‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 156 sur 236 · LÉGION POLONAISE · texte numérisé non relu

LÉGION POLONAISE

Le Gouvernement déchu, complice et agent officieux des oppresseurs infâmes et cruels de la Pologne, a fait tout ce qu'il a pu pour nous diviser, nous disperser et nous enlever les moyens de servir notre patrie : Fidèle à son odieuse politique, il était le plus puissant suppôt de la Sainte-Alliance.

Le gouvernement de la Répul)lifpie doit en répudier l'Iiéritagc; il ne veut pas non plus s'enfermer dans des phrases d'une sjTiipaUiio stérilQ. 11 vient donc de donner une preuve éclatante, en nous permettant de former une légion polonaise en France, qu'il ne ressemble point à son devancier.

Nous accueillons cette mesure avec lapins vive reconnaissance, et nous faisons les vœux les plus ardents pour qu'elle reste toujours digne de la République française et de nous.

Mais à aucune condition, ni sous aucun titre, celte légion ne doit et ne saurait accepter la position d'une cohorte stipendiée, capable de devenir par une obéissance passive l'instrument aveugle d un parti qui pourrait un jour implanter son dfapeaupar la violence, autant vaudrait pour nousreâter abaudonnés à notre ancienne dispersion, à notre ancien isolement! ii:i.] .

La République française, par son arrêté du 10 mars, sang rien préjugflt [«ur l'avenir, en nous autorisant à nQ7is associer en un seul corps, rend à celte hospitalité, dont nous jouissons déjà depuis tant d'années, son caractère primitif, },& caractère d'alliance, de solidarité et de fraternité entre deux peuples. ;> 1

En nous unissant et en nous organisant dans une seule légion, nous pourrons mieux nous connaître, mieux nous apprécier mutuellement, mieux h/îrmoniser nos opinions et nos efforts , et en même temps nous pouvons plus facilement déjouer les menées des agents monarchiques et aristocratiques qui fourmillent parmi nous. ' '

Par l'effet de ce précieux avantage, nous seix)ns mieux préparés pour serùr notre patrie et l'humanité; car la dispei^ion et l'isolement ont toujours eu pour nous de fatales conséquences. '

Déjà quelques partis rétrogrades, entrevoyant aveô leurs instincts conserva tour s les résultais inévitables de la formation de la légion polonaise, s'agitent et fomentent audacieusement des intrigues pour annuler une mesure digne de la République française. Mais nous sommes convaincus que toutes les démarches de ces fauteurs de discordes ne recueilleront que la confusion, Anu-< »

Le Gouvernement de la Ré'oublique, en appliquant son principe divin de fraternité à l'émigration polonaise, ne voudra point imposer des chefs à notre légion, il nous laissera les élire librement , sans nous gêner en rien, pas même dans la faculté de les révoquer et de les remplacer spontanément, par d'autres

de notre propre choix, sans cela nous ne verrions pas de garantie ni de possibilité garantie contre tout emploi de cette légion qui j^ourrait être indigne de nous et indigne d'une République basée sur la fraternité.

Nous croyons donc, et nous espérons fortement, que le Gouvernement de la République saura nous assurer une position telle que nous ne puissions plus jamais devenir, comme du temps de l'empire, ni la chair à canon, ni Vinslrnment d'un système anti-populaire.

Point de chefs imposés à aucun titre ni à aucun degré, point de privilèges pour nos chefs, ni en traitement, ni en durée de commandement, ou point de légion polonaise !... Car nous sommes tous frères, et nous ne devons plus accepter ni soutenir aucun autre système, ni aucun autre régime que celui qui est consacré dans la devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité et Unité!.., Arrière tout mensonge, tout privilège et toute déception!...

VIVE LA RÉPURLIQUE.

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