension, soit comme sous-inspecteur des Ecoles ; fonctions modestes, mais qui m'ont donné le précieux avantage de connaître les habitants des campagnes, et de mieux apprécier leurs besoins.
La France altend des institutions nouvelles quigaranlissent à jamais les hbertés qu'elles vient de conquérir. Des impôts sont à supprimer ; d'autres, qui pèsent Si lourdement sur le modeste champ du pauvre, sont à modifier ; l'Assemblée nationale y pourvoira.
Représentant du peuple, si j'obtiens vos suftragcs, je concourrai à ces grands résultats avec énergie, avec persévérance.
Salut et fraternité,