‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 172 sur 236 · V. la Senlinelle du Peuple dfl 2 avril 1848, p. 3^ col · texte numérisé non relu

V. la Senlinelle du Peuple dfl 2 avril 1848, p. 3^ col

AUX ELECTEUllS

DU JURâ.

Mes chep.s Compatriotes, '

Un grand nomhrc de mes amis du Jura me demandent d'interrompre mes travaux littéraires pour défendre les libertés et les institutions du pays.

Je viens donc mettre à votre service ce que Dieu m'a donné de force et de talent. Je me présente avec deux titres incontestables, qui sont des droits dans les grandes et périlleuses occasions : je suis laborieux et dévoué. J'ai toujours vécu de mon travail dans l'obscurité et 1(^ silence, sans rien demander au pouvoir et sans en avoir rien reçu. J'ai toujours aimé la liberté d'im indéfectible amour; aujourd'hui je crois et j'espère en elle. Elle est le terme suprême auquel doivent aboutir tous nos elForts. Les hommes de parti la regardent comme un moyen, et s'ils s'agitent, s'ils crient bien haut liberté, liberté, c'est qu'ils espèrent couvrir leur conspiration de son voile glorieux, et reprendre au peuple par des lois ce que les révolutions lui ont jamais gagné.

Les députés élus par le suffrage universel ne peuvent plus être que la représentation permanente et active de cette souveraineté de la nation qui reste impérissable au milieu des révolutions qui brisent les trônes.

Je prends l'engagement sincère de représenter les intérêts de tous, et d'exprimer à la tribune, avec celte parole chaude et animée que vous connaissez, vos sentiments, vos vœux et vos plaintes, sans m'abaisser, suivant l'usage, au rôle de courtier de commerce et de valet dans les antichambres des ministres. Si vous regret lez le gou\ernement de la corruption, prenez d'autres serviteurs.

J'adhère sincèrement et sans arrière-peméa aux institutions républicaines, mais je les veux avec toutes leurs conséquences. La première de ces conséquences, c'est le désintéressement. Les traitements ne doivent plus être que des indemnités. Ainsi, en province, auctin traitement ne pourra dépasser six mille francs, ni être inférieur à douze cents francs. A Paris, aucun traitement ne pourra dépasser vingt-cinq mille francs, ni être inférieur à dix-huit cents.

Plus de cumul des places et des emplois.

Souvenons-nous que liberté ori.igi;

héduction de l'impôl. — Sa répartition doit suivre les proportions du revenu, suivant l'idée de Montesquieu. •^

Impôt sur le luxe; la simplicité est une vertu républicaine.

Piédnctiou de l'impôt du sel.

Réduction des octrois pour 1?. viande dite de boucherie, ^— taxe du gibi'^r.

Suppression d(>s subvcn lions théâtrales : il est injuste, dit Jean-Jacques Rousseau, de faire payer aux peuples des campagnes des chanteurs, des lustrions, des filles qui dansent pour amuser les oisifs de la capitale. ^

Réduclion, en temps de paix, d'une armée qui ruine le hudget et qui enlève les l)ras ù l'agriculture.

Favoriser l'agi icullurc, qui est abandonnée pour l'industrie. — Les statistiques affirment qu'il y a en France une superficio inculte de près de quatorze départements.

Liberté du commerce et de Tindustrie. — La question du travail est une des plus graves, nous l'étudierons en dehors des rêves des utopistes. Ici la charité vaut mieux que la science. Sans les vertus morales, les ouvriers n'arriveront jamais au bien-être.

Etablissement des crèches, des asiles, des écoles d'adultes, des ouvroirs et des bibliothèques communales en faveur des classes pauvi;?s^ en respectant les droits et les libertés des communes et des particuliers. ' '^ ■•■ ;

Soutenir la dignité des instituteurs du peuple.

Révision générale de toute notre législation. ,rn ')i \-

Inviolabilité de la propriété menacée par le Communisme. j «^ f^hn*'

InviolabiHté de la tamille. — Le divorce détruit les liens de la société. — Dans les sociétés antiques il avait fondé la servitude de la femme et des enfiints.

Je ne veux pas réclamer les libertés, elles soat à jamais conquises; je veux les défendre.

Liberté d'association et de réunion sans autorisation préalable.

Liberté de la science et de la pensée, — plus de mesures préventives pour l'enseignement.

Liberté absolue de la conscience et des cultes.

Liberté de la presse et de la parole; — borner la répressio» aux seuls faits de diffamation et d'outrage à la morale publique.

Au dehors, je veux la dignité de la France républicaine, et le tripi^iphe pacifique de ses idées. leq •)!)• t.I u ion

La fraternité n'a pas d(î frontières; — nous ferons une sainte alliance avec toutes les nations qui soufïVent et qui espèrent. — C'est assez désigner la Pologne et l'Italie que défend l'héroïque Pie IX. tiv»m'»Afio]a •»! \oij»i.i'>

Vous qui connaissez mon courage et l'énergie de ma volonté, vous savez qu'on peut compter sur mes promesses. Chers co'iipalriotes, si vous me repoussez, moi le fils d'un paysan de vos montagnes, moi qui suis un véritable ouvrier, car je porte chaque jour une lourde part de travail, eh bien! je serai heureux de savoir que mon pays a trouvé des serviteurs plus utiles et meilleurs que moi, quoiqu'il n'en ait pas de plus dévoué. >llfm p-

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