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MES AMIS, MES FRÈRES

L'heure marquée par la Providence a sonne : une grande révolution , à la fois sociale et politique, vient de s'accomplir!

La France fait aujourd'hui appel à tous ses enfants indistinctement, à tous les patriotes, à tous les hommes de cœur en particulier , pour édifier , pour consolider l'œuvre commencée.

Enfant du peuple , dès mon jeune âge, dévoué de co viction et d'amour à la République après laquelle j'aspirais ardemment, le cri de mon âme répond à la voix de ma patrie.

Je me présente à vous, et, s'il ne faut que de la loyauté, du dévoùment, du cœur, de l'énergie, permettez-moi d'espérer que j'obtiendrai vos suffrages.

Nul ne saurait me taxer d'ambition ; je considère le mandai que je sollicite comme un véritable apostolat social, je quitterai tout pour lui, et je prends, formellement l'engagement de n'accepter aucun emploi quel qu'il soit.

Mon programme sera clair et concis ; le voici :

Je veux la République une et indivisible ; je la veux noble et grande , digne de notre belle France ;

Je veux la devise Liberté, Égalité, Fraternité, et l'application sincère de cette devise ;

Le suffrage universel et direct ;

La liberté des cultes, leur respect : la religion dans tous les pays est une si douce consolation pour ceux qui souffrent ;

L'éducation nationale , commune et gratuite , les instituteurs primaires rétribués exclusivement par l'Etat ; leurs fonctions honorées , car l'espoir de la patrie, l'éducation des enfants, leur est confi<'e;

La révision complète des impôts dont l'égalité apparente n'est qu'une fiction et dont plusieurs pèsent si lourdement sur le peuple; leur diminution et leur répartition plus équitable; La liberté d'association ; La liberté de la presse;

La justice réelle en tout et pour tous;

La justice gratuite pour les pauvres ;

L'organisation progressive du travail industriel et agricole, par toute la France sans exception ;

Je veux surtout fermement, d'une manière absolue, le respect des personnes et des propriétés, en un mol l'ordre public sans lequel il n'y a ni liberté, ni fraternité, ni société possible.

Ce que je voudrais encore, Citoyens, mes amis, mes frères, ce que je ne cesheures du soir, le président disait: Nous commencerons par la lecture de larliclc du Populaire... et qui est intitulé au Peuple. Le citoyen Maillard a la parole pour vous lire col article.

V. à la page iro du 3e discours du citoyen Gabet, sur la Manifestation du 17 mars. (Discours imprimé séparément.)

serai de demander , c'est l'assurance générale par l'État des récoltes de toutes nature sur pied; j'ai été frappé, atterré des tristes résultats produits dans ces contrées par les fléaux atmosphériques. Mon cœur a saigné quand j'ai vu de malheureux habitants des campagnes, ruinés par la grêle, hâves, décharnés^ réduits à se nourrir d'une mauvaise pâte noire ou d'un pain (heureux encore s'ils en avaient!) grossier, gluant, repoussant, auquel aucun chien des villes ne voudrait toucher.

Et ces hommes sont nos frères, les frères du Christ !!!

Les assurances des compagnies privées sont trop onéreuses ; une vaste association de garantie mutuelle , dont l'état serait le chef et l'intermédiaire , ne coûterait presque rien et chaque pauvre agriculteur serait sûr de vivre de son travail.

Enfin , je voudrais que le gouvernement prît de sages mesures , après avoir organisé le travail , pour que les ouvriers blessés ou devenus infirmes , les vieillards, les veuves reçussent des secours suffisants proportionnés à leurs besoins, à leurs familles et non de tristes et dérisoires aumônes.

Les aumônes inutiles encouragent la paresse et les vices; des secours patriotiques largement répartis aux infortunés de toute âge, d'après les désignations et la fixation du jury populaire, relèveraient le courage, réjouiraient l'âme des ouvriers et des journaliers des villes et des campagnes , qui , du malin au soir, se tuent à travailler pour nous tous ; ils n'auraient plus la dernière des misères pour perspective ; ils aimeraient le gouvernement , ils aimeraient la société , et , tous, nous vivrions en paix, en harmonie, en sécurité.

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