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DÉCLARATION DE PRINCIPES

ADOPTÉ A l'y MN IMITÉ MU U SÉAEE DU 6 MARS 1848.

Le succès a couronné nos luttes pour le Droit et la Liberté^ le Peuple français est rentré dans le plein exercice de sa souveraineté ; la République est reconquise ; on ne nous la ravira plus.

Nous avons maintenant à organiser.

Le 5' arrondissement de Paris qui, dès longtemps, par son opposition énergique, avait préparé les voies à la Révolution, et qui, dans la lutte suprême, s'est retrouvé au premier rang des défenseurs de la Liberté, doit aussi, l'un cies premiers, travailler à la consolidation du Gouvernement républicain qu'il a contribué à fonder. 11 l'eût fait dès le lendemain de la victoire, si les nécessités de l'ordre matériel n'eussent réclamé tout son dévoùment.

Les moyens qui nous ont servi à conquérir, doivent nous aider à conserver nos conquêtes.

Les comités d'opposition ont longtemps exercé les esprits à la vie politique ; que d'autres comités, em23reints du cachet de notre rénovation, dégagés des entraves qui compriiuaient leurs sympathies démocraliqiies, se forment pour la défense de la République. Oiie tous les hommes dévoue s de cœur au bien du Peuple, y soient appelés. Industriels, Artisans, Ouvriers de la iDcnsée, tous, dans ces grandes journées, se sont montrés frères par l'intelligence comme par le courage ; ils ont effacé à jamais ces vaines distinctions qu'on s'était efforcé d'établir cntr'eux. Qu'ils viennent tous, à notre appel, s'initier en commun à la vie jDolitique, aux affaires de leur pairie, au gouvernement du pays par luimême, à la pratique des droits et des devoirs du citoyen. Que les principes de la démocratie passent des cœurs dans les habitudes et dans les mœurs. Qu'ils rallient tous les esprits, et que sous leur empire notre arrondissement forme un des groupes fraternels de la grande famille des Français.

Notre but, c'est le développement des idées et des institutions républicaines ; noire drapeau 5 la déclaration des droits de l'Homme et du Citoven.

Nous voulons la Souveraineté du Peuple, indivisible, imprescriptible et inaliénable.

Nous voulons le droit d'association et de réunion, sans lequel tous les autres droits sont un mensonge.

Nous voulons la liberté de la Presse sans autres limites que le respect de la vie privée et la répression de la calomnie.

Nous voulons la liberté individuelle, la liberté des Cultes, l'inviolabilité du droit de Vole; en un mot l'application des grands principes proclamés par la Piévolution française.

Nous voulons le respect de la Famille et de la Propriété, sa pierre angulaire; et nous considérons comme égal au droit de Propriété le droit au Travail et à la juste rémunération du Travail.

Nous voulons enfin la solidarité sociale et la garantie mutuelle par tous les Citoyens des droits de chacun.

Nous voulons tous ces droits parce que nous voulons fermement, et que nous sommes résolus à mainlcnirlc Gouvernement républicain, le seul qui puisse désormais assurer la grandeur et la prospérité de notre Paine.

Coiîfians dans nos principes, nous travaillerons sans relâche à les propager par une discussion pacifique, à les faire accepter et triompher partout. Et forts de nos intentions, nous nous croirons le droit de guider et d'encourager ceux que retiennent encore d'aveugles terreurs, et de régler l'élan de ceux qu'entraîne, audelà du possible, le désir impatient du l)itm.

C'est dans cet esprit de conciliation, mais d'énergique dévoùment aux institutions démocratiques, que nous appuierons de toule notre influence, et tant qu'il restera fidèle à son origine, le Gouvernement républicain issu des acclamations populaires. L'occasion d'exercer le plus précieux de nos droits va nous être oflerte par les élections de tout genre que nous sommes appelés à faire; éclairons-nous, éclairons nos concitoyens sur l'imporlance de leurs choix; et pour maintenir l'ordre dans la liberté, donnons à la République des soutiens fermes et sincères dans les mandataires que nous allons instituer pour tous les services publics.

Mais n'oublions pas qu'on sert mieux les gouvernemens par les remontrances que par un aveugle concours ; restons, auprès du nôtre, les sentinelles avancées de l'opinion, et préservons-le du vertige de la puissance.

