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AUX OUVRIERS

Citoyens ouvriers,

La Républigue veut et désire le bien de tous; or. il serait urgent, il me sem" ble, que chaque corps d'état eût des assemblées afin de délibérer sur les moyens à prendre pour l'organisation du travail et l'amélioration de la classe laborieuse de la grande famille.

Ces assemblées auraient pour but , en même temps , de porter à la connaissance du gouvernement républicain les abus et les réformes devenues nécessaires dans chaque branche d'industrie : chose que le gouvernement ne saurait faire efficacement qu'avec le concours de chaque^ corps d'état.

Un tarif consciencieux serait également rédigé par chaque corps respectif ; de manière pourtant à contrebalancer la concurrence étrangère.

Mes très chers collègues, vous avez déjà compris ma pensée. Je n'ai pas besoin de la développer davantage. Que tout intérêt privé disparaisse devant les grandes questions d'intérêt général; que toute haine , que toutes ces pitoyables dissensions dans un môme corps d'état disparaissent également devant ces sentiments sublimes de liberté , égalité , fraternité , apportés à la terre par le Christ, si longtemps méconnus et aujourd'hui si glorieusement reconquis.

Assemblons-nous donc, et faisons régner dans nos assemblées l'ordre , la sagesse et l'amour ; alors au lieu d'être un sujet d'entrave à la marche toute paternelle du Gouvernement, nous deviendrons, au contraire , un de ses plus forts soutiens. Ne le fatiguons pas, non plus, par une foule de demandes partielles et inutiles. Tout ne peut pas se faire à la fois : qui trop veut avoir finit par ne rien avoir du tout. Que nos demandes soient générales et justes; craignons surtout de lasser ces honorables citoyens qui sont à la tête des affaires , par vos obsessions, et qu'ils ne vous abandonnent à vous-mêmes, ce qui serait sans contredit le pire de tout.

Je termine en signalant à l'autorité supérieure un fait qui me nafre le cœur, et que je ne puis passer sous silence : c'est la manière humiliante dont on distribue des secours aux ouvriers sans travail. Celte manière aristocratique de faire attendre les ouvriers à la porte de la Maison-de-Yille, est One injure à la classe ouvrière. Pourquoi ne pas leur épargner celte liumiliation publique : ne pourrait on pas trouver un moyen plus convenable de distribuer ces secours .> Dans une des salles de la mairie , par exemple, ne serait-ce pas plus convenable que de les humilier publiquement.

Rappelez-vous que l'ouvrier veut gagner sa vie honorablement, et s'il est forcé par la nécessité d'accepter un secours , il ne prétend pas le recevoir à titre de mendiant de profession.

Nous en sommes justement indignés , et dùt-il nous eu couler la lil>erté et la

vie, je proteste contre ce mode de distribution anti-démocratique et injurieux à la classe ouvrière.

J'ose espérer que notre honorable Commissaire du Gouvernement voudra bien prendre cela en considération, et que les secours seront donnés à l'avenir avec plus de délicatesse, l'ouvrier se trouvera alors honoré et secouru, et pourra crier avec joie du fond de son cœur : Vive la République!

Ch, BRUYAT, puvrier relieur, Marseille, le 11 mars 1848.

ChEUS citoyens TRAYAîUEURS et INDCSTIELS du PUY-DE-DOME,

La démonstration qu'op a faite en ma faveur, en m'appelant à remplir le mandat de représentantnational, m'honore. J'en adresse ici l'expression de toute ma reconnaissance.

Homme pratique du travail, né du peuple, sans fortune, ami du travailleur, en lutte continuelle avec les mauvaises chancos, j'ai soutenu avec honneur l'esprit d'indépendance et d'égalité; ouvrier, la politique n'a occupé que peu d'instants ma vie ; je n'en ai jamais eu le loisir; je voterai pour que nos frères s'y puissent employer désormais.

Ami sincère de la raispo, de l'égalité et de la fraternité, c'est pour elle que ma conscience a toujours parlé, criant vengeance à l'injustice.

Je veux le respect absolu à toutes les propriétés ; nulle c^mbition que cellç de rhonncur et de la gloire.

Liberté illimitée de la presse et des cultes.

Humanité, secours et protection aux malheureux et l'organisation du travail.

Je serai henreux encore de concourir aux autres améliorations, créations et changements sans nombre qne je passe sous silence, et qui sont attendus de vous tous.

Rien que de rationnellement juste dans mes sentiments ; vous le voyez.

D'opinions et de résolutions fermes, les difficultés jirésentes ne m'effraient pas.

A la cause de la République, à sa patrie, la France, on doit §es connaissances, son temps et sa vie.

Telles sont, cliers compatriotes, mes opinions; je les exprime en travailleur, peu habile à écrire.

Chacun ici-bas son mérite.

Si cet exposé de ma vie et de mes opinions vous sont un gage pour l'avenir, réalise/ le rêve de ma vie; j'y répondrai par ceci : Tout par vous et pour vous, cœur et idéeSk

Votre compatriole» SOULIAC,

Travailleur industriel a Clennoot-Fierraûd,

Çlermonl, imp. de Thibaud-Landriot, frères."

AUX ELECTEURS

Du département de Seîne-cl-Oise.

Citoyens ,

Quiconque se présente à vos suffrages vous doit compte de ses sentiments et de ses principes. Voici les miens ;

Tout pour l'avenir, rien pour le passé; on gouverne avec des espérances, jamais avec des regrets.

Le cercle de nos devôit's est tracé dans les trois mots inscrits sur nog bannières nationales : LIBERTÉ, ÉCxALlTÉ, FRATERNITÉ.

LIBERTÉ, c'est-à-dire, l'exercice absolu de ses droits et de sa volonté, sans oflfense pour les droits et la volonté d'autrui : la propriété de soi-même, reconnue et protégée par la loi.

ÉGALITÉ, c'est-à-dire, abolition de tous ces faux privilèges qui n'ont de racines que dans l'orgueil. Il n'y a, et il né peut y avoir de supériorité chez les hommes qite celle des vertus et de l'intelligence. Les esprits éclairés sont les tuteut-s naturels de ceux qui le sont moins. Ce n'est pas un titre, c'est un bonheur, et leur unique prérogative est de veiller de plus près que les autres aux intérêts de leurs frères.

FRATERNITÉ, c'est-à-dire, la vie de famille appliquée à l'humanité, l'Évangile prêché et consacré par la politique, l'amour de tous pour chacun, et de t;haCun pour tous.

Puisque je parle de famille, il est superflu d'ajouter que je regarde comme ifiviolâble le droit de posséder, et de transmettre ce qu'on possède. Sans le t-espcct de la propriété, il n'v a point de société possible, par conséquent point d'État.

Contribuer à faire passer ces idées dans la charte constitutive de la France, qui sera sans doute un jour celle du monde, est aujourd'hui ma seule ambition.

Indépendant sotis la monarchie, près de laquelle je n'ai rien sollicité, et dont les offres ne tii'ont pas séduit, j'ai constamment vécu dans la retraite et le travail. Quand la Pologne se leva pour s^ifranchir, j'allai lui demander dans ses dangers une place; qu'elle ne me refusa pas. J'obtins de coniballle avec elle et pour elle ; c'est la seule faveur que j'aie jamais reçue. Je n'ai pas quitlé depuis tnon tnétier d écrivain, et, mûri par l'étude, je serais heureux de mettre au service de la République ce que j'ai pu acquérir de lumières et dexpérience.

Je serais surtout, citoyens, fier de vous devoir cet honneur» et je sollicite avec confiance uh mandat, que je crois pouvoir défendre avfc courage.

Jules LE FÈVREDELMIER, Propriétaire à V Jbbaye-du-Val, en ce moment à Paris^ 3 > ùllée d'^ntin.

12 mars 18Zi8.

Paris. — Irap. Gerdês, 10, rue Salrll-Gerrriciiii-dcs-Prés.

OBRIOT , AVOCAT

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