GABRIEL SALVADOR
Capitaine d'artillerie.
J'espère votre suffrage aux élections municipales de Marseille. Je croîs posséder la raison et l'énergie des amis de Tordre. En économie et en commerce ma capacité a été prouvée par divers^ projets utiles et surtout par celui relatif aux encaisseme ils des elTels du commerce par les r«'ceveurs généraux, lequel a produit un des plus puissants secours. Les besoins de notre cité ne sont pas entièrement inconnus, il y a beaucoup à faire.
Je professe un culte véritable pour les art,s , et à regret, je les vois réduit au néant dans Marseille, la voisine d'Italie. Notre dessin doit être mieux combiné avec le temps des enfants des ouvriers. Notre Conservatoire doit enseigner : la composition et les instruments rares et principaux, en outre de la vocale. Enfin il doit cesser d'être succiirsalcde Paris pour, au besoin, s'érijer en rival de Paris.
Dieu... Patrie... Travail...
MÉNÉCIER, fds.
AUX ELECTEURS
du dcparlemcnt des Bouclics-du-îlhône.
Citoyens ,
Je me présente comme candidat à la représentation nationale. Mes amis savent que j'accomplis ainsi un devoir de confraternité et de patriotisme auquel j'obéis presque à regret, lorsque je com^^arc l'immensité de la tâche à mon insulfisanc(\
Toutefois, si des traditions de famille nettement républicaines, si la sincérité et l'énergie des convictions, le dévouem-ent absolu à la cause du Pays; si trente ans de lutte obscure, mais implacable, contre les tendances égoïstes et rétrogrades des royautés déchues; si tiente ans d'inaltérable fidélité à la cause du libéralisme et du pro;^rès social, à ce noble étendard de 89 que les Lafayette, l"s Manuel, les l'\)y, les Dupont (de l'Eure), ont tour-à-tour et si noblement porté devant noire génération heureuse et fière de les suivre; si, de plus, une vie simple el laborieuse, l'orgueil e( l'amour de l'indépendanre, l'orgueil aussi d'un désintércssemenl qui défie jusqu'aux investigations de l'inimilié, sont des' titres pour nie conciuérir votre confiance : je crois avoir droit à vos sympathies.
(Quelques mots sufTiionl à ma profession de loi, puisque aussi biim je n'ai pas dissiniuli' (juels sont les /*c;rs de mon église.
l'onder le (louvernement démocratique sans préoccupation du passé, sans crainte de l'avenir (|ui nous appartient tout entier, l'or^ aniser largement par une application loyale, hardie, a\entureuse même au besoin de notre triple dogme, Liberté, Egahlé, Fraternité, dogme fécond, admirable trilogie empruntée tout
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entière à la rrligion de nos pères H qui contient dans ses flancs le dernier mol de Dieu sur l'humanilé. 11 ne s'agit que de l'en faire sortir.
Aborder sans témérité, comnie sans faibK'Sse, les formidables questions sociales que les barricades de Février ont dressées devant nous, marcher droit aux solutions, et faire sans peur, pour être sans reproche, le triage de ce qui est praticable et ce qui ne l'est pas.
Ceci doit être pour tous une affaire de cœur; nos frères malheureux attendent ; les heures, les minutes se comptent par leurs souffrances ; le retard serait une impiété.
Protéger la famille et la propriété qui n'est qu'une annexe de la famille, ne pas souffrir qu'on y touche de près ou de loin, car la lamille vient de plus haut, et les vaines disputes de l'homme ne prévaudront pas contre elle.
Soumettre notre édifice administratif à une révision attentive et consciencieuse avec l'inlention arrêtée d'en simplifier les rouages et d en harmoniser l'ensemble avec les principes démocratiques qui sont appelés à régir l'avenir du pays, simplification est ici comme partout synonyme d'économie. II ne faudra donc reculer devant aucun des perfectionnements , aucune des améliorations qui seront indiqués par la réflexion et Texpérience, nous travaillerons sous les yeux de l'Europe, et nous lui devons un modèle.
Voilà mes intentions, voilà la fin suprême de ma volonté, et je suis décidé à ratt( indre en dépensant jusqu'au dernier effort de mon intelligence et jusques à la dernière goutte de joion sang.
H. MENGTN,
Avoué à Tarascon.
Marseille.— Typ. Barlalicr-Feissat et Demonchy.
ALX ELECTELUS
DES BOLCnES-DU-RnÔx\E,
CONCITOYENS
Je suis enfant de Marseille. 36 années d'une vie toujours laborieuse et honnête, constamment traversée par des détails infinis, dont il est inuiilede vous entretenir ici.
Mon panégyrique est connu. Naturellement républicain, c'est vous dire que j'ai souffert tiu gouvernement déchu.
Homme du peuple, plein de coeur et d'amour pour ma Patrie, je viens dans ce moment difficile vous ollrir mes capacités et mon pxpcrience, qui seront, je l'espère, des garanties sûres pour le bien de tous, car mes principes ont toujours
eu des tendances à un rég^ime national ; mon Traité sur l'organisation du Travail
le prouve.
Je voudrais que les Représentants du Peuple, à l'avenir,' ne s'occupent que de la Patrie, et ne reprennent leurs fonctions publiques qu'après un temps fixe ; les militaires seulement reprennent leurs grades et suivent rigoureusement le tableau d'avancement.
Ceux des députés qui seraient aptes à remplir des charges près du Gouvernement ne pourront y avoir accès qu'après deux années à dater de l'expiration de leur mandat.
Je suis de ceux qui se vouent à la République sans ambition personnelle.
Je demande le développement de toutes les libertés sociales et politiques, la liberté de conscience, la liberté d'enseignement, la liberté d'association et la liberté religieuse. Je demande enfin que la République et la liberté n'aient qu'un même sens , ne soient qu'un même tout, inviolable et sacré.
Je demande que l'instruction gratuite embrasse toutes les connaissances nécessaires au développement de l'intelligence humaine.
Je connais les peines et les privations du Peuple; mon but sera d'atteindre toutes les misères et d'y apporter un soulagement si longtemps relardé par les impôts qui pèsent sur les premiers besoins de la vie.
Ami (le l'ordre, qui est indispensable au bien de tous, je demande le respect à la famille et à la propriété, ce qui est le symbole d'un bon républicain, et qui n'inspire de crainte qu'aux esprits mal faits, car la République se fait aimer par les vertus et les honneurs. Enfin, elle doit se composer de tous les creurs animés du saint amour de la Patrie.
VIVE LA RÉPUBLIQUE
J.-M. DECANIS, Tapissier.
Marseille. — Imprimerie do P. Chauffard, boulevard du Musée, 21, l'entrée rue des Ïrois-Mages, 2.