C'est par cette communauté d'elforls et de dévouemens que la France verra se réaliser enfin cet immortel symbole, cette parole de vie si longtemps défigurée et méconnue :

« LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATE.lilRTÉ. »

RÈGLEMEOT W ^ÎSMITË^ WoCïlAïIQlJE.

DU 5* ARRONDlSSliMENT.

La Société Démocratique du 5'^ arrondissement de Paris, considérant qu'un Règlement adopté par la volonté générale de ses membres et obligatoire pour tous, peut seul donner à la Société la force nécessaire pour entretenir le zèle et maintenir l'union parmi les citoyens ;

Après en avoir délibéré, adopte le Règlement suivant :

Art. I^''. — La Société a pour but d'assurer la propagation des principes démocratiques qui doivent servir de bases aux institutions républicaines. • ,•' j • •

Art. 2. La Société se compose de citoyens domicilies depuis six

mois au moins dans le S"' arrondissement, âgés de 21 ans, et qui auront adhéré par leurs signatures à la déclaration de principes adoptée en la séance du 6 mars courant. . • i

Tout citoyen en dehors de ces conditions ne pourra être admis dans la Société que sur une décision delà Commission ci-après établie; il n'aura que voix consultative.

Art. 5. — Le Bureau de la Société se compose d'un Président, de quatre Vice-Présidents, de deux Rapporteurs, de quatre Secrétaires et d'un Trésorier.

Il y a, en outre, dans la Société une Commission permanente nommée par elle et composée, outre le Bureau, de trenie-six membres au moins, pris, par égale partie, dans chaque quartier de l'arrondissement.

Les pouvoirs du Bureau et de la Commission devront être renouvelés tous les trois mois. ., ,

Art. 4. — La Commission permanente représente la Société, agit provisoirement pour elle dans tous les cas d'urgence, s'occupe des candidatures proposées pour les diverses fonctions électives, et fait un rapport sur ces candidatures à la Société, qui seule peut les agréer définitivement.

La Commission pourvoit aux vacances qui surviennent dans son sein.

Art. 5. — Le Président Bxe le jour et le lieu des séances, dirige les débats, maintient Tordre, proclame les décisions et veille à leur exécution. En casd'absoncc ou d'empêchement, il <st suppléé dans l'exercice de ses fonctions par l'un des Vice-Présidents, et à défaut de ceux-ci par le plus â"é des membres du Bureau. Dans tout vote, le Président a voix prépondérante en cas de partage. ^ ., , , , ,.

Les Secrétaires rédigent les procès-verbaux de la Société et de la Commission peiinanente, et tiennent le registre des admissions. Tous procèsverbaux et inscriptions au registre sont contre-signes par le Président.

Les Rapporteurs arrêtent l'ordre du jour, de concert avec le Président, et présentent en séance l'exposé des sujets de délibération. Ils rédigent lous mémoires, circulaires et articles à imprimer; mais ils doivent avant toute publication les soumettre au Bureau.

L'un des Secrétaires est chargé de la garde des documents dont la conservation serait jugée utile

Le Trésorier tient la caisse et le compte des recettes; il fait les paiements et dépenses autorisés par le Bureau, sous le contre-^eing du Président.

Art. 6. — Le fonds social se compose de la colisation mensuelle de chacun de ses membres, fixée à cinquante centimes par mois, et de tous les dons volontaires faits en faveur de la Société; la colisation sera recouvrée par le Trésorier, sur ses récépissés.

Il sera délivré à chaque sociétaire, aussitôt son admission, une carte nominative, destinée à faciliter son entrée à toutes les séances de la Société.

Art. 7. — La Société est convoquée sur l'avis de la Commission permanente ou sur la demande motivée de vinj,'t membres de la Société.

La Commission est convoquée toutes les fois que le Président le juge à propos ou sur la demande motivée de cinq de ses membres.

Les convocations se font, sur l'ordre du Président, par lettres de l'un des Secrétaires, remises à domicile.

Art. 8. — Les séances s'ouvrent par la lecture et l'adoption du procèsverbal de la précédente séance. Les objets portés à l'ordre du jour sont ensuite mis en discussion. Les délibérations sont prises à la mrijorité; du scrutin peut être réclamé par dix membres de la Société et par cinq mem- , bres dans la Commission.

Art. 9. — Toute demande d'admission dans la Société doit être appuyée par deux membres au moins et adressée au Président, qui la soumet à la Commission permanente.

La Commission prononce sur les admissions et radiations, sauf recours à la Société.

