L. REGNAULD
Sôtis-inspecteur de l'instructiou primaire.
Iiaprimerie de Henauyer et G», 24. Balignolles.
La lettre suivante a été adressée par M. John O'Connell à M. Alexandre Andryane, délégué du Gouvernement provisoire au Ministère de l'intérieur :
Paris, i Mars 1848.
Mon cher monsieur Andryane,
J'ai été heureux de déposer en vos mains, au ministère de l'intérieur, une lettre adressée au citoyen Ledru-Rollin, dans laquelle j'avais renfermé une petite olï'rande pour les blessés et les fils des morts de vôtre glorieuse révolution. Ma joie a été grande de voir le défenseur de la cause italienne, le martyr de Spiclberg, que mon bien-aimé père estimait, aimait comme un des apôtres de notre religion et de l'humanité, de le voir, dis-je, se dévouer à la grande ceuvre de la régénération du monde, par l'établissement de la République française. Car votre intervention est un gage de sécurité, de loyauté, de modération et de désintéressement aux yeux de tous les hommes consciencieux et honnêtes.
Recevez donc, cher Andryane, au^nom de tous mes compatriotes, au nom de mon père, mes félicitations sur la spontanéité que vous avez mise à vous ranger sous la bannière de la liberté dans cette occasion solennelle.
Vous terminerez ainsi votre carrière, comme vous l'avez commenc'ée, par le plus digne des sacrifices à la cause sacrée que tous les hommes de cœur et de foi doivent défendre. Vous êtes un symbole de l'ordre, et c'est ainsi que votre présence sera jugée et acceptée, non-seulement en France, mais dans tous pays.
Si j'ose dire un mot pour moi-même, c'est que je partage de tout ipon cœur, que j'hérite, pour ainsi dire, des sentiments d'aHeclion et d'admiration que j'ai toujours reconnus à mon cher j^ère quand il parlait de vous. Votre cause et la sienne sont les mêmeSj celles de l'ordre, de la paix, de la vraie liberté chrétienne, et il jouira de leur triomphe du haut des cie^x.