DE L'IMPRIMERIE DE CRAPELET, RUE DE VAUGIRARD
DU IIORBIUAIV.
MES CHERS CONCrrOYENS,
Je viens avec confiance solliciter vos sulirages; j'ose espérer que ma candida- Uire sera d'autant plus favorabienionl accueillie, qu'ancien élève du l^■eée de Pontivy, ayant servi 17 ans dans la légion du Morliilian, devenue 1'.* ^ÎC" tie ligue, je compte dans tous les cantons du département des condisciples ou des frères d'armes qui vous diront que mes opinions libérales ne sont pas du leodemain;
ils connaissent aussi ma franchise hrelonne et n'ignorent pas que jamais je n'ai flatté le pouvoir.
Sorti de l'école militaire de St-Cyr en mars 1813, j'avais à peine 18 ans lorsqu'à la bataille de Lutzen je reçus le hajDtême de feu, et, dans les champs de Dresde, mon sang coula pour la patrie.
En briguant l'honneur de vous représenter à l'assemblée nationale, croyez que je ne suis mu que par un seul sentiment, celui d'être encore utile à mon pays.
Dans les diverses fonctions que j'ai remplies dans le cours de ma carrière, j'ai dû acquérir, en législation militaire, des connaissances qui sans doute ne seront pas inutiles, au moment où elle va subir de grands changements, dans une assemblée où si peu de militaires seront appelés.
Dans ma modeste position à Vannes, j'ai pu faire quelque bien, sans toutefois jamais nuire aux intérêts de l'armée.
Je veux, mes chers concitoyens, un gouvernement démocratique, basé sur des lois les plus libérales possibles, protégeant l'ordre, premier besoin des peuples, et la liberté. Je veux un gouvernement républicain, tel que nous le désirons aujourd'hui, qui. par sa moralité, sache se faire aimer, qui honore la religion, et rappelle les sublimes pensées du fondateur de la liberté, le Christ.
Je veux un gouvernement sachant maintenir à l'étranger, par une politique loyale et ferme, l'indépendance nationale.
Un grand citoyen, un orateur illustre, le général Foy, fît entendre naguère, à la tribune nationale, ces nobles paroles : Nous voulons ta loi, toute la loi, rien que la loi. Nous la voulons plus que jamais, concitoyens; les règnes de la terreur et de la corrujDlion sont passés; nous ne serions pas dignes de la liberté, si celui de l'intimidation pouvait ébranler nos consciences : le peuple n'a pas brisé un trône pour se donner un dictateur.
Serrons nos rangs, nous, vrais amis de la fraternité, de la liberté, qui la voulons poiu' tous, et nous serons invincibles.
En m'api^elant à vous représenter, vous n'enverrez pas un orateur à l'asrt^'nblée nationale, mais un homme ferme dans ses convictions, qui, dans des moments difficiles, lérait entendre, pour défendre la liberté, quelques chaleureux accents. Je dois donc croire que ce ne sera pas un motif d'exclusion.
Si j'uvais l'honneur d'être votre élu, je voudrais, par mes rapports continuels avec vous, n'être que l'interprète fidèle du mandai que vous m'auriez confié, et pouvoir, à la clôture de chaque session, vous rendre un compte satisfaisant de tous mes voles.
Agréez, mes chers concitoyens, l'expression de mes sentiments les plus distingués.
GORNIER,
Chef de ùataillon de recrutement.
NA^TEs, 19Marsl8/t8.
AUX ELECTEURS
DES