Tout membre de la Commission permanente qui, sans excuse valable, manque trois fois aux séances auxquelles il a été convoqué, peut être réputé démissionnaire de cette Commission.

Art. 10. — L'union, seul gage de force et de succès pour la Sociélé, ne pouvant être assurée que par la solidarité volontaire de tousses membres, il est entendu et déclaré que chacun d'eu.x prend, en y entrant, l'engagement d'honneur d'accepter de bonne foi les'décisions de la Société et de concourir activement à les faire prévaloir, quel qu'ait été d'ailleurs son avis dans la délibération.

Le Président, Les Vice-Présidens,

LABELONYE. ftUTlIY, TIIIOU, AUG. FAVREL, CH. LECOMTE.

Les Rapporteurs,

REMS DUBAIL, BERTR.\nD^ avocat.

Les Secrétaires, le Trésorier.

K. LETULLE, BESSOIV, GROUVELLE, AUBERT-ROCIIE. GAV.MOXT.

Nota. Au 8 mars la Société comptiiit S-IH membres inscrits. A la séance du 16 mars, elle en comptait 018.

Typ. et lith. de Feux MALTl^STE et Ce, r, de< Dcii.\~Portei-Sdinl- Sauveur, IS.

CITOYEIVS,

Je viens revendiquer l'honneur devons représentera l'Assemblée constituante.

Je faisais partie, il y a douze ans, de cette phalange déjeunes hommes qui défendaient et vulgarisaient, dans VEcho du Peuple, les doctrines démocratiques. Jusqu'en 18/tl, j'ai rédigé ce journal, qui, pendant sa carrière, soutint trente-deux procès contre le pouvoir déchu; et, j'en appelle à vos souvenirs, j'avais mis toute mon énergie, ma vie elle-même, au service de mes convictions.

Ces convictions sont au jour du tiiomphe ce qu'elles étaient aux jours de la lutte. Collaborateur du National, et du Journal du Peuple, en 1842, après avoir quitté le département de la Vienne; — placé, en dernier Heu, à la tête d'un des plus vastes établissements financiers du pays, je suis resté profondément dévoué aux intérêts du peuple et aux principes démocratiques. Pur de tout contact avec les hommes et les choses du passé, j'offre les garanties les plus sérieuses à la cause de la liberté par mes antécédents, à la cause de Tordre par ma position.

Citoyens de l\ Vienne l

Choisissez pour vos représentants des hommes jeunes, sortis du sein du peuple, avant souffert, combattu et triomphé avec luil Aux grandes œuvres que réclame l'avenir, aux luttes qu'il porte peut-être dans ses flancs, il faut des âmes ardentes et convaincues, des courages inflexibles. N'envoyez pas à l'Assemblée constituante, si vous voulez épargner des déchirements à la patrie, des hommes imbus des vieilles idées, des théories études systèmes dont le peuple de Paris a fait justice dans l'immortelle révolution qui vient d'ébranler le monde. Une société nouvelle, fondée sur la réalisation la plus complète de ces trois grands principes, la Liberté, VEgalilc. la Fraternité, doit sortir de la représentation nationale que vous êtes appelés à former. Quiconque ne comprend pas ces tendances du siècle et l'esprit qui a suscité les journées de février, n'est pas digne de siéger dans la prochaine /assemblée. Et c'est parce que je me sens au cœur une foi ardente dans les destinées nouvelles du monde, que je me crois digne de votre mandat!

Ferdinand DEBRAY,

Directeur général de la Prévoyance, Délégué du Comité central pour le département de la Vienne

Voir la Sentinelle dti Peuple, du 28 mars 1848, p. 31, col. 2.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Liberté, Égalité, Fraternité.

Le Citoyen FLOTARD-BARBOT (de Vire) A SES COMPATRIOTES DU CALVADOS

Je sollicite l'honneur de vous représenter à l'Assemblée nationale constituante.

Voici mes titres à votre confiance :

Je suis né parmi vous (en 1797), et c'est parmi vous que tous mes liens de famille, toutes mes affections d'enfance me font désirer d'asseoir mon foyer domestique, à l'époque où mes forces ne me permettront plus de servir la République.

Je ne veux rapporter au sol natal qu'une vieillesse honorée.

Plébéien d'origine, j'ai vécu plébéien par le cœur et rintelligencc, je mourrai fidèle à moi-ménie.

Pour prix du sang de mon père, mort à son service dans l'Inde, la France m'adopta et me fit élever au Prytanée français, à Saint-Gyr.

