‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 163 sur 236 · CITOYENS DE LA CHAPELLE · texte numérisé non relu

CITOYENS DE LA CHAPELLE

Depuis deux jours un club, dissimulant son Lut, jette l'inquiétude parmi nous. Dès son origine, nous avions cru assister à une réunion préparatoire ayant pour effet le choix des candidats aux élections prochaines , mais nous avons de suite reconnu notre erreur.

Le système républicain a pour principe l'ordre, et pour base le respect des propriétés et des personnes, et chacun de nous sait ce que veulent les communistes et quel respect ils professent surtout pour la propriété.

Ce club n'est cependant autre chose que le communisme dans toute son étendue, qui, sous l'apparence du bien général , déguise ses véritables desseins , car il n'est que le renversement de l'ordre et de l'édifice social; c'est plus encore, c'est le malheur et la misère de tous.

Le bon sens public et la juste répulsion de tous les honnêtes gens ont déjà appris à ces novateurs qu'ils ne trouveront point d'adeptes dans la société réiléchie et raisonnable, et que leurs idées ne sont que des chimères dont la pratique est à jamais impossible.

Tous les bons citoyens doivent unir leurs efforts pour empêcher de pareils manifestations; que tous les travailleurs, nos frères, ne se laissent point abuser par des théories qui ne feraient que leur ruine, et se rendraient, en les appuyant ou approuvant, indignes de la protection si généreuse du gouvernement de la République et de tous les citoyens.

Ce mot Club efiraie tout le monde par de sanglants souvenirs. Eh i)ien 1 ces apôtres nouveaux veulent allier noire sublime Révolution à la Terreur , et nous nous la voulons pure de tout excès , nous ne voulons pas la laisser rétrograder de 60 ans.

Dites-nous, citoyens, de quel côté sont les vrais et loyaux Républicains? Votre choix en notre faveur n'est pas douteux.

Unissons-nous donc pour repousser de perverses maximes, substituer l'Ordre à l'Anarchie, ramener la confiance et non l'éloigner ; notre existence matérielle et politique dépend de notre sagesse et de notre fermeté.

Montrons à l'Europe, au monde entier qui nous regardent, toute la valeur des Républicains français, et qu'enfin nous sommes dignes d'être vraiment libres !!!

GODARD (Charles).

La Chapelle, le 16 mars 1848.

V. Le Populaire du ti raai-sl848, p. 3. Art. Calomnies coiilro 1.' ooin iiunBiUc'. M. du io mars 184S, p. 3, col. l'"^" pour l'organisation du club de laCiiapollo.

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