DÉPARTEMENT DE LA CORRÈZE
COMP.MRIOTES,
Depuis dixJuiit ans je suis républicain et pauvre, par suite de républicanisme. Je ne vois pas, parmi vos candidats, huit citoyens qui puissent en dire autant, Voilà pourquoi je vous prie de me nommer représentant à l'Assemblée nationale.
Salut fraternel.
PHILIPPE-LAVERGNE (de Brives), Ancien chef de section dans la société des Droits de l'Homme,
CITOYENS DES lUUTES-PYRÉNÉES!
Prr décret du 5 mars 18/i8, le Gouverneniciit provisoire delà Répiil)lif(iie, déclare éligiblcs Ions les Français âgés de 25 ans et non privés ou suspendus des droits civiques. Par des proclamalions chaleuieuses, ce même gouvernemeal a lait un appel général à tons les vrais j)ati iotes.
A cet appel, il n'est pas un cœur qui n'ait vivement palpité; il n'en est pas un qui ne soit jaloux de payer son trihut à la patrie.
Les hommes les jdIus paisibles, les plus modestes, les plus étrangers jusqu'à ce jours aux passions politiques, se sont émus; ils se sont senti enlever, pour ainsi dire, de la sphère ordinaire de leurs habitudes, de leurs idées, lorsqu'ils ont entendu la voix majestueuse de la France proclamant la liberté.
Je suis du nombre de ces hommes. Jusqu'à présent j'avais cru la République impossible, parce qu'il me semblait que nous n'étions pas encore assez purs pour être adoptés par une mère aussi vertueuse. Les événements ont donné un éclatant démenti à mon opinion.
Citoyens! quand on veut arriver à la députation, il n'est rien de plus facile que de faire une profession de foi qui résume plus ou moins fidèlement le passé, le présent, et qui promette en même temps des garanties plus ou moins durables pour l'avenir. Malheureusement il vous est démontré qu'il n'est pas aussi facile de résister aux entraînements du pouvoir.
Citoyens! assez d'autres sans moi se présenteront a vos suffrages ; ils posséderont à un plus haut degré les avantages de la fortune, d'un nom plus connu, une plus vaste érudition, une élocutionplus facile, mais nul n'apportera plus de franchise, de fermeté, d'indépendance et de sincérité dans l'accomplissement de son mandat. Nul ne veut plus que moi, l'ordre, la liberté, le respect des personnes et des propriétés, un gouvernement ferme, puissant, protecteur de tous les cultes, ennemi de tous les abus.
Oui, assez d'autres sans moi seront à même de pouvoir livrer à l'examen le plus rigoureux, leur présent, leur passé, qui, dans ces graves circonstances, doivent servir de thermomètre à l'élection; mais nul n'aura moins à craindre le résultat de cet examen.
En ajoutant mon nom à ceux qui vous seront offerts, je ne change rien à l'embarras du choix. Je remplis seulement un devoir. Maintenant sera-ce trop présumer de moi-même que de me considérer comme une spécialilé susceptible de représenter le commerce et l'industrie? — C'est ce que m'apprendra voire vote.
Citoyens! je ne dirai pas, suivant la vieille formule, que je sollicite l'honneur de la représentation nationale; non, je dis, tout simplement, que je l'accepterai si vous m'en jugez digne.
Toute mon ambition consiste à mériter de plus en plus ma réputation d'honnête homme. Je suis indépendant et libre, dégagé de toute iniluence. de tout intérêt de famille. Quels que soient les événements cachés dans l'avenir, je m'estimerai heureux de consacrer au service de la patrie les jours que le ciel me réserve.
J.-P. CASTAGNÈRE, Çagnères, le 12 mars 1848. Propriclaire, ex-président du tribunal de commerce,
PagpèreSj typ. de J.-D. Possun,
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AUX ÉLECTEURS