En 1813, à seize ans, j'étais soldat volontaire devant l'ennemi, sous le drapeau tricolore, le seul sous lequel j'ai porté les armes.

En 1815, je restai sous le drapeau de l'armée de la Loire, jusqu'au jour où le licenciement exigé par l'étranger dispersa les débris des combattants de Waterloo !

Je m'attachai au service administratif de la ville de Paris.

De 1816 à 1820, je fortifiai mes études primitives par des études philosophiques et politiques, où j'eus jDour émules et pour soutiens des hommes que je m'honore d'avoir pour amis depuis cette époque. MM. Bûchez, Tréfat, Recurt, Guhiard, Gode froij Cavakjnac, les deux Garnier- Pages , Thomas (du National), et tant d'autres, que la République compte aujourd'hui au nombre de ses meilleurs serviteurs.

Gomme eux j'avais compris de bonne heure que l'éleclorat privilégié était incapable de donner à la France révolutionnaire des garanties sullisantes.

Je m'associai à eux pour remettre la France en possession d'elle-même.

L'un des sept fondateurs de la Gharbonnerie française en 18*21, je fus chargé de la propager dans vingt-deux déparlements; en 182l-18'2'2, je fus élu vice-président de la vente suprême, où siégeaient Lafaijette père et fils, Voiler d'Àrcjensoiiy deCorcelles père et fils, N. Kœchlin, Beauséjoiiv, et notre Dupont {de fEurc). députés

Le général Berlon, les colonels Caroji et Dentzel, Vallée, Bories et ses compagnons de La Rochelle ont été mes amis et mes complices en patriotisme.

J'ai la conscience d'avoir été digne d'eux.

En 1830, j'ai été décoré delà croix de Juillet;

En 1833, emiDrisonné et destitué pour être resté fidèle à mes amis et à mes principes républicains.

J'ai coopéré à la rédaction de la Méduse (en 1820), de la Tribune et du Patriote du Puy-de-Dôme, depuis 1830.

En 183/i, j'ai publié, en collaboration avec Dulaure, une histoire de la Révolution de 18i/t à 1839. Le discours préliminaire de cet ouvrage m'appartient exclusivement.

« La Révolu lion française, ydisais-je, nous apparaît comme un immense drame dont le dénouement restera suspendu aussi longtemps que le principe égalitaire, en yertu et au profit duquel cette Révolution a commencé et se prolonge, n'aura pas triomphé de toutes les résistances, et ne dominera point le système pratique de notre organisation politique et civile.

« Ce principe, que nous considérons comme cause primordiale, incessante, et comme butfinal du grand mouvement régénérateur qui, depuis bientôt un demisiècle, agile la France et se jDropage chez tous les peuples du midi de l'Europe, ce jDrincipe est celui de la souveraineté populaire, ou du concours de tous les citoyens à l'élection de tous les dépositaires de la puissance publique

« La révolution ne sera finie que lorsque ce principe aura triomphé. »

Telles étaient, compatriotes et amis, mes convictions imi^riméés en 183/t; 1848 les a justifiées.

En résumé, citoyens, si vous voulez, pour vous représenter à l'Assemblée nationale constituante, un de vos compatriotes.

Pauvre, mais au-dessus des tentations de la richesse;

Religieux par sentiment, par respect de la dignité humaine, mais regardant la liberté absolue de conscience comme: lu condition indispensable de la fraternité civique; et internationale ;

Economie du sang et des sueurs du peuple ;

Ami passionné de la gloire et de la j^rospérité du pays;

Partisan prolbndénient convaincu de l'éducation primaire ^ra/Mi/e de tous les citoyens ; croyant que le devoir imprescriptible et le droit inaliénable du Gouvernement sont de présider à l'i ducation de tous les citoyens, et que sans éducation nationale, il n'y a pas de nation possible ;

Incapaljle de transiger sur les principes de la Liberté, de l'Égalité et de la IVaternité, et les voulant pour tous, même pour ses adversaires politiques de bonne foi ;

Fermement décidé à ne mettre le mandat législatif au service d'aucun intérêt parlicvdier ou local ;

Si, dis-je, chers compatriotes, ccstlàvotrehomme, je le puis être; sinon, non.

Votez avec votre conscience! vive la nÉruBLiouEl

FLOTARD-BARBOT (de Vire), Secrétaire général de la .Mairie de Paris